vendredi 5 septembre 2008

Conclusion

J’aurais vraiment passé dix semaines extraordinaires en Inde. Je suis passé par des moments difficiles, surtout dans les dernières semaines, mais quelle aventure au final. Mon stage ne m’aura rien appris techniquement, c’est vrai, mais j’aurais pris du recul sur beaucoup de choses, voir parfois la vie plus simplement, et m’aura apporté une autre vison. Le fait d’avoir vécu à la fois à la campagne te un peu en ville m’aura permis aussi de cerner toutes les différentes facettes de ce pays. Je n’en garderai que des bons souvenirs. J’ai rencontré des gens merveilleux, qu’ils soient riches ou pauvres, jeunes ou vieux. Les indiens sont vraiment accueillants et d’une gentillesse particulière. Leur mode de vie est complètement différent du notre, mais il est très riche humainement.
Je conseille donc à tous ceux qui le peuvent d’aller découvrir ce pays d’une richesse incroyable au niveau culture, paysages. Allez mangez et sentir ces saveurs si particulières et vivez vraiment cette expérience comme un dépaysement total. Profitez-en pour visiter les innombrables temples et autres splendeurs de l’Inde et revenez avec pleins de souvenirs en tête des couleurs chaudes et vives et de ces rues toutes les plus bondées les unes que les autres. On dit souvent que l’Inde est un pays spécial, qu’il faut y aller pour ressentir réellement cette atmosphère si particulière. Je crois que cela est vraiment vrai. C’est pourquoi, je compte y retourner bientôt pour faire partager tout ça à d’autres personnes…

jeudi 4 septembre 2008

03/08/09

Journée du départ, tout est prêt. Duchesse arrive vers 11h30 et nous réglons ensemble les derniers remboursements de frais. Je suis allé voir Gopal pour le remercier pour cette extraordinaire expérience. Lui était occupé devant son ordinateur et je voyais bien que ma compagnie le gênait un peu, voire plus. Il lui ai quand même demandé comment il avait trouvé mon stage. Il m’a juste répondu « Good » puisque j’avais réalisé pas mal de fichiers avec un maximum de données. Il m’a souhaité bon courage pour la suite et n’a pas hésité à me dire que si d’autres étudiants voulaient venir l’année prochaine, ce sera avec plaisir. Donc au final, nous n’avons pas dû faire un si mauvais travail que ça… Un dernier « au revoir » à Sharda et je descends mes affaires.

Vers 12h30, je pars donc avec Raja en 4x4 pour la gare, c’est assez bizarre cette impression, une certaine mélancolie mélangée à un soulagement. J’écoute la musique et je regarde partout toute cette agitation dans les rues. J’arrive à la gare et je vais au comptoir pour savoir si j’ai réellement une place ou non. Bonne nouvelle, j’en ai bien une, je n’aurais donc pas à me soucier du contrôleur. Cela fait un petit stress en moins. Mon train arrive vers 14h et le trajet va durer près de huit heures. Dans le train, je discute avec quelques indiens et j’admire le paysage. Je sais que je ne le verrais plus pendant longtemps.

Arrivé à Bangalore vers 21h30, il fait bien nuit et les chauffeurs de RickShaw m’attendent de pied ferme. J’avais demandé dans le train le tarif pour aller de la gare à l’aéroport. Ce devait être autour de 150 Rps. Le problème, c’est que les chauffeurs m’indiquent des prix exorbitants et je les renvoie sèchement balader. L’un, un peu plus coriace que les autres, m’indiquent que le nouvel aéroport international de Bangalore, se trouve à plus de quarante kilomètres d’ici, à plus d’une heure en voiture. Ah oui, heureusement que j’ai du temps, car j’aurais pu me retrouver dans une situation difficile. De plus, les RickShaw n’ont pas accès à l’aéroport, seuls les taxis peuvent y aller. Je devrais donc payer 1000 Rps pour cette dernière course en Inde. Ce n’était pas prévu, je n’ai plus que 300 Rps. Je dois donc trouver un distributeur en vitesse, et la galère recommence. Je mets plus de 20 minutes à retirer mon argent car beaucoup d’entre eux n’acceptent pas les cartes européennes.

Je vais donc mon petit tour de taxi, je ne comprends pas pourquoi ils l’ont fait aussi loin cet aéroport, ce n’est vraiment pas pratique. J’arrive donc là-bas, dans un aéroport tout neuf, vraiment très beau et accueillant. Je change de vêtements pour me remettre en mode français, et surtout avec des vêtements plus chauds. Ma valise devrait maintenant peser moins de 20 kilos. Je m’offre un dernier SubWay en attendant le début des enregistrements. Je passe ensuite sans encombre tous les vérifications des douanes et il me reste ainsi 1h30 avant le décollage de mon avion. J’en profite donc pour faire mes emplettes au Duty Free et je m’offre des bonnes bouteilles de whiskey et aussi du parfum.

J’attends ensuite une bonne demi-heure. Je monte dans l’avion. Le vol durera 9h50. Ce vol passe très vite au final. J’arrive à dormir un peu car ma journée a été épuisante, et je regarde des films. Le service est toujours aussi agréable et soigné. J’arrive à Paris vers 9h. Mauvaise nouvelle, il fait froid et le temps est très nuageux et gris, il va bientôt pleuvoir. Cela me met directement en situation. Je retrouve mon beau pays. Je suis un peu déphasé mais pas tant que ça. On ne perd pas si vite ses habitudes. Je récupère mes valises en vitesse et je file prendre un RER pour aller à l’appartement de Pauline. Je redécouvre Paris et sa banlieue avec pas mal de plaisir. Tout est vraiment différent ici. Une petite heure et je touche au but. Je suis à la maison et mon voyage en Inde s’arrête ici…

mardi 2 septembre 2008

02/09/08

Lever 8h avec la patate et près à en découdre. Je prends en premier un RickShaw pour aller au CityCenter, le grand centre commercial de la ville. Je vais acheter plein de vêtements, je refais ma garde de robe. Mais je pense aussi aux autres, les prix sont attractifs ici, donc je vais aussi faire plaisir. Je commence par aller aux parfums. Première mauvaise surprise, c’est aussi cher qu’en France voir e plus cher, je n’en ramènerai donc pas. Je file chez Adidas pour acheter un Polo à mon beau-frère. Pas mal du tout. Je continue ensuite et va au Levi’s Store. Pauline m’a envoyé les références des jean’s qu’elle voulait. Ils ne l’ont pas, ça sent le roussi. Pour ma part, j’achète deux T-shirts et une chemise. Le compte en banque commence à descendre, mais bon je me fais plaisir.

