jeudi 31 juillet 2008

31/07/08

Aujourd’hui, on est seulement parti cet après-midi. Ce matin, on s’est levé comme d’habitude mais on a passé notre matinée à bouquiner et faire du PC. De toute façon, à la factory, c’est production. Mauvaise nouvelle, à la maison, il n’y a plus d’eau, après la coupure d’électricité tous les matins, c’est au tour de l’eau… Génial


Nous allons donc pour 12h30 à la factory et les bonnes nouvelles continuent d’arriver. Les ouvriers sont encore à l’œuvre. Je demande à quelle heure ils vont manger. Ce sera à 13h30. Ah bon, c’est nouveau. Je demande à Rajkoo d’où venait ce soudain changement d’horaire. Il m’explique qu’Annamalai les a appelés à 23h hier soir, pour les prévenir que la production ne commencerait qu’à 8h30 car la livraison de Fly Ash a été retardée. Ok, mais on aurait pu être prévenu aussi. Je le signale fermement à Annamalai. On devra encore attendre une bonne heure. Je discute avec Rajkoo qui n’a pas trop la forme. Il en a assez d’Annamalai, de ce travail et est pressé de rentrer chez lui à Calcutta. Le problème, c’est que ce n’est pas avant dans un mois. Il me confie qu’il a été envoyé ici, car son grand frère l’avait obligé. Auparavant, il travaillait dans l’entreprise de traitement thermique de Gopal à Calcutta et cela l’intéressait beaucoup. Dommage, en plus ici, il gagne moins d’argent. Donc je ne comprends pas trop. Je ne vais pas insister, cela m’a l’air bien compliqué.


Une fois la production finie, nous nettoyons le mixeur. Il nous reste plus qu’à attendre la fin de leur pause déjeuner. Je discute avec Annamalai de ses erreurs de calculs de la veille. Il ne comprend pas tout de suite, mais rapidement, il se rend à l’évidence. Il me remercie mais ne corrige pas sur son propre carnet. De toute façon, cela le fait rire plus qu’autre chose. Sympa le professionnalisme…Sa composition était bonne et le prix de revient aussi mais il ne tilt pas. Il veut continuer d’autres compositions pour éliminer ce fameux problème de bords qui casse. Selon lui, il faut absolument rajouter du ciment, c’est un autre ouvrier d’une factory concurrente qui lui a dit. On refait donc une autre simulation, mais cela ne peut pas marcher. Avec l’ancienne, nous étions limite au niveau prix et là il augmente les quantités de ciment et lime, qui sont 20 fois plus cher que le reste. C’est bien beau de diminuer les autres mais cela ne compense presque rien pour le prix. Mais allez lui expliquer cela relève de l’exploit. Il s’obstine et signe. Ok… Il fait son calcul devant moi, et me sort un coût de revient de 1.37, ce qui serait génial. Je le laisse un peu fanfaronner quelques instants. C’est sur qu’il y a une erreur… Je refais les calculs sur mon carnet et je trouve 1.80 Rps par brique. Et oui, il n’arrive pas à se relire. Ce n’est pas ma faute s’il confond 41 et 81. Encore du grand Annamalai.

Mais la perle de la journée arrive. Il m’annonce à 14h30, heure de reprise des ouvriers qu’il n’y a plus de Quarry Dust, tout le stock restant à été consommé ce matin…Une livraison doit venir à 15h. Connaissant les indiens, c’est encore râpé pour aujourd’hui. Riya me chambre encore et toujours. Je ne peux que sourire, on ne va pas encore en faire toute une histoire. Mais c’est vraiment agaçant à la longue. On a beau commencer à s’y faire, mais cela n’enlève pas l’énervement. En plus, la confectionneuse de briques à un problème, l’arbre est désaxé. Un mécanicien vient demain dans l’après-midi pour réparer. La machine va donc surement être réquisitionnée toute la seconde partie de journée. Ca sent bon l’arnaque…


On va donc patienter jusqu’à 15h. Duchesse continue son rattrapage de bronzage pendant que je continue ma pêche aux informations avec Annamalai. Je voudrais bien savoir d’où il sort ce tarif de 0.60 Rps pour les frais fixes et retour sur investissement. Vu que leur production est irrégulière, je demande à voir. Hier, il m’avait dit que c’était une moyenne. Aujourd’hui, non. C’est calculé à raison de 2 000 Briques par jour. Ok, je vais essayer de retrouver cela avec lui. Il appelle Gopal pour savoir le coût de l’investissement et les intérêts. Je calcule les prix, lui n’y comprends strictement rien. J’ai un grand moment de fou rire lorsque je lui demande sur combien d’années est basé le retour sur investissement. Il me répond fièrement : « Bah, il n’y a pas de période, pas de fin, c’est tout pendant que la factory produit des briques ». Ok, Je vais voir ça tout seul. Ayant les autres données, j’en arrive à un investissement sur 15 ans pour avoir au final 0.60 Rps par briques pour 2000 Briques par jour. J’ai arrêté d’essayer de lui faire comprendre les charges fixes et les coûts variables. Pourtant, il n’y a pas grand-chose… De toute façon, il s’en fout un peu, car Gopal a déjà gagné son pari. S’il revendait aujourd’hui sa factory, avec l’inflation que subit l’Inde depuis quelques années, elle vaudrait 4 fois sa valeur, me réplique Annamalai. Et je peux vous dire, connaissant le prix d’achat, que cela représente un sacré pactole. Donc, même s’il perd des roupies en ce moment avec une production défaillante, ce n’est pas si terrible que ça. Mais bon, ce n’est pas une raison pour ne pas réfléchir un peu…