Il est déjà 11h et une petite faim se fait sentir. Je file au dernier étage du CityCenter et je me paye un Subway. Quel bonheur de manger un peu de chez nous, ce n’est pas encore tout à fait ça, mais quand cela fait presqu’une semaine que vous ne mangez que du pain de mie et du riz, c’est un vrai délice, avec un petit cookie en dessert, c’est le pied. C’est vrai que c’est exorbitant pour l’Inde, 200 Rps, à ce prix, j’aurais pu manger dans un bon restaurant mais qu’importe.
Je retourne à la maison déposer tous mes sacs. Je me pose un peu. J’ai bien couru toute la matinée. Une heure plus tard, je pars, cette fois-ci, direction le Spencer Plaza, l’autre grand centre commercial de Chennai. Je reprend encore le même RickShaw. C’est un mec cool et en plus pas trop cher. Je commence donc par le Levi’s Store, je veux absolument trouver le jean’s pour ma copine. Là encore, c’est mort, trop dégouté, ils ont d’autres modèles, mais je ne vais pas prendre le risque d’acheter un vêtement sans qu’elle l’ait essayé. Mais moi, j’en profite un maximum, je me rachète encore deux jean’s et un petit polo. Au moment de passer à la caisse, je n’ai plus assez sur moi. Un vendeur m’emmène donc vers un distributeur, mais ma carte MasterCard ne marche que dans les grandes banques. Premier échec chez State Bank. Nous allons donc chez HSBC, comme par hasard, out of order. Nous allons donc finalement à CitiBank. Ouf ça marche. Mais j’aurais fait deux fois le tour du centre. Il y a ensuite une grosse coupure d’électricité et seuls les magasins de très grand luxe ont des générateurs. J’attends donc une heure et demie, mais rien ne revient. Il est djà 16h30 et je dois encore acheter pleins de choses. Je reprends un RickShaw en vitesse pour redéposer une nouvelle fois mes achats. Il ne faut pas trop se balader avec des sacs estampillés avec des marques…

Pour la fin de la journée, je vais aller à pied vers le Shiva Temple. Je déambule dans les rues et je trouve un superbe magasin de Sari. Le vendeur est très serviable et souriant. Il me montre les différents modèles selon le prix que je lui ai indiqué. Ils sont entièrement en coton et sont un peu décoré, il y en a vraiment des sublimes... Mon choix est fait, ce sera la pourpre, j’adore cette couleur. J’en profite aussi pour m’acheter un autre Dhoti, car celui que j’avais acheté était pur synthétique. Un vrai en Coton, c’est génial.

Je continue et trouve un petit marchand des souvenirs. J’achète deux trois babioles et aussi un drapeau de l’inde. Je continue toujours et je vais dans un petit magasin de fournitures de sport. Je voudrais ramener une balle de cricket, le sport national indien. En plus, elles sont magnifiques, entièrement cousues à la main. Je parle avec le vendeur pendant dix minutes. C’est un passionné et ça se voit et il et très intéressant. Nous parlons des dernières news concernant l’équipe nationale, qui a gagné les Series face au Sri Lanka. Il m’explique les différences de prix, car cela va du premier prix à 5 fois plus cher. Les balles de compétition sont en fait mieux calibrées et ont moins de défauts. Une belle rencontre. Je finis par un petit vendeur ambulant de bracelets, il me reste 20 Rps dans les poches, je vais lui faire plaisir et en plus, ils sont sympa ces bijoux en plastique.

Je rentre donc à la maison dans la nuit totale, je loupe une rue et je dois faire demi-tour. Je suis exténué, mais cette journée aura été fabuleuse. J’aurais acheté tout ce que j’avais voulu, ou presque. Je prépare ma valise, elle doit faire moins de 20 kilos, et c’est pas gagné, même en enlevant toutes les vêtements que je vais laisser ici, car ils sont tous tâchés et immettables en France.

01/09/08

Aujourd’hui, cela va vraiment mieux. Je suis bien décidé à bouger un peu. De toute façon, il va bien falloir car j’ai un billet de train à acheter. En plus, Maniq’s et Duchesse m’ont appelé pour que j’aille leur réserver tous les tickets de train pour la fin de leur Road Trip. Je comptais donc aller à Chennai Central mais Sharda me conseille plutôt d’aller à Mylapore Station. C’est tout près d’ici, et cela va me faire économiser un aller-retour en RickShaw. J’y vais donc à pied, je découvre de nouvelles rues et des endroits vraiment très pauvres, de vrais bidonvilles.

Il fait une chaleur étouffante et j’arrive en sueur. Le problème, c’est à l’intérieur, c’est un frigo. La climatisation à fond et les ventilateurs qui tournent à pleine vitesse. Sympa le chaud et froid, surtout pour mon ventre. Je remplis donc en vitesse les papiers de réservation. Cela me refera au total 5 billets. Je commence la queue, qui est loin d’être petite. Mais bonne surprise, ici ça avance assez vite. J’arrive au comptoir, première mauvaise nouvelle, le guichetier ne peut faire que deux réservations à la fois. Je devrais donc faire logiquement deux fois la queue. Je m’arrange avec lui pour qu’il me fasse sauter un tour, il est assez compréhensif… Tout se passe bien, moi, je suis en Waiting List position 34 pour Bangalore, cela devrait passer je pense. Pour les autres, ils ont plus ou moins de chance. Pour certains trajets, ils ont obtenus les places directement, mais pour d’autres, c’est beaucoup plus laborieux, surtout leur Goa-Bombay ou ils sont 266 sur Waiting List et c’est leur trajet le plus important car c’est celui qui les emmènent à l’aéroport pour le retour en France. Assez délicat à négocier.

Dans l’après-midi, je ne fais pas grand-chose, je refais une sieste. Je parle à Sharda de mes projets d’achats avant de partir. Rajaweri va m’accompagner ce soir pour aller faire les magasins et ne pas me faire avoir au niveau des prix et de la qualité.

N’ayant rien à faire jusqu’à 17h, je demande à Sharda si elle connaît un bon coiffeur à Mandaveli. C’est une expérience que je voulais tenter avant de partir. Elle me conseille d’aller là où va se faire couper Gopal. Raja m’emmène ensuite en mobylette chez ce soi-disant coiffeur. Et là, je tombe vraiment sur ce que je voulais. C’est le genre exact du coiffeur typique en Inde. Son salon, c’est un petit cabanon de 3m² sur le trottoir. Le coiffeur m’accueille et me prie de me mettre sur le fauteuil. Mais quel fauteuil, il est entièrement en bois avec repose bien et repose tête. La classe… Il commence à me couper avec ses gros ciseaux vieillis et son petit peigne. Un grand moment de bonheur, cela peut paraître con, mais l’endroit a tellement de charme que vous êtes obligés de passer un bon moment. Ca change des salons français en tout cas. Le coiffeur, une personne assez âgée, a un certain doigté, et me coupe pas trop mal. Ce n’est pas parfait, mais le résultat m’importe peu. Il me finit au rasoir et je sors trente minutes plus tard. Il me demande 30 Roupies mais je lui donne 50, j’ai que ça sur moi. J’aurais vécu un truc typique et couper mes cheveux pour moins d’un euro, le pied !!

Rajaweri a du retard, comme d’habitude, je suis en Inde, donc cela ne me choque même plus. Nous partons finalement vers 18h. Nous allons en première dans un bijouterie. Je compte acheter une parure en argent à ma chérie. J’arrive dans un magnifique magasin, avec plein d’or et d’argent partout. Le rez-de-chaussée est réservée à la vaisselle et le premier étage au bijou. Le problème est plus dans le choix, car en Inde, tout est une question de grosseur. Il ne faut pas spécialement que cela soit beau mais surtout voyant. Il faut montrer que vous avez de l’argent. Moi, je recherche des bijoux discrets et pas mastoques. Finalement, j’arrive à trouver quelque chose de sympa, une parure avec collier et boucles d’oreilles, certifié 100% argent. Un bon début.

La suite se révèlera moins prolifique. Je voulais des souvenirs concernant les dieux, mais je n’arrive pas à trouver ce que je veux. J’aurais dû les acheter à Salem, je suis un peu dégouté. Je trouve de pales imitations ici, beaucoup moins belles, et vendues trois fois le prix. Nous allons ensuite dans un magasin pour acheter un Sari. Je ne peux pas rentrer en France sans cela, c’est l’habit traditionnel des femmes indiennes. Mais je fais une énorme bourde lorsque je dis le prix que je suis prêt à mettre. J’étais beaucoup trop haut dans la gamme et le vendeur me sort des saris en pure soie et tissages d’or. Non, merci, c’est juste pour montrer à ma famille. Comme les prix ne sont pas fixes, nous quittons les lieux. Maintenant qu’il sait que j’ai de l’argent, les bonnes affaires s’envolent. Mais bon, j’aurais dû demander à Rajaweri le prix moyen d’un sari porté au quotidien.