15h30. Toujours personne pour la Quarry Dust, c’est définitivement mort pour aujourd’hui, sachant qu’il n’y a plus d’électricité après 16h. On repart de la factory, pour la quatrième fois cette semaine, sans avoir rien fait pour nos tests. Lundi, on avait pas les produits, mardi, pas de ciment, mercredi, pas d’électricité, et aujourd’hui, pas de Quarry Dust. C’est la semaine de la loose…Mais il reste demain. Prions pour que la machine soit réparée au plus vite…


16h30.On va ensuite manger quelques Puris pour nous consoler à Old Bus Stand et nous filons à l’Internet Café pour nos mails. Ensuite, nous filons à la Gare pour aller réserver nos billets de trains pour le deuxième weekend d’Août. Direction Madurai pour une petite journée. Une petite coupure d’électricité, bien sûr…Et pourquoi pas. 19h. On passe enfin. On est déjà sur Waiting List, 120ième, mais on commence à avoir l’habitude aussi. 600 Rps (un peu moins de 10 €) pour deux, aller-retour, c’est cadeau. On assiste encore à une scène improbable en France, il n’y a qu’en Inde où l’on peu voir ça. Je vous explique. On attendait depuis 20 minutes quand vient notre tour. On commence à discuter pour nos billets. Soudain, livraison de café. L’homme s’arrête et nous dit d’attendre qu’il est fini son verre. Il part et revient cinq minutes après l’air de rien. Ce n’était pas l’heure de sa pause ni rien. Les gens dans la queue ne disent rien et nous non plus, nous avons notre temps. Mais on s’imagine la même scène en France. Imaginez vous un agent de la SNCF vous faire ça, prendre son café alors qu’il y a foule. C’est limite un début de scandale et d’émeute…Ici, rien.


Il est 20h, nous prenons un bus pour rentrer et nous finissons le dernier kilomètre à pied. Arrivés à les maisons, bien sales et crevés, l’apothéose de la journée… On l’avait oublié celle-là. L’eau n’est toujours pas revenue et c’est vraiment fâcheux. Une bonne douche aurait sauvée notre journée. Il y a des jours comme ça…

mercredi 30 juillet 2008

30/07/08

Lever comme d’habitude vers 8h30. Je dors de mieux en mieux, c’est vraiment plaisant, mais je retrouverais ce soir le tapis de sol. Cela risque d’être moins gai. On déjeune en vitesse. Je prends ma ration de riz pour bien me caler et c’est parti.

Annamalai devait venir hier soir pour chercher des papiers, mais on l’a attendu un moment…Il n’est pas venu. On devait planifier le rendez-vous pour demain pour l’Engeenering School of Salem, mais bon. Comme il n’y a pas d’électricité à la factory de la journée, il ne pourra pas nous dire qu’il est absolument pris. On file à la factory en bus comme tous les matins. On y arrive vers 10h30. Cool, il est là, on ne s’est pas fait avoir. Avec lui, on ne sait jamais.

On lui parle donc de ce fameux rendez-vous. Il est Ok. Super. Avant il préfère rappeler Gopal pour bien refinaliser les objectifs. Et là, c’est la fin. Il n’est que 11h mes amis, c’est bien triste. Gopal a en fait changé d’avis. Il nous a encore fait une belle, celui-là. Il commence aussi à les accumuler. Lorsque nous avons passé quelques jours à Chennai, il nous avait rappelé avant de partir qu’il voulait nous montrer des tests de dureté ici même. On l’avait attendu presque que toute la matinée, mais au final, il nous avait dit que cela ne pouvait pas être possible tout de suite. Il nous avait alors demander d’aller dans une école d’ingénieur de Salem pour faire des tests sur nos briques. Il avait même rajouté qu’il fallait y aller avec Annamalai. Nous en avions parlé plusieurs fois avec le manager de Salem, et l’affaire semblait être conclue. Et bien non. Finalement il veut que nous les fassions avec lui sur Madras. C'est-à-dire dans un petit moment car il est sur Calcutta pendant presque deux semaines. En plus, cela va être super pratique de ramener les briques par le train ou le bus. Il en a des bonnes sérieusement. Avec le nombre de briques que l’on a produites et que l’on voulait tester, cela aurait été amplement plus simple de faire cela sur Salem. On aurait en plus prendre bien notre temps et faire vraiment de bons tests. Avec son programme, on va juste pouvoir ramener un exemplaire de chaque composition, c'est-à-dire, pour l’instant 9. Mais à environ 4 kilos la brique, on va bien rigoler à les transporter !!! Ca va faire presque 40 kilos à envelopper plus nos valises et nos PC.

En plus, un seul test n’est vraiment pas représentatif de la production, on voulait le faire sur toutes nos briques et obtenir alors une moyenne. Là, si un résultat est faux ou si un test plante, nous ne pourrons pas le savoir et ce sera le bilan final. De plus, ils ont des problèmes avec leurs briques qui s’effritent pendant le transport, alors là 8 heures, ça risque plus que de les détériorer…

Pour ne pas faire juste un aller-retour, je continue à questionner Annamalai sur les différentes compositions testées et les concurrents. En réécrivant ses notes sur mon carnet et remettre tout cela ce soir sur ordinateur pour me faire une base de données, je me rends compte qu’il y a des multiples erreurs. Parfois, c’est sur des quantités, rien qu’à l’œil nu, c’est flagrant. Il me change les chiffres, me rajoute une centaine de kilos par ici, une dose par là. Je lui dis de revoir ça complètement et de me redire cela demain. Ca ne sert à rien d’inventer des quantités ou autres débilités pour me faire plaisir. De toute façon, je revérifierais à la maison. Avec Excel, cela va vite.