Nous décidons de rentrer, je n’ai donc qu’un seul article, je ferais le reste demain, c’et mon dernier jour. Et puis, sans être méchant, tout seul, je vais aller beaucoup plus vite. Car avec Rajaweri ? c’est à chaque fois une discussion de 5-10 minutes pour rien dans chaque échoppe. Demain, donc, grosse journée Shopping.

dimanche 31 août 2008

30/08/08

Réveil vers 7 heures, une infirmière est venue tôt ce matin pour me remettre une nouvelle bouteille, j’en suis au cinquième litre !!! Je devais bien être déshydraté… Duchesse m’apporte ce que m’a concocté Sharda pour aujourd’hui, ça sera encore du riz et du pain, mais au petit déjeuner, j’ai le droit à une tasse de thé, pas plus. Super. Le médecin vient me voir vers 10 heures et me dit que lorsque cette bouteille sera finie, je pourrais quitter l’hôpital.

Vers midi, je finis cette dernière bouteille. Je suis bien content, car j’en ai vraiment marre d’attendre. Même si j’ai le Palm de Maniq’s avec sa musique, ça ne passe pas très vite. Je demande donc à l’infirmière si je peux sortir. Eh là, elle me répond que je dois attendre la prochaine visite du docteur pour que mon dossier soit finalisé. Il doit passer vers 14h. Encore deux heures à attendre. Mais cela va durer plus longtemps, jusqu’à 19h30. J’étais fou, je me suis énervé entre temps en leur disant que je ne passerais pas une deuxième nuit ici. En plus, le médecin vient juste me voir et signe un pauvre papier… Enfin, bref, c’est fini et c’est tant mieux. Je ne suis pas totalement remis mais c’est pas grave. C’était ça, ou j’en prenais encore pour deux jours.

Je rentre donc à la maison, bien content. Duchesse et Maniq’s vont sortir ce soir au restaurant. Moi, je ne vais pas jouer au malin, je vais rester tranquillement ici. Ils m’annoncent aussi une très bonne nouvelle. Gopal ne nous donne que deux mois de salaire alors que Maniq’s et moi avons travaillé dix semaines, donc au final 8 000 Rps. Avec les frais, cela redescend à 3 700 Rps, soit 60 € pour mon stage !!! Cool, je vais aller loin avec ça. De toute façon, ils sont déjà dépensés… Je suis un peu blazé. J’appelle mes parents pour modifier au maximum l’avancée de mon départ. J’arriverais finalement le 4 Septembre au lieu du 9. Quelques jours de gagnés avec ma chérie. Je ne partirais pas de Chennai, il n’avait plus de places, mais de Bangalore. Je devrais donc prendre le train…

31/08/08

Lever 9h30. J’ai pas passé une super nuit, mais j’ai quand même récupéré. Duchesse et Maniq’s sont partis vers 6h ce matin pour aller à Bangalore et après à Hampi. Moi, je vais rester là tout seul, mais dans un sens, ce n’est pas plus mal, je vais pouvoir faire ce que je veux, c’est-à-dire par grand-chose. Je ne suis pas très motivé pour sortir et préfère être bien remis avant de commencer mes sorties.

Je passe donc ma journée sur Internet, je regarde mes mails, mets à jour plein de logiciels. Je lis beaucoup les infos en France. Il faut dire qu’en deux mois et demi, je n’aurais pas eu beaucoup de news. Même si on regardait CNN et BBC parfois. Je commence aussi à acheter le matériel informatique pour la Pologne. Je vais mettre toute la petite famille sous Skype et Webcam pour que cela ne nous coûte rien. Enfin, bref, une petite journée bien tranquille.

29/08/08

Lever 8h30, ça ne va pas du tout, j’ai passé ma nuit à me tordre le ventre et à aller aux toilettes, et là je suis bien pris. Je n’irais donc pas avec Maniq’s à la factory. Je vais attendre que Duchesse revienne de Pondichéry pour savoir comment va se passer la suite de mon séjour. Toute la matinée, je ne vais pas bien et cela n’a pas l’air de passer. Duchesse arrive vers midi. Elle est toute joyeuse. Avec Pierre et Yannick, ils ont bien mangé, l’oncle et la tante de Yannick les ont gavés de bons produits. Ils se sont régalés, tant mieux pour eux.
En début d’après midi, je vais voir Sharda pour lui dire que je ne suis pas en forme, elle va ensuite à la pharmacie me chercher quelques médicaments, mais ce sont les mêmes que ceux que je prends déjà, type Smecta et Co. Si je ne me sens pas bien, nous irons chez le médecin pour voir ce que j’ai vraiment, mais celui-ci n’est pas disponible avant 17h.
Vers 18h, alors que je pensais que tout était en train de rentrer dans l’ordre, j’avais réussi à manger, quelque chose, en l’espace de quinze minutes, une forte fièvre et un mal de ventre horrible me prennent. Je perle à grosses gouttes et je ne sais vraiment plus où me mettre. Direction donc le médecin. J’arrive dans un petit bureau, le docteur prend vite fait ma tension, et nous envoie direct à l’hôpital du coin. On m’ausculte longuement. Apparemment, rien de grave, juste une grosse déshydratation, dans deux jours, tout devrait revenir dans l’ordre. Je vais donc passer une nuit à l’hôpital. On m’installe dans une petite chambre et les infirmières viennent me mettre sous perfusion des solutions à base d’oligo-éléments. Duchesse et Maniq’s devront rester avec moi toute la nuit pour me surveiller selon les ordres de Gopal, leur sortie de ce soir tombe donc à l’eau. Ils commandent des pizzas, mais pour moi, c’est interdit. Je suis vraiment désolé pour eux car en plus, ils ne servent à rien ici. Duchesse rentrera finalement vers 1h et Maniq’s, assailli de moustiques vers 4h.

28/08/08

Lever 7h, nous faisons nos sacs et allons dire en revoir aux voisins. Même si nous les réveillons, cela leur fait plaisir que nous venions les voir avant de partir. Ils viendront sur Chennai voir leur fils la semaine prochaine, donc on se reverra peut-être. Direction à la factory. On est pas mal charger donc on prend un RickShaw pour aller à Old Bus Stand. Gros coup de chance, le mini-bus pour Erumapalayam est en train de partir. Nous demandons au driver de lui faire une queue de poisson pour l’arrêter. C’est ok, pas de perte de temps ni d’argent. Nous arrivons à la factory. Comme nous le pensions, le béton n’est pas tout à fait sec, mais les ouvriers l’ont protégé au maximum de la pluie cette nuit. Nous remontons donc la poutre et le vantail et au final, il n’y a pas trop d’écart entre les deux. Et de toute façon, cela restera comme cela pour l’instant.


Avant de partir, nous donnons à Riyya et Rajkoo les dernièrs produits qui nous restaient à la maison, et nous partageons ensemble un ananas. J’offre à Riyya mes vieux vêtements tous tâchés, il en fera ce qu’il en voudra, il peut les jeter, cela m’est égal, ils seraient immettables en France. Un bon coup de lessive plus tard, pour eux, c’est largement suffisant. Il a de la pudeur à les accepter mais je sais très bien que cela lui fait plaisir.



J’en aurais passé du temps ici, mais cela sera finalement passé assez vite. On prend quelques photos souvenirs avec d’appeler un RickShaw direction New Bus Stand. Le départ est à la fois simple et compliqué. C’est un soulagement de partir de Salem et de se dire que le stage est terminée, notre mission est finie, mais c’est assez dur de les laisser tous les deux dans leurs petite maison. On était bien devenus complices, et on avait mutuellement changé nos quotidiens. Mais bon, il fallait bien partir un jour.

Arrivés à New Bus Stand, nous trouvons rapidement un bus Ultra Deluxe pour Chennai. Pour transporter la machine de TIG, ils nous font payer une demi-place en plus. Abusé mais heureusement, c’est Gopal qui paye. C’est donc parti pour 8 heures de trajet si tout va bien. Le début est laborieux, ça n’avance pas, c’est la loose totale. On regarde les vieux films et les clips vidéos et on se marre toujours autant à voir leurs chorégraphies, les bruitages et les cascades… Mais un problème se fait sentir, j’ai de nouveau mal au ventre et c’est pas bon signe surtout quand il reste deux heures de trajet.
Arrivés à Chennai, c’est l’heure de pointe, on avance presque plus, on décide de descendre à un feu rouge et de continuer en RickShaw jusqu’à chez Gopal, car sinon, on mettrait je ne sais combien de temps. On mettra finalement 30 minutes pour rentrer et moi, moins d’une minute pour aller aux toilettes.

Demain, je dois aller avec Maniq’s à la factory de Madras pour apprendre la soudure TIG aux ouvriers. Enfin, si mon état le permet et c’est pas gagné.

27/08/08

Lever 9h, nous en avons profité pour dormir un peu. Enfin, pour Maniq’s, car moi, j’ai encore passé ma nuit avec des incessants allers-retours aux toilettes. En ce moment, sur ce point-là, l’Inde est très généreuse avec moi…Je n’irais pas avec Maniq’s au marché ce matin, je resterai à la maison. Toute la matinée, je suis resté allongé sur mon lit et je me suis même assis aux WC avec mon ordinateur portable pour la musique pour être sûr d’arriver à temps. C’est le lieu le plus confortable pour l’instant. Une expérience insolite, mais j’en peux plus. Je n’essaye même plus de manger car dès que j’ingurgite la moindre petite quantité d’eau ou de fruits, quelques minutes après, mes intestins se tordent. La fête. Après une bonne heure, j’arrive quand même à faire ma lessive et prendre une douche.

J’appelle Maniq’s. Au ton de sa voix, je vois qu’il n’est pas dans son assiette mais ce ne doit pas être pour la même chose. Il a bien acheté ces rehausses comme prévu, mais quand il a arrivé à la factory à midi, les ouvriers n’avaient même pas commencé à creuser. Il était fou et je le comprends. On ne peut rien leur confier si vous n’êtes pas là à leurs côtés. Ils n’ont vraiment aucune conscience professionnelle, ils sont vraiment insupportables avec ça. En plus, autre mauvaise nouvelle, Duchesse, arrivée à Madras, a montré les photos du portail à Gopal, qui l’a vraiment trouvé horrible. Comme c’est bizarre, pourtant nous en étions très fiers de ce portail en bouts de tôles…(ironique). Maintenant, il veut que nous achetions des grandes plaques de métal qui recouvrent toute la superficie du portail. Il a encore changé d’avis et les nerfs sont vraiment à deux doigts de lâcher. Encore une fois, il ne sait pas ce qu’il veut et a changé d’avis. Il va donc falloir retourner chez le marchand pour acheter deux plaques à 6 000 Rps chacune, tout dessouder de la structure et rappeler une nouvelle fois le soudeur. Nous en reprenons pour encore 2 jours dans la vue. Les autres sont en train de se la couler douce à Pondichéry alors que nous nous prenons la tête avec ce satané portail.

Gopal est vraiment énervant et nous en avons plus qu’assez de ses comédies. Un jour, il veut un portail à moins de 9 000 Rps, et avec obligation d’utiliser la pauvre tôle présente à la factory. Monsieur voit le résultat final, exactement comme nous lui en avions parlé avant de commencer, mais il nous voulait pas nous croire. Et maintenant, cela ne le gène pas de dépenser 12 000 Rps dans deux plaques. Le portail va lui coûter deux fois plus cher mais ce n’est pas grave. Il n’a aucun respect pour notre travail, c’est injurieux et méprisant ce qu’il vient de faire. Il faut arrêter de nous prendre pour des cons. Nous allons le finir par conscience professionnelle et non pas par gaieté de cœur. Il ne se rend pas compte lui tranquillement assis dans son bureau à Chennai des difficultés que nous avons sur le terrain. On aura mis plus de deux semaines pour faire un portail qui ne ressemble à pas grand-chose avec des fondations qui ne sont même pas de niveau !!! Et le pire, c’est que rien n’est de notre faute…La fin du stage va se révéler très houleuse, je crois. Nous aurons, je pense, de grandes discussions avant de partir.

Je vais faire quelques courses au Spencers vu que nous allons rester plus longtemps que prévu. Il fait une de ces chaleurs, c’est insupportable. En plus, je me retrouve dans un Share-Auto bondé, donc c’est la fête. De retour à la maison, pas d’électricité, donc une lourdeur dans les pièces et qu’une seule chose à faire, s’allonger et attendre. Maniq’s rentre finalement vers 19h et me raconte sa folle journée. J’en étais resté au fait que Gopal voulait refaire le portail. Ils sont donc allés chez le marchand de ferraille, pour savoir combien coûterait l’achat de deux grandes plaques. Maniq’s rappelle Gopal pour lui donner le prix, c’est OK pour lui. Maniq’s appelle Annamalai pour qu’il vienne avec l’argent car le vendeur veut être payé tout de suite. Il en profite aussi pour demander à Rajkoo de commencer à enlever les vieilles tôles pour gagner du temps. Comme ça, lorsqu’ils reviendront, il n’y aura plus que la nouvelle soudure à faire.

Une heure plus tard, Annamalai vient donc à son tour chez le marchand pour payer. Coup de file de Gopal. En fait il a rechangé d’avis, c’est trop cher et il veut donc laisser le portail tel qu’il est actuellement. Genre lunatique, on ne fait pas mieux. Du grand art. Maniq’s est à bout de nerfs et je le comprends. En plus, il a dit aux autres ouvriers de tout démonter. Heureusement, pour une fois, le fait que les indiens ne font rien quand vous n’êtes pas présents a été bénéfique. Lorsqu’il rappelle Rajkoo, ils n’ont toujours pas bougé le petit doigt. Sauvé de justesse… Nous devons juste remettre le portail de niveau demain matin et nous partirons directement après pour Chennai. Dans la nuit, un énorme orage éclate et une quantité importante de pluie est tombée. Dans quel état va être le nouveau béton demain matin….

26/08/08

Aujourd’hui, lever 7h pour partir de la maison 45 minutes plus tard. Nous devons absolument terminer le portail et nous avons donné rendez-vous aux ouvriers à 9h. Arrivés à la factory, Rajkoo est encore en train de dormir, et les deux autres viennent juste de commencer leur petit-déjeuner. Nous n’avons vraiment pas le même sens de la ponctualité et de l’implication. Pendant qu’ils finissent leur repas, nous essayons de réenclencher la machine de soudure TIG. Hier, nous pensions qu’elle avait trop chauffée, mais en fait, elle a un bien plus gros problème, et nous se savons pas d’où est l’origine. Nous checkons une nouvelle fois à l’intérieur. Il y a une résistance qui s’est désolidarisée mais cela n’empêche pas le courant de passer. Avec le tournevis testeur, nous essayons de vérifier où le courant est coupé, mais rien à faire, il passe partout même dans les torches, c’est juste qu’il doit être de très faible intensité, donc impossible de souder. Super matinée en perspective. Maniq’s appelle Gopal pour lui expliquer la situation. Il lui répond qu’il doit la réparer. Point barre. C’est impossible, nous n’avons aucun plan, et ce doit être un circuit imprimé ou un composant électronique qui doit être défectueux. Et puis le système est tellement complexe, et nous n’avons rien à notre disposition, même pas un multimètre, juste un pauvre tournevis. Allez faire des miracles avec cela. Les indiens nous prennent parfois pour des super stars. Ils pensent vraiment que nous savons tout sur tout. Pour ce problème, seul un employé de l’entreprise créatrice peut la réparer, même un ingénieur électronicien sera bloqué comme nous devant la machine.