On discute ensuite de tout et de rien. Il me pose des questions sur l’éducation en Inde. Je lui explique qu’en France, cela est obligatoire jusqu’à 16 ans. Il a du mal à comprendre, c’est normal, quand vous voyez le nombre d’enfants travaillant très tôt dans les commerces. Il me parle ensuite de leur système politique. Il m’explique que leur premier ministre est un très grand gentleman qui vient du peuple et a fait de grandes études en Angleterre pour revenir en Inde ensuite. Il a apparemment mis un point d’orgue à développer l’enseignement supérieur en Inde. Il a fait construire 33 universités dans tout le pays en quelques années et 6 dans le Tamil Nadu.

Nous parlons ensuite du niveau de vie et me dit que je suis très riche. Je lui réponds qu’honnêtement, en Inde, je suis très riche, mais loin d’être un nabab en France. Je lui explique le fort différenciel entre nos deux pays. On gagne peut-être beaucoup plus d’argent mais nous n’avons pas le même niveau de vie et la vie quotidienne est bien plus onéreuse. Mais c’est vrai que nous sommes plus riches. Ici, les gens ne gagnent pas beaucoup d’argent, et les paysans vivent avec moins de 100 Rps par jour (1.50 €). Ce n’est juste pas comparable…

Vu que nous n’avons rien à faire, je me dis qu’on pourrait aller au cinéma cet après-midi. On demande à Annamalai où il est situé sur Salem. Il nous déconseille fortement d’y aller avec les attentats en ce moment dans tout le pays. Les indiens sont très méfiants en ce moment et évitent les endroits où il y a foule mais à Salem, on a du mal à le croire. Il me rappelle les risques avec les islamistes qui sèment des bombes dans tout le pays en ce moment. Il y a eu 9 bombes en uen journée la semaine dernière à Bangalore, à 300 kilomètres d’ici…Ils sont vraiment contre les islamistes, pas contre les musulmans. Il me raconte que ce sont les extrémistes du Pakistan, du Bangladesh ou d’Afghanistan, qui sèment la terreur en Inde. Une vielle guerre de religion encore. Mais il rajoute des les musulmans d’Inde vivent très biens avec les Hindous, il y en a même à Erumapalayam et que les deux communautés se respectent mutuellement. Ok, on va pas prendre de risques, nous n’irons pas au cinéma…

Nous filons ensuite à l’Internet Café pour une petite heure. J’ai plus de temps que d’habitude, j’en profite pour parler sur MSN avec ma Chérie. On rentre ensuite à la maison. Il est 15h30. Je remets à jour mes fichiers Excel et je recopie les compositions qu’Annamalai m’a données ce matin. Il y a vraiment du boulot. Il s’est trompé à de multiples reprises. Une composition, qui selon lui n’était pas compétitive, se révèle en fin de compte très intéressante. J’arrive à retrouver ses erreurs, ce sont à chaque fois sur les prix au kilo ou les quantités. La dernière composition qu’ils ont faite hier n’est pas du tout rentable. Mais Annamalai a une logique bizarre, il essaye une composition, mais ne calcule pas si elle est économiquement viable. Pour cet essai, les résultats sur la brique sont concluants mais pas au niveau du prix. S’il avait fait cette simple estimation avant, il aurait moins perdu de temps, vu que le prix est prépondérant. J’aurais toujours du mal à m’y faire…

mardi 29 juillet 2008

29/07/08

Lever 8h30 pour être à notre rendez-vous avec Annamalai à 10h30 à la factory. Je vais beaucoup mieux ce matin. J’ai dormi comme un loir, j’ai passé ma meilleure nuit depuis qu’on est arrivé ici. Une bonne récupération demande une très grosse fatigue. Les médicaments ont aussi fait leur effet apparemment. Pour Duchesse, c’est plutôt le contraire, elle a très mal au ventre et s’est levée de nombreuses fois cette nuit.


Arrivés à la factory à l’heure comme à chaque fois, Annamalai est là, cela commence très bien. L’affaire se gâche assez vite lorsqu’il nous dit qu’il a appelé le manager ce matin et qu’il est occupé jusqu’à midi. Ok, on va devoir encore attendre quelques heures avant de commencer la moindre petite chose. Pour combler cette attente, je me renseigne auprès d’Annamalai sur la gestion des stocks et du suivi de production. Il me sort tous les registres où sont notées toutes ces informations. Je le questionne et je comprends vite que cela ne sert à rien d’essayer de faire un suivi rigoureux. En effet, les commandes se font complètement au jour le jour, à intervalles irréguliers, avec des quantités inégales et des délais de livraison allant d’1 jour à une semaine. Je note aussi qu’il y a de nombreux jours où la production de briques n’est pas constante. Cela peut aller de zéro à 1 000 par jour. Je me demande bien comment il fait pour ensuite déterminer le prix réel des briques, car cela ne revient pas du tout au même lorsqu’on produit 5 fois plus de briques en une journée avec le même nombre d’ouvriers. Il me dit que c’est une moyenne, mais j’ai du mal à le croire. Il compte 0.60 Rps de management, d’investissement et de salaire par brique. Cela me paraît très faible. Je constate enfin qu’il y a un veilleur de nuit qui est payé par l’entreprise pour surveiller la factory de 19h à 7h du matin. Tout cela pour 100 Rps par jour. Ce qui fait déjà 0.10 Rps par jour lorsque la production est de 1000 briques, et cela n’arrive vraiment pas souvent. Je me demande vraiment alors si leur calcul de rentabilité est correct.