J’appelle donc Annamalai pour qui nous trouve une nouvelle machine pour souder, il ne nous reste en plus pas grand-chose. Il me dit d’attendre une heure. Je sais très bien ce que cela signifie. On n’est pas coucher. Une heure après, je repasse un coup de fil, et il m’annonce qu’il va voir un réparateur qui va lui dire comment rectifier le problème et qu’il reviendra ensuite à la factory avec les informations !!! Très forts ces indiens, sans voir la machine ni ce déplacer. Je coupe court à la conversation et lui dit de revenir à la factory lorsqu’il aura trouvé un autre poste à souder. Donc nous attendons.

11h, Annamalai arrive en RickShaw….avec un soudeur et un poste à souder. Nous sommes circonspects. C’est la première fois qu’il nous fait un très bon coup. Il aura fallu attendre longtemps, mais c’est arrivé un jour. Notre patience est enfin récompensée. Cela coûtera 500 Rps par jour mais cela n’est pas de notre ressort, nous devons avancer coûte que coûte. Nous nous mettons alors tout de suite au travail et cela avance plutôt pas mal. Le problème, c’est que le fait de raccorder la machine avec des fils de petites sections au secteur amène rapidement une chaleur extrême due aux fortes intensités mises en jeu. Vers 13h30, nous décidons donc de faire une pause déjeuner pour soulager le système.

Nous allons chez notre petit vendeur de beignets d’Erumapalayam, cela nous suffira pour ce midi. Pour les autres nous leur avons laissé une heure. 14h30, nous reprenons de plus belle. Il ne reste plus que les tôles à fixer sur le portail. Le soudeur qu’a amené Annamalai se débrouille très bien et nous lui mettons aussi la pression en lui disant qu’il ne repartira pas tout pendant que le travail ne sera pas fini. Il ne reste presque plus rien à faire lorsqu’à 16h, la coupure d’électricité intervient. Cela faisait longtemps, elle ne nous avait pas manqué celle-là, si on avait pu seulement l’oublier… Obligés d’attendre 18h avant de pouvoir recommencer. Le soudeur voulait partir à cette heure, ce n’est pas son jour de chance. 17h50, le courant revient, et là nous voyons le vrai côté des indiens. En moins d’une heure, tout est fini. Quand ils ont bien la pression et qu’ils savent qu’ils n’ont pas le choix, ils sont aussi bons que les français, ils s’activent dans tous les sens. Maniq’s et moi avons été agréablement surpris, nous nous sommes faits limite engueuler car nous n’allions pas assez vite… Un comble. Annamalai vient voir le travail et critique le travail réalisé. Nous ne sommes pas très fiers nous plus. C’est vrai que le portail n’a pas fière allure mais quand on doit le faire avec seulement des plaques d’acier de récupération trop petites, le résultat ne peut pas être exceptionnel. Gopal veut toujours faire des économies de bouts de chandelle, il en aura pour son argent, et nous nous sommes plutôt bien débrouillés avec son petit budget alloué.


La nuit est tombée, nous emmenons ensuite les deux poutres qui serviront de piliers au portail. Pour la première, pas de soucis, tout rentre parfaitement et nous la fixons en quelques minutes. Pour la deuxième, nous lutterons un peu plus, car le jeu pour l’encastrer est beaucoup plus faible. Reste ensuite les vantaux du portail. Pas facile de mettre tous les gonds parfaitement ensemble surtout lorsqu’ils ont été soudés un peu de travers… Au prix de quelques efforts nous y arrivons. Le montage du portail est donc fini, c’est trop beau, nous avons réussi…

Reste plus qu’à vérifier si les deux parties du portail sont bien du même niveau. Et là, la journée avait été trop belle pour qu’il ne nous arrive pas quelque chose à la fin. Le portail est bien dimensionné pas de problème, mais les fondations en béton ne sont pas du tout de la même hauteur. Il y a une différence de 7 Inches entre les deux (presque 20 cm)!!! Le maçon s’est complètement trompé… C’est pas possible, le sort s’acharne contre nous. Nous ne pouvons pas surélever l’autre poutre car nous n’aurons plus assez de filetage pour la fixer après. Changer la position des gonds est impossible, et faudrait tout redécouper et ensuite ressouder 20 cm plus bas, mais nous n’avons plus de machine. Nous devrons donc casser la fondation d’une poutre pour rabaisser le portail de 7 Inches. Nous planifions donc le programme de demain. Madel, Rajkoo et Riyya casseront la fondation de la poutre et enlèverons 7 Inches, pendant que Maniq’s et moi, nous irons au shop pour acheter des rehausses cylindriques pour pouvoir fixer les écrous. C’est pas gagné d’avance. Cela paraît faisable sur le papier mais bon, on est en Inde…


Le temps d’acheter deux trois courses, nous arrivons à la maison vers 20h45, morts de fatigue. Nous n’avons même pas eu l’envie d’aller nous acheter une petite bière pour nous remonter le moral. On trinquera quand cela sera vraiment fini. Nous avions planifié de partir tous les trois sur Chennai ce soir. Cela tombe donc à l’eau pour nous. Duchesse quand à elle, a fait ses bagages et ira bien là-bas. Pour nous deux, ce sera surement jeudi matin que nous quitterons Salem. Je compte bien finir ce projet dans les deux jours, et je ne laisserai pas Maniq’s tout seul dans ce bourbier même si ce n’est pas ma responsabilité. Une douche et un gros dodo.


25/08/08

Après deux petites heures de sommeil agités par des troubles intestinaux persistants, je me prépare avec Maniq’s pour la factory. On ne peut pas dire que ce soit la grande forme mais j’aurais pensé que cela aurait été pire. Nous sommes quand même bien motivés. Nous voulions prendre le bus mais celui-ci était tellement plein, que nous nous sommes redirigés vers le RickShaw pour aller jusqu’à Old Bus Stand. Et là bonne surprise, le driver nous demande que 20 Rps !!! Il faut dire qu’il a l’air un peu dans les vapes et ne cogite pas grand-chose. Il nous regarde comme si nous étions des extraterrestres montés dans son engin… Arrivés à Old Bus Stand, nous prenons notre habituel mini-bus direction Erumapalayam.

Arrivés à la factory à 10h, Mandel est là avec Rajkoo et Riyya. Il n’a pas fait tout le travail que Maniq’s lui avait demandé, il a juste soudé quelques barres et non pas tous les panneaux. Cela commence bien…En plus, ces messieurs ne veulent pas commencer tout de suite car ils n’ont pas pris leur Tiffin. Notre motivation aurait pu en prendre gros sur la patate, mais nous décidons de ne commencer que tous les deux. On commence à scier et à souder et à préparer les poutres. Mandel nous montre les gonds qu’il a achetés samedi. Il sait qu’ils ne sont pas bons, et nous le dit. Le problème, c’est pourquoi il les a achetés sachant qu’il le savait pertinemment. Un mystère. Mandel et Riyya retourneront donc au marché pour enfin avoir des corrects. Avant qu’ils ne partent, nous rapatrions les poutres sous le bâtiment. Elles sont excessivement lourdes.