Annamalai m’explique ensuite qu’il est en train d’essayer les autres compositions de briques faites par les concurrents. C’est assez bizarre, en Inde, on ne cache pas grand-chose. Il a reçu un colis avec le gyspum utilisé par un concurrent envoyé directement par ce dernier. Il est allé voir les autres producteurs de Fly Ash Bricks sur Salem et les ouvriers lui ont donné les compositions exactes avec toutes les caractéristiques. Le but est d’arriver à la brique ayant le même niveau de performance pour 0.20 Rps de moins. Pour l’instant, il subsiste un problème sur les briques de Gopal, elles ne se tiennent pas au niveau des coins et des angles et s’effritent pendant le transport avec les vibrations.


Pour l’instant, une brique sort vraiment du lot. Elle fait 3.5 kilos, est à 300 points de résistance et est très compacte, les angles sont impeccables et résistent parfaitement aux chocs. En plus, elle est vendue 2.5 Rps. Annamalai a essayé cette composition à la factory mais il y a toujours le même problème avec les côtés. L’entreprise concurrente dispose qu’une confectionneuse hydraulique et non mécanique comme ici. Cela peut venir de cet élément. Vue que le procédé de mixage et la composition sont les mêmes. Nous allons regarder s’il n’est pas possible de régler la compression sur la machine.


Pour répondre à cette question, Gopal a trouvé une solution apparemment. Il suffirait de juste mettre du silicate de sodium sur les bords du moule de la machine. Cela permettrait de solidifier les angles. Ah bon, s’il le dit… Le problème, c’est que ce produit est très cher et fera encore augmenter le coût final de la brique. Il veut juste acheter une petite quantité pour tester. On se précipite sur l’occasion. C’est bon, on s’en occupe de chercher… Un petit truc de plus à faire.


Midi est déjà passé. Il rappelle le manager. Pas avant une demi-heure. Ok, de toute façon, on est plus à quelques minutes près, ça fait déjà 1h30 qu’on attend. 13h, nous allons finalement chez le fabricant de textile, celui-ci a l’air encore très occupé. Nous avons emmené Annamalai avec nous pour éviter les incompréhensions. Ils parlent en Tamoul et en Anglais. Ca va tellement vite que ce n’est pas la peine de comprendre. 15 minutes plus tard, on sort de son bureau et Annamalai nous informe de très bonnes nouvelles…Le manager ne veut plus nous donner ces eaux colorées usées car elles sont très toxiques pour la peau, et ne veut pas avoir de problèmes avec ça. Il a peur que nous les utilisions. Même avec des gants, cela ne passe pas. Il a rajouté encore une fois que de toute façon, cela ne marcherait pas. Super, au final, on n’a rien et encore perdu notre matinée.


Cependant, comme il est quand même super sympa avec nous, il nous a donné le nom d’un produit qui pourrait peut-être marcher pour notre projet. Nous filons alors directement chez notre revendeur habituel. Nous mangeons rapido des Parotta à Old Bus Stand avant d’y aller.


Arrivés chez notre Castorama local, il existe bien ce produit. Il se vend en petit flacons de 50 mL et coûte 19 Rps. Un autre problème se pose. Il ne marche qu’avant du ciment blanc et non pas du gris (donc plus cher encore une fois). Avec un flacon, on ne peut mélanger que 4 kilos de ciment, soit pour nous, même pas trois tests. Si cette solution marche, elle risque encore d’être assez onéreuse. Mais bon, essayons et on verra ensuite.


Pour ce qui concerne le silicate de sodium, le gérant n’en a pas et il envoie un homme aller se renseigner. Je demande à l’accompagner car c’est juste le prix qui nous intéresse et je veux l’entendre de vive voix. Il m’emmène sur son porte bagage et est à la peine le pauvre, 75 kilos, ce n’est pas facile non plus. Moi aussi je prends cher. Avec les imperfections de la chaussée, j’ai un mal de cul énorme et c’est aussi super dangereux. Les motos, les RickShaw, les voitures vous frôlent de partout. Il ne faut pas avoir peur de perdre une jambe, on dirait. Après plusieurs tentatives infructueuses, nous arrivons chez un marchand qui m’annonce qu’il ne vend pas en grosse quantité, c’est minimum 5 kilos et 280 Rps la note. Ok c’est mort pour nous…


Revenu à l’échoppe, nous décidons d’aller au deuxième magasin que nous a indiqué le manager du textile. Duchesse me raconte, que lorsque j’étais parti, le gérant avait vu l’adresse du concurrent sur son carnet et l’avait barrée. Il lui a alors raconté que celui-ci n’était pas sérieux et était cher. Ils ne perdent pas le Nord, ces Indiens, tellement peur qu’on aille chez la concurrence. C’est ça, ne t’inquiètes pas, on vérifiera par nous-mêmes !!! Nous y allons mais celui-ci n’en propose pas et nous indique le même marchand pour le silicate de sodium. Re super…


Bon bah, on essayera de faire nos tests demain avec les deux échantillons que nous avons achetés. Pour le moment, on va envoyer toutes ces informations à Gopal et on verra ce qu’il en dira. Pour les eaux usées, on lui demandera peut-être d’insister auprès du manager pour réellement tester. Nous voulons vraiment réaliser des tests vu que certains marchent sur Chennai. Une heure à l’Internet Café, puis on fait nos petites courses quotidiennes et on rentre. La journée aurait pu être mieux comme pire. On s’en satisfera…

lundi 28 juillet 2008

28/07/08

Très peu d’heures de sommeil au compteur, nous nous levons vers 8h30. Ayant toujours des problèmes de Diarrhée, je prends finalement plus de médicaments, on verra si le Smecta, ce médicament qui ressemble plus à du plâtre qu’à autre chose fera un meilleur effet. Le temps de prendre une douche, de déjeuner et c’est parti. Nous partons vers 9h30 de la maison pour notre rendez-vous avec le manager de l’usine de textile à 10h30.


Arrivés pile poil à l’heure convenue, le manager n’est pas là, ce n’est pas bon signe. Il arrive après quelques minutes d’attente. Il a l’air soucieux et avant de nous lâcher un premier mot, passe 5 coups de fils et plusieurs personnes viennent successivement dans son bureau. Nous arrivons à comprendre qu’il a un problème avec ces machines dues à des pièces qui sont usées. Après une vingtaine de minutes, c’est à nous, il nous dit qu’il veut bien nous aider en nous donnant des échantillons de ses eaux colorées de teinture. Nous comprenons naturellement que vu son occupation aujourd’hui, il n’aura pas plus de temps à nous consacrer. Il rappelle finalement Annamalai, car il nous pose des questions sur le papier que l’on lui a donné, mais le problème, c’est qu’Annamalai n’a rien compris (tiens bizarre) et on ne pouvait pas l’aider non plus, car c’était écrit en tamoul. Il doit penser qu’il est le chef de projet ou le big boss de la boîte, mais c’est juste un commanditaire de Gopal, qui en sait encore moins que nous !!! Il est alors conclu de se revoir demain pour refinaliser tout ça ensemble, avec cette fois Annamalai en notre compagnie. Il espère qu’il sera moins occupé. Et nous aussi. Nous laissons nos bouteilles pour qu’il puisse les remplir et nous déguerpissons au plus vite pour ne pas l’importuner plus longtemps. Il aura été encore super attentionné avec nous.


Nous filons à la notre factory pour retrouver notre Annamalai préféré. La production n’est pas en cours, les ouvriers ne font vraiment pas grand-chose, ils remettent en ordre ça et là. Nous lui demandons le pourquoi de cette situation, et nous répond sans aucun souci, qu’il n’y a plus de ciment. La livraison n’est prévu que demain. Ce n’est pas la première fois qu’il nous la fait celle-ci. Nous hallucinons à chaque fois qu’il n’y ait pas une simple gestion des stocks. Avec 5 matières premières et toujours la même production, cela ne devrait pas être trop dur à gérer. Si nous avons fini le projet à temps, j’essayerai de lui expliquer la tenue de stocks avec un simple tableau double-entrées. Il est quand même inadmissible d’arrêter une production pour absence de matière première. Ah l’Inde, c’est quand même quelque chose. Et lui qui me parlait l’autre jour de limitation des frais de personnel, bien joué, aujourd’hui, 6 personnes sont payées pour rien, bravo la rentabilité. Mais cela ne le gène pas plus que cela apparemment. Il en sourit même.


Nous lui demandons ensuite ce que lui a vraiment compris avec le manager au téléphone. Ouf, cela correspond bien à ce que le manager nous dit. Le problème, car il y a toujours un problème avec lui, c’est qu’il ne peut pas y aller avec nous et récupérer avec nous les échantillons gratuits sans la permission de Gopal. Il nous dit que cela peut être payant et qu’il doit savoir combien il peut dépenser, que cela va lui prendre du temps, et que normalement il doit rester à la factory. Annamalai, c’est qu’une question d’une heure et c’est gratuit. S’il y a un problème pendant ce temps à la factory, Rajkoo l’appellera sur son portable. En plus, on sera loin…200 mètres. Oui, mais quand même, nous répond-t-il.


Nous appelons finalement Gopal pour qu’Annamalai entende exactement les mêmes choses que celles qui viennent d’être énumérées. Maintenant c’est bon, OUF... C’est Ok pour demain 10h30. C’est vraiment énervant de l’avoir à chaque fois nous demander la permission du boss. Comme Gopal ne lui laisse aucune responsabilité, la moindre petite chose demande un protocole d’autorisation d’autorisation. C’est assez affligeant à voir, mais nous comprenons aussi sa situation. Mais quel temps perdu et quelle lenteur pour l’avancée du projet.


Il est midi. Nous décidons de repartir de la factory. Dans un sens, mais seulement pour nous rassurés un peu, heureusement que nous n’avons pas eu les échantillons aujourd’hui, car nous n’aurions pu rien faire comme tests. Et là, je ne sais pas comment cela se serait passé avec Annamalai. Avec notre fatigue de la veille et l’énervement ambiant, je pense qu’il y aurait eu du dégât. Nous filons à l’Internet Coffee. Notre habituel endroit est fermé, bizarre, c’est la première fois. Je rencontre sur le parcours du retour un indien qui a travaillé avec Benjamin l’année dernière. Il est pressé car il est en business avec un Sikh mais me promet de venir nous voir à la factory dans les prochains jours. Affaire à suivre.


Direction Old Bus Stand. Nous checkons nos mails. Pas de nouvelles particulières et pas de réponse de Fabricom, le patron des briques colorées de Chennai. On est tellement nazes qu’on rentre directement à la maison.