Nos deux indiens doivent attendre Annamalai, qui n’est encore pas arrivé. Maniq’s a déjà avancé 2 000 Rps samedi, ce n’est pas la Banque de France. J’appelle donc le manager, il est à la maison, et me sort un gros baratin, du genre « je dois aller à la banque, etc ». Je lui fais vite comprendre qu’il doit venir dans une heure car on ne va pas rien faire à cause de lui. Il arrivera vers 11h30 et Rajkoo et Mandel partiront juste après. Nous travaillons avec Maniq’s jusqu’à 13h pour ensuite nous accorder une bonne sieste de 2 heures bien méritées. Cela fait vraiment plaisir après la journée d’hier et cette matinée prolifique.
Mandel et Rajkoo ne reviendront qu’à 17h30. Il leur en a fallu du temps pour acheter trois pièces. S’en suit ensuite une discussion houleuse avec Annamalai sur les histoires de remboursement. Il ne voulait pas redonner les 2 000 Rps à Maniq’s et la tension est montée d’un cran. J’ai réglé ça avec le manager en tête à tête calmement et tout est rentré dans l’ordre.

Nous continuons ensuite notre travail sur le portail. Mandel commence les soudures pour les fixations dans gonds et nous réalise encore une perle. Nous ne savons pas où ils vont chercher tout ça !!! Pour trois gond pour chaque vantail du portail, il fallait 6 petites plaques, et bien lui, il n’en a acheté que 8, et ne sait pas pourquoi !!! Enfin bref, on va encore se débrouiller comme on peut. Les nerfs sont mis à durs épreuve aujourd’hui, nous ne les avons presque pas vus de la journée, alors qu’ils savaient très bien qu’on avait besoin d’eux et ils n’arrivent même pas à se fournir correctement. Il faut être fort pour ne pas péter un câble. Quelques minutes plus tard, la machine de TIG tombe en panne subitement, nous ne pouvons plus avancer sur le projet. Il est 19h, la nuit est tombée, nous sommes crevés et décidons de partir et de se donner rendez-vous demain matin à 9h précises. Le portail a bien avancé même s’il aurait pu être fini ce soir.

Nous revenons à la maison en mini-bus et RickShaw. Une bonne douche pour se relaxer et décompresser de cette journée prolifique mais stressante. Après cela, la fatigue accumulée lors de ce week-end réapparaît et tout le monde file se coucher vers 22h30.

24/08/08

Arrivés vers 21h à Old Bus Stand après 20 minutes de RickShaw, nous trouvons notre bus sans peine. Nous sentons déjà ce qui va nous arriver à grands pas. Le car est tout petit et sans confort. Des sièges durs et pas de place pour les pieds. Des rangées de trois d’un côté et de deux de l’autre. Pendant le trajet, nous essayons de nous mettre comme nous pouvons. On se serre, on se tourne, mais c’est vraiment la galère pour dormir. En plus, les sièges sont trop petits en hauteur et je prends très cher de la nuque avec toutes les secousses. Et il fait froid, c’est plein de courants d’air et nous sommes en shorts et petites chemises. Heureusement que Maniq’s a pris son duvet. Entre deux arrêts, d’autres personnes montent et il faut lutter pour garder sa place, car sinon c’est debout et c’est encore pire. Je me retrouve donc à m’endormir sous l’aisselle pas fraîche d’un passager, c’est l’extase totale. Le conducteur conduit comme un dératé sur les petites routes sinueuses de montagnes. C’est un peu le petit train de la mine à Disneyland sauf que le tour dure un peu plus longtemps quelques heures. Mais les conducteurs ont l’air de gérer, en tout cas, tout pendant qu’il n’y a pas de problème technique…


Nous arrivons donc à Mysore vers 6h, complètement déphasés. Une seule envie, manger un bon petit déjeuner et dormir un peu. Nous prenons quelques Dosa, Lassi et Tea dans un restaurant de la gare routière et passons une bonne heure à émerger. Nous nous baladons ensuite dans les rues de Mysore et prenons le bus pour aller au Temple. Là encore, un très bel édifice, un temple tout de jaune vêtu. Un pèlerinage indien consiste à monter un millier de marches pour accéder au temple. Et selon la tradition, chaque marche doit être marquée avec un doigt imprégné de couleurs. Le bus, lui nous a monté directement au sommet et c’est tant mieux, car même si nous n’avons fait que la descente, c’était très épuisant, très cassant et très irrégulier.



Sur notre chemin, nous croisons la célèbre monture de Shiva, Nandi. C’est superbe, une sculpture entièrement taillée dans un bloc de pierre. Nous trouvons ensuite un petit coin avec un splendide panorama, et nous nous allongeons pour faire une sieste de 2 heures sous le soleil. Un très bon moment bien récupérateur.


Nous reprenons ensuite un RickShaw pour aller au célèbre palais. C’est vraiment grandiose, presque indescriptible. C’est d’une immensité. Il y en a partout et les façades sont d’un détail incroyable. Nous nous posons quelques instants pour profiter au maximum de cette vue. On se rend compte du savoir-faire indien et de leur esprit à toujours faire plus grand, plus haut, plus beau. Ce lieu est vraiment incontournable à Mysore.
Nous visitons ensuite le palais aves ses dizaines de salles toutes plus belles les unes que les autres. Mais chacune avec son style différent. Certaines sont avec beaucoup de bois, d’autres de pierres taillées. Des dorures, du marbre partout, des fresques sur les murs et des plafonds magnifiquement peints. Nous en prenons plein la vue. Du sol au plafond, tout est incroyablement décoré. Dommage qu’il soit interdit de prendre des photos car cela vaut vraiment le coup d’œil.


Nous nous posons ensuite dans l’herbe fraîche dans le parc du palais pour redormir un peu. Qu’est ce que c’est bon de dormir. Aujourd’hui, nous nous serons bien relaxés sous ce beau soleil. Pendant ce temps, des personnes font des tours d’éléphants ou de dromadaires et des célébrations s’enchaînent. Cet endroit est très prisé. Je fais la connaissance en faisant quelques photos des trois afghans. Nous discutons quelques minutes et je leur promets de leurs envoyer leurs photos par mail.

17h. Nous allons ensuite au marché local avec ces vendeurs de fruits et légumes et aussi les vendeurs de pigments et de guirlandes de fleurs au mètre. Une atmosphère très spéciale se dégage de ce lieu où vous circulez dans des petites rues ombragées avec des étales pleins de couleurs et un mélange des saveurs dans l’air.

Nous nous faisons accoster par un vendeur d’huiles essentielles. Il est vraiment hors pair dans son domaine. Il parle très bien français et à une très bonne connaissance de notre pays. Il travaille avec des marchands ambulants qui vont tous les festivals en France l’été (Carhaix, Aurillac,…). Il nous montre son album photo pour bien nous aguicher. Il possède un livre par pays derrière le comptoir. Il nous fait sentir plusieurs parfums qui sont vraiment envoûtants. Il nous propose de nous faire montrer comment on fait du vrai encens. En effet, c’est un bâton de bois indien que l’on roule dans de la poudre de plantes mélangé à de la glue, pour bien adhérer. C’est la méthode traditionnelle. Il existe une méthode industrielle mais de moins bonne qualité. Mais nous ne sommes pas forcément intéressés pour le moment.

Nous continuons notre marche et allons au Pingouin, un petit restaurant conseillé par le Routard. C’est endroit ne paye vraiment pas de mine mais il dispose d’une terrasse avec plantes et coins ombragés à l’étage. Vraiment sympa et surtout pas cher du tout. Pendant que nous dégustons nos petits encas, je repense à ce vendeur d’huiles essentielles et je me décide à en acheter. Nous retournerons donc le voir plus tard. Pour le moment, nous soufflons un petit peu car nous avons pas mal bougé encore aujourd’hui.