Arrivés à la maison vers 15h, c’est direction illico presto le lit pour rattraper le retard de sommeil. Une grosse sieste ne suffira pas malheureusement. La journée aura en fin de compte jouée en notre faveur.

27/07/08

22h30 le vendredi soir, c’est parti pour la gare. Nous prenons un RickShaw, pour nous y emmener. 20 minutes plus tard, nous voilà arrivés. Premier question, avons-nous finalement des billets. Première bonne surpris, c’est bon. Malgré notre 180ième place sur liste d’attente, ça passe. C’était disponible jusqu’à 380 sur la Waiting List Ca s’annonce bien. Le train arrive vers 23h40. Nous prenons nos places en wagon couchettes. Ce sont un peu près les mêmes qu’en France d’après Duchesse. Moi, c’est la première fois en 22 ans que je prends un train couchette, donc je veux bien la croire sur parole. Il n’y pas d’âge pour faire de nouvelles découvertes. Nous nous allongeons pour 5 heures de trajet. Même si nous sommes plutôt bien installés, je n’arrive pas trop à fermer l’œil. Entre le bruit du train et ses vibrations, plus les gens qui ronflent et les odeurs, ce n’est pas le top du top. Les 5 heurs passent finalement assez vite quand même.

Arrivés à Tanjore (ou Tanjavur en Tamoul), la nuit commence seulement à se lever. Dans la gare, c’est l’effervescence, plein de personnes assises par terre à mettre des pubs dans les journaux du matin. Sympa l’ambiance !!! Programme de cette matinée : le Temple de Brihadishvara, le Marata Palace Musuem et le Saravati Mahal Musuem. Beau programme!!!

La visite du Temple de Brihadishvara commence à 6h, nous nous y rendons à pied, on arrivera pile à l’heure d’ouverture. C’est un des édifices les plus impressionnants réalisés sous l’Empire Chola au Xième Siècle. C’est le plus grand empereur de cette dynastie et son temple est à son image. C’est le plus grand d’Inde consacré à Shiva. Il est classé au Patrimoine Mondial de l’Unesco. Le plus impressionnant, c’est que c’est très massif et à la fois très raffiné. Pour vous donner la grandeur, la cour intérieure fait 240mX120m !!! Il y a deux immenses Gopuram à l’entrée. Gopuram signifie en Tamoul « entrée des vaches ». Les décors sont magnifiques, les détails d’une finesse incroyable. C’est vraiment splendide. De plus certaines parties viennent d’être restaurées. Il y a aussi l’immense Nandi, une statue de plusieurs dizaines de mètres carrés taillée directement dans le granit. Les indiens y viennent faire toutes sortes d’offrandes.



Nous nous baladons dans le parc et faisons le tour du propriétaire. Quel dommage que certaines zones du temple aient été laissées à l’abandon, des travaux ont été commencés mais rien n’est fini, des tôles et des sacs de ciment jonchent le sol dans un si bel endroit. De plus, il pleut un peu et que le mauvais temps ne se dissipe pas beaucoup. Nous entrons ensuite à l’intérieur du temple principal, haut de 66m. Les gens viennent s’y recueillir et prier dans une ambiance toujours aussi mystique. C’est assez troublant…

Nous quittons ce lieu magique pour aller ensuite nous restaurer afin de bien continuer la journée. Nous allons dans le petit restaurant recommandé par le Routard. Moi, j’ai très mal au ventre, comme fait exprès, à chaque week-end. Duchesse prend son Dosa matinal et moi je continue mon régime Coca-Bananes. Nous retournons ensuite à la gare pour retirer nos billets pour la semaine prochaine. Deux jours dans le Kerala sont prévus et il faut s’y prendre à l’avance. Déjà 25ième sur liste d’attente, mais ça le fera c’est sûr. 400 (env. 5€) Rps l’aller-retour, c’est encore donné. Petite marche pour aller ensuite au Marata Palace Musuem. Nous arrivons avant 9h, heure d’ouverture. Nous sommes en attente avec un espagnol…


Le musée est installé dans le palais du Maharaja datant du XVième Siècle. L’entrée est à 10 Rps pour les étrangers et 50 Rps de plus pour l’appareil photo. Au final, on s’en tire pour 1 € par personne. Il y a une grande tour, la tour de l’horloge et un patio qui désert les différentes galeries. Un peu comme au Government Musuem de Chennai, plein de statues sont exposées, surtout de Shiva et Parvati. Belle collection, mais beaucoup moins bien mis en valeur qu’à Madras. L’endroit est agréable mais s’il le serait encore plus avec un petit plus d’entretien. C’est le défaut de beaucoup d’endroits touristiques en Inde, la présentation et la tenue des lieux pourraient être améliorées. Nous montons ensuite tout en haut de la tour pour avoir un petit panorama sympa sur la ville.


Une heure plus tard, nous quittons les lieux pour aller ensuite au Sarasvatî Mahal Musuem. Celui-ci est fermé et de toute façon, paraissait le moins intéressant de toute notre visite sur Tanjavur. C’en est donc fini pour cette ville. Nous prenons ensuite deux bus pour aller vers Trichy (ou Tiruchirapally). Encore une heure et quart dans un bus surchauffé, la fatigue commence à se faire sentir. Arrivés là-bas vers midi, je décide d’aller manger quelque chose, du riz pour essayer de faire passer mes troubles intestinaux. Un Biryani plus tard, c’est encore pire. Il n’est vraiment pas super en plus, et ça ne passe pas de toute façon, j’en resterai au Coca pour la journée.

Au programme de cet après-midi, on commence par le Rock Fort. Comme son nom l’indique, c’est un fort construit sur un rocher. Pour y accéder, on doit monter pied nus les 420 marches qui mènent au temple moderne au sommet. Cette balade sportive nous coûtera 2 Rps et 20 Rps pour l’appareil photo. Un prix modique. L’intérêt n’est pas le temple tout en haut mais l’incroyable panorama que l’on a sur la ville une fois l’ascension réalisée. Les marches sont assez bizarres, taillées directement dans la pierre, elles sont toutes penchées. Nous remarquons aussi que les indiens ne sont pas en général des gros sportifs. Beaucoup ont du mal à monter les marches sans s’arrêter plusieurs fois. La vue vaut vraiment le détour. La descente effectuée, nous filons vers Notre Dame de Lourdes (Our Lady of Lourdes Church-St Joseph Collège). Cette église a été fondée par des jésuites vers 1880 et doit normalement ressemblée à celle de Lourdes, vu qu’elle en reprend les plans. Même s’il y a bien quelques ressemblances, cela ne saute non plus aux yeux. Le plus intéressant selon le routard est l’intérieur. Les saints y sont apparemment représentés avec le style indien et il n’y a pas de bancs pour prier. Malheureusement, nous ne pourrons pas y entrer car les heures de messes ne correspondent pas avec les nôtres.





Nous filons donc vers le Tiruvanalkaval Temple. Nous passons dans des zouks avant d’arriver à la véritable entrée. Cela n’a pas l’air génial d’après le Routard. Ca sent le piège à touristes avec des échoppes partout à l’intérieur du temple. Les indiens marient très bien le sacré avec le commerce. La religion est un vrai business. Les gens qui viennent au temple dépensent beaucoup d’argent en fleurs et offrandes pour les dieux. Nous avons beaucoup de mal à nous décider. Un indien parlant un français plus que correct vient nous voir et nous explique qu’on est en fait au Srirangam Temple. Il s’appel Sundar et est guide ici. Il nous expose les choses à faire. OK, et d’après le routard, c’est vraiment pas mal !!! Il y a plein de choses à voir à l’intérieur. C’est parti dans un premier temps pour les 10 Rps pour monter au sommet du temple et avoir un bon panorama et 50 Rps pour les photos. Sundar nous a suivi en nous propose une visite commentée en français pour 225 Rps. On hésite un peu, mais n’allons ensuite pas du tout le regretter. C’est Ok. Il nous emmène dans les divers endroits et nous explique les significations des statues. Il faut savoir que ce temple a été commencé au 10ième Siècle et ne s’est terminé au XXième !!! Le sanctuaire au centre est la partie la plus ancienne. Les non hindous ne peuvent pas y rentrer. Il y renferme un Vishnou allongé de 6.40m et une coupelle d’or de 80 kilos. C’est le but principal de ce pèlerinage pour les hindous.


Il y a au total 3 entrées (Sud, Nord, et Est), sept enceintes imbriquées les unes dans les autres et 21 Gopuram. Le plus haut et le plus récent mesure 73m. Il avait été commencé, mais jamais fini, car les personnes vivant à cette époque avaient changé d’endroit. De grandes multinationales indiennes ou producteurs de cinéma ont donné de l’argent pour le finir, chacun a donné pour un étage. C’est celui qui est le plus coloré mais aussi celui qui a le moins de style.


Cette visite est très intéressante car Sundar nous explique des choses que nous n’aurions jamais comprises. Il nous montre par exemple les réincarnations de Vishnou, ou alors pourquoi les femmes laissent des offrandes devant la statue de Parvati. Elles viennent devant elle pour lui demander de leur trouver un bon mari et surtout une dote la moins élevée pour leur famille. Il y a aussi plein d’enfants au crâne rasé. On suppose quelque chose mais bon. En fait, les hindous qui ont du mal à avoir des enfants viennent priés Vishnou, le dieu de la reconstruction et de la pureté (le blanc), de la prospérité (le rouge) et de la fertilité (le vert). Ils lui font la promesse de ramener les cheveux de leur enfant en cas de fécondité comme cadeau de remerciement. Les enfants sont alors rasés et ensuite bénis avec une terre ocre censée les protéger toute leur vie. C’est un véritable honneur de les prendre en photo. Les familles en sont très fières. C’est assez compliqué d’expliquer tout ça car la religion hindoue est très spéciale et bourrée de philosophie. C’est vraiment quelque chose à vivre, cela se ressent seulement quand vous êtes dans ces lieux.


Nous allons ensuite devant la porte du paradis. Cette porte n’est ouverte que dix jours par an, et les gens viennent nombreux lors de son ouverture. Tout le reste de l’année, étant fermée, il y a un subterfuge pour pouvoir goûter un peu au paradis. A quelques mètres de cette porte, dans un couloir, une petite manip est installée. Vous mettez vos deux pieds joints, plus les doigts de votre main droite dans des trous au sol et vous essayez en vous penchant vers la gauche s’en toucher le pilier d’apercevoir un petit bout de la porte du paradis. Loin d’être évident pour un grand et encore plus dur pour un petit, j’ai quand même réussi à voir 10 cm de la porte. C’est bon, j’y ai droit !!!





La visite se termine avec une photo souvenir avec Sundar, notre guide super cool. Nous avons appris plein de choses et c’était vrai intéressant et didactique. L’heure de visite est vraiment passée très vite.