Nous retournons donc au vendeur d’huiles essentielles. Il a réussi à nous avoir celui-là. Sa technique est imparable et ses prix sont tout à fait corrects. Nous rediscutons du prix des petits flacons, j’ai prendrais 3 finalement et je lui marque un petit mot dans son livre pour lui faire plaisir. Il ne veut pas baisser mais m’offre (si l’on peut dire…) des bâtons d’encens de trois senteurs différents. Nous devons quitter précipitamment le marché car il est déjà tard et la palais doit être déjà illuminé.


C’est la grosse attraction de Mysore. Le palais est en effet éclairé de mille feux seulement entre 19 et 20h le dimanche. Une masse incroyable de gens viennent donc juste à ce moment là. C’est encore plus beau la nuit qu’en plein jour. Le lieu est tout simplement magique. C’est l’endroit préféré des amoureux indiens et je comprends pourquoi… l’heure passe très vite et nous devons aussi aller manger avant de reprendre le bus.

Nous allons au ParkLine Hotel, encore un restaurant cité dans le Routard, où ils font des spécialités italiennes. Un bon plat de pâtes nous fera le plus grand bien. En plus, ils ont de la KingFisher Strong, c’est le rêve et nous sommes en terrasse avec un décor très sympa et tamisé. On va enfin pouvoir savourer un vrai repas européen. Le problème, c’est que j’ai des troubles intestinaux qui reviennent. Je n’en profiterais pas à sa juste valeur de mon plat de Chicken Macaroni, mais bon, c’est déjà un début. Mais une très bonne petite crème brulée en dessert me calera bien le ventre. Magnifique de retrouver quelques saveurs que nous avions déjà oubliées.

Nous filons ensuite au Bus Stand pour repartir. Notre bus reprend la route à 22h15. Cela va être comme à l’aller avec quelques petits changements. Il y a moins de monde à cette heure donc nous arrivons à nous allonger sur les banquettes de 3 sièges. La conduite est quant à elle, encore pire qu’à l’aller. On dirait que le conducteur doit arriver à une heure précise. Nous comprenons ensuite pourquoi. A 4h du matin, nous nous faisons ejecter en vitesse par le contrôleur car nous devons changer de bus pour aller à Salem. Le suivant part dans quelques minutes. Ce trajet du retour n’est pas direct. Cela fait un drôle d’impression de se faire réveiller comme ça en pleine nuit. Nous reprenons donc un autre bus, cette fois-ci bien chargé, car c’est le début de la journée pour les indiens, les gens vont au travail et nous aussi d’ailleurs !!!

Arrivés à Salem à 6h15 du matin complètement explosés, nous prenons illico un RickShaw pour la maison. Je me mets directement au lit. Dans moins de heures, nous devrons repartir pour la factory. Cette journée a vraiment été incroyable, entre les bus, la visite du temple et surtout du palais, du marché et enfin du restaurant le soir. Un grand moment pendant ce stage.

23/08/08

Réveil 8h comme d’habitude, j’ai en revanche un peu plus de mal à me lever. Nous sommes bien motivés aujourd’hui pour faire une bonne journée. Maniq’s a une journée de soudure complète à faire et nous, nous devons aller avec Rajkoo acheter les gonds et autres plaques manquantes pour le portail. Cela peut paraître pas très passionnant, mais nous sommes occupés et c’est bien cela le principal. Arrivés à la factory vers 10h, Mandel et Maniq’s se mettent tout de suite au travail. Rajkoo n’est pas très motivé, il ne veut tout simplement pas venir. Nous parlons ensemble en attendant Annamalai qui n’est toujours pas là qui qui doit nous donner de l’argent pour les achats. En plus, il doit déjà de l’argent à Maniq’s de la veille. Rajkoo nous montre son beau portable, une belle copie chinoise de l’iPhone avec seulement le nom comme ressemblance et la Pomme à l’envers. Un grand moment de fou rire entre Européens.



Annamalai arrive enfin, il est quand même près de midi. S’en suit alors une conversation à couteaux tirés pour avoir de l’argent. Lui faire comprendre que les 4 000 Rps d’avance d’hier ne suffisent pas à compenser les deux factures de 1 450 Rps et 3 320 Rps. Et nous devons avoir encore 2 000 Rps pour aujourd’hui pour le matériel manquant. J’ai dû lui prouver par A+B et avec un papier qu’il avait tort. Il me soutenait quand même qu’il y avait assez !!! On voulait au départ qu’il y aille lui-même pour régler la note, mais un acheteur de 10 000 briques vient les chercher cet après-midi. 15 minutes plus tard, l’affaire était entendue…nous irons tous les deux avec Duchesse au shop.

Nous partons donc pour le magasin. Nous devons d’abord prendre le mini-bus pour Old Bus Stand et ensuite reprendre un autre pour aller dans un petit village, très pratique. Mais nous nous en sortons plutôt pas mal. Nous arrivons donc là-bas, et il y a une puanteur assez incroyable, ils sont en train de curer les égouts. Le pire c’est qu’ils laissent cela sur la rue… C’est assez dégoûtant…

Nous arrivons enfin au petit magasin. Les gonds ne seront pas prêts avant une heure, ouais c’est c’la oui !!! Ils ne comprennent pas ce que nous voulons et rappellent Rajkoo pour les explications. Finalement, nous réglons juste la facture d’hier et nous partons. Il est 13h, nous nous arrêtons au petit restaurant situé juste à côté, où je mange des Parotta avec des ognons. Et record battu, 3 pour 10 Rps.

Nous retournons ensuite à la factory. Sur le chemin, un habitant d’Erumapalayam nous prend en stop et nous emmène jusqu’au village. Il est 15h, Maniq’s est dépité, il manque du métal et il ne peut pas finir ce qu’il voulait faire. Nous retournerons donc à 17h au magasin où nous venions d’aller quelques heures plus tôt. Duchesse, elle se dirigera vers l’Internet Café. Nous reprenons donc le mini-bus, et ensuite un RickShaw. Grosse surprise en arrivant de nouveau au magasin, ils ont tout préparé. Nous avons bien fait de les rappeler avant de partir. Nous nous reste juste à acheter les poignées et tout l’ensemble de fixation. Un ouvrier nous découpe au gaz toutes les pièces en quelques minutes. Du bon boulot en plus. Nous sommes super contents de notre fin de journée.

Nous rentrons ensuite à la maison. Il est 19h. Un petit temps pour souffler, une petite douche et une petite portion de riz avant de partir pour Mysore. Nous avons notre bus qui part à 21h45 d’Old Bus Stand. 10 heures de bus en pleine nuit tous serrés. Une nouvelle expérience…

22/08/08

Lever 8h30. Maniq’s n’est pas très en forme, tout comme Duchesse. Ils ont tous les deux attrapés un rhume. C’est un comble en Inde, mais avec les chauds et froids, ça ne peut pas louper. Ce matin, Maniq’s va aller seul à la factory et nous le rejoindrons ensuite dans l’après-midi. S’il a un gros pépin, il n’aura qu’à nous appeler et nous débarquerons illico. Je reste donc à la maison, je fais ma lessive, me rase (ça faisait un moment) et je prépare un système pour Gopal avec schéma et explications. On verra bien comment il prendra cette initiative, car on s’est éloigné complètement de sa proposition. De plus, nous sommes coincés ici car Annamalai doit passer pour récupérer les chéquiers.

Duchesse me laisse ensuite seul à la maison et va récupérer une nouvelle clé USB. Je n’en reviens pas, le remplacement de la clé défectueuse aura mis un peu plus de deux semaines. C’est extrêmement rapide. J’avais été médisant avec les indiens en pensant que nous ne la reverrons jamais. Mea Culpa. Si seulement cela pouvait être pareil à la factory, nous serions comblés.

Annamalai passe en coup de vent et Duchesse revient juste après. Nous partons ensuite à l’Internet Café, je mets mon blog à jour et envoies quelques mails. Je vais ensuite voir le marchand juste en face. Il vend des tableaux avec les principaux dieux indiens. Toutes les maisons indiennes ont possèdent au moins un. Ils sont magnifiques, ne coûtent pas trop chers, mais sont très lourds, trop lourds pour ma valise. Et les envoyer par colis relève de la galère et de frais élevés. Dommage. Nous mangeons ensuite quelques Parotta pour nous caler pour le reste de la journée.

Direction la factory. Maniq’s et Mandel ont bien avancé. Je les aide à finir leurs découpes de plaques pour que tout soit prêt pour demain, pour le montage complet du portail. Autre bonne nouvelle, le béton sera fini ce soir. C’est une belle journée pour eux. J’aide un peu les ouvriers à porter quelques bonds. Mais ils ont quand même une sacrée façon de faire du béton. Mes amis maçons seraient morts de rire devant ça. Je ne suis pourtant pas un expert, mais là, ils sont très forts. Je pourrais même leur donner des informations. En effet, pour faire leur coffrage, ils utilisent les tables en acier normalement conçues pour mettre les briques dessus en sortie de production. On fait avec ce que l’on a ici.
Pour économiser au maximum du ciment, ils ne mettent que de la grosse grave et au final, ce n’est pas très compact. Sur la couche supérieure, ils mettent du ciment en poudre pour égaliser mais pas d’eau, assez spécial, l’histoire du liant. Maniq’s leur a plusieurs donné des conseils, mais rien n’y fait. Ils foncent. De toute façon, il ne sera pas tenu responsable puisque ce sera l’entreprise en cas d’incident plus tard. Ils veulent aussi poser les poutres dès demain. Le temps de séchage, ils n’ont pas l’aire de trop connaître non plus. Annamalai nous montre encore son savoir-faire en tant que manager en restant devant l’office et en promulguant des conseils aux ouvriers situés à 50 mètres. Très proche du travail encore une fois.

Il est bientôt 18h, nous décidons de rentrer. Nous aurons une mission importante demain avec Duchesse. Attention, nous devrons aller acheter des gonds pour le portail. Annamalai devait le faire depuis une semaine, c’est toujours pas fait, donc nous allons y aller avec Rajkoo, cela nous occupera. Arrivés à la maison, tout le monde est un peu crevé. Un petit film pour récupérer et au lit.

21/08/08

Aujourd’hui, lever 8h, en grande forme. Quoi que j’aie refais une crise cette nuit. Nous filons à la factory en vitesse pour faire une grosse journée. Grosse déception à l’arrivée encore une fois. Annamalai n’est pas là, donc le béton va encore se faire attendre. Le matériel de Maniq’s est arrivé. Ils vont commencer à découper les barres pour commencer le portail. Maniq’s doit même avancer de sa propre poche les frais de métal car Annamalai n’est pas là et que le fournisseur veut être payé. Un comble…. Nous allons voir aussi les trous qu’on réalisé les ouvriers hier. Là, on voit tout de suite que c’est du très bon travail. Ils sont bien profonds, et bien taillés. A l’intérieur, un petit serpent déambule et nous nous amusons quelques minutes avec une barre en acier.

Pendant ce temps, je vais voir le résultat de mon test d’avant-hier. Et là, très bonne surprise. Cette solution marche très très bien et la Fly Ash Wets, pourtant très mouillé, est devenue bien sèche. C’est super. La méthode marche, il ne reste plus qu’à concevoir un plan de machine pour des grosses quantités. De toute façon, nous n’aurons pas le temps de la monter, cela sera peut-être pour un Gadz l’année suivante.
En attendant Annamalai, nous discutons avec Riyya, qui n’a rien à faire non plus, vu qu’il n’y a pas de matières premières. Maniq’s nous faisait remarquer que depuis qu’il était arrivé, il n’avait pas vu une seule brique réalisée. Soit environ une semaine. Cela ne nous a même pas choqués, nous sommes habitués maintenant. J’ai apporté quelques euros pour Riyya qui me l’avait demandé et je lui donne une pièce de 1€, 50, 20 et 10 Cts. Cela lui fera un souvenir. Je lui explique le système qui se rapproche du leur. Mais il ne comprend pas trop qu’une pièce de 50 Cts allemande et française est la même valeur et qu’on puisse l’utiliser dans n’importe quel pays d’Europe !!! Au final, avec ces quelques, je lui ai donné un peu moins que l’équivalent de sa journée de salaire en Roupies…
Annamalai arrive enfin à la factory mais ne vient pas nous voir une seule seconde et repart quelques minutes plus tard. Le béton ne viendra pas aujourd’hui. Nous quittons donc la factory avec encore un moral dans les chaussettes et un Maniq’s de plus en plus énervé. Nous allons manger à Old Bus Stand. J’en profite aussi pour appeler ma petite chérie car c’est son anniversaire. Je ne pouvais pas louper ça. Quel bonheur de l’avoir au téléphone et d’entendre sa voix, cela fait beaucoup de bien, surtout en cette période. Mais 15 minutes c’est court. J’ai essayé une nouvelle cabine téléphonique et je me suis fait avoir, j’ai payé deux fois plus cher, et vu que je n’avais que 200 roupies sur moi, donc deux fois moins de temps. Dommage. En tout cas, cela m’a reboosté.
En rentrant direction l’internet Café, rien de folichon. Une petite averse pour retourner à la maison. Maniq’s qui était arrivé avant nous est encore plus en colère. Gopal vient de l’appeler et il s’est fait engueuler car le projet n’avançait pas assez vite. Il ne s’est pas laissé démonter pour autant et lui a dit les quatre vérités sur Annamalai. Maniq’s n’est pas en cause, il attend le béton depuis une semaine, c’est tout, le portail sera fait dans les temps. En plus ce retard pose des problèmes à beaucoup de personnes. Mandel voudrait rentrer au plus tôt car son père en gravement malade à Calcutta. Mais Gopal veut absolument que tout soit fini avant de retourner sur Madras ou Calcutta. Mais Maniq’s doit aussi former des personnes à la factory de Chennai avant la fin de son stage. Une bonne fin de stage en perspective…

20/08/08

Lever 8h30. Une bonne nuit de sommeil et tout a l’air d’être rentré dans l’ordre. Je n’irais pas ce matin à la factory pour être bien en forme. Je resterais donc à la maison pour trier mes photos et écrire mon blog. Maniq’s espère que son béton sera enfin coulé aujourd’hui. Duchesse va aller voir à New Bus Stand pour les bus de ce week-end. Nous voulons aller à Mysore voir le palais éclairé de mille feus le dimanche soir. Pour le train, elle a regardé et c’est complet de chez complet, donc c’était encore du General Compartment. Le bus sera mieux de toute façon…

Je suis resté toute l’après-midi à la maison, j’ai bien récupéré. J’ai essayé d’aller à l’internet Café, mais comme souvent en Inde, dès qu’il a plut, il n’y a plus de connexion. Ne me demandez pas pourquoi, je n’en sais rien. Sur le chemin du retour, nous avons acheté du poisson et poulet façon Tikka. Ce sont des petits morceaux enroulés dans des épices et du piment plus oignons, le tout fris après, un régal mais cela arrache un peu la gorge. Nous avons aussi essayé les beignets à la banane. Bon, mais ça n’a pas du tout goût de ce fruit.

Maniq’s est rentré de la factory exténué et bien énervé, le béton n’est toujours pas prêt et le projet n’avance pas. Il commence vraiment à comprendre ce que nous lui disons à propos d’Annamalai.