Il nous reste encore un monument à faire, le vrai Tiruvanalkaval Temple. Pour y aller il faut encore prendre deux bus et marcher. Le premier trajet effectué, nous demandons à quelqu’un où se situe l’arrêt de bus suivant. L’homme nous invite à monter et nous dit qu’il nous emmène directement devant. Super cool. Mais sans le savoir, nous sommes montés en fait dans une voiture auto-école !!! Un grand-père apprend à conduire et c’est plus que Folklorique. Un moment exceptionnel avec ces calages et sa non maîtrise du véhicule. On en aura vécu des sacrés moments en Inde !!! Arrivés quand même à bon port sans rien de cassé, nous visitons ce temple qui est vraiment intéressant que par la beauté de ces Gopuram et de l’éléphant qui vous bénit à l’entrée (contre de l’argent bien sûr !!!).





Il est 17h30.Nous sommes crevés. HS total. Nous avons fait que de courir sous ce soleil de plomb, mais le principal, c’est que nous avons réussi à faire toutes les choses que nous voulions. Nous retournons en bus à la gare pour savoir si nos billets sont disponibles. C’est encore OK. Nickel, il nous reste plus qu’à attendre le train qui part à 20h40. Nous allons nous poser dans un bar pour déguster un jus d’ananas. Duchesse s’énerve car elle pense que c’est un milkshake, mais non, c’est juste un gros velouté. Dommage, nous sommes passés pour des touristes plus que chiants. C’est la fatigue aussi, on est beaucoup moins patients.


On attend ensuite à la gare pendant deux bonnes heures. On se renseigne sur la plateforme et l’emplacement des wagons, on lit nos bouquins tranquillement. J’essaye de faire passer mon mal de ventre exécrable. Les 1.5L de Coca, n’ont pas forcément fait tout leur effet. Le train arrive finalement. On se dit qu’on va pouvoir se reposer. Et bien non !!! Problème de place. En effet, j’ai été surclassé mais nous souhaitons restés ensemble car nous n’avons qu’un seul papier. Et là c’est la guerre, les indiens se mettent à des numéros de place qui les arrangent, disent que les places ont changées. Nous, ce que l’on veut, c’est juste être assis ou allongés. Ils nous font remarquer que je ne suis pas dans le bon wagon, mais quand même, on a droit à une place ici. Allez faire comprendre à des indiens qu’ils prennent quatre places alors qu’ils ne sont que trois, et donc qu’il y a une place de libre, c’est très compliqué. Nous ne devons pas avoir la même logique…En plus, il ya plein de couchettes de libres comme à l’aller, mais les gens ne veulent pas que nous les prenions. Et si elle est prise plus tard, nous répondent-ils. Et bien on bougera dans une autre, vu qu’il y en a plein de disponibles. La fraternité n’est pas leur fort pour ce qui est de partager un banc. Duchesse prend une couchette qui lui revient de droit et je me pose où je peux le temps que la situation se décante. Tout le monde va progressivement se coucher. Je me mets dans l’une des nombreuses couchettes libres et c’est bon. Le contrôleur qui passe ne nous demande même pas nos billets. Il y avait de quoi faire tout ce remue-ménage…


Nous arrivons sur Salem vers 1h30. Un petit RickShaw plus tard, nous sommes enfin à la maison. Tellement claqués que nous n’avons même pas le courage de prendre une douche malgré notre état déplorable avant de nous coucher. Demain réveil à 8h30, cela risque d’être très dur.

dimanche 27 juillet 2008

26/07/08

Ce matin, nous avons eu la bonne surprise de nous faire réveiller par Maniq’s et Annamalai. Non, pas réveillé pour moi vu que j’étais réveillé depuis un moment déjà, mais pour Duchesse, un bon saut du lit. Il est 8h30 quand Maniq’s m’appelle. Il m’annonce les bonnes nouvelles du matin, Gopal veut qu’on lui donne les deux compositions utilisées pour les briques. Ok, on va lui envoyer ça.

Pendant ce même laps de temps, Annamalai est en train de s’exciter sur la porte d’entrée, car il ne peut pas me prévenir par téléphone vu que je suis en ligne. Au bout d’un certain moment, un bruit m’interpelle. Il est seulement 9h. Il nous avait dit pas avant 10h, 10h30. Bien, il est en avance pour une fois. Tant mieux, on va pouvoir commencer plus tôt car s’il avait fallu l’attendre réellement jusqu’à l’heure prévue, notre matinée aurait été gâchée. Annamalai passe en coup de vent, il a l’air très pressé. Il nous dit qu’il file à la factory. Ok, nous, on arrive bientôt aussi.

Nous déjeunons en vitesse et c’est parti pour une nouvelle visite de l’entreprise de textile située juste à côté de la factory. Le manager nous accueille très gentiment encore une fois. C’est appréciable de travailler avec lui. Nous lui expliquons ce que nous voulons faire, c’est-à-dire, récupérer ces bains de teinture pour nos briques. Sur ce fait là, il n’y a pas de problème, il est d’accord, mais nous certifie que de toute façon, cela ne marchera pas avec ces produits chimiques. Ayant beaucoup de travail apparemment, il nous donne rendez-vous lundi matin à la factory. Il apportera cinq litres de son eau colorée, et nous expliquera pourquoi selon lui, cela ne peut pas fonctionner avec les briques. De toute façon, c’est une hypothèse que nous devons absolument étudiée, car d’une part elle a semble-t-il marcher avec le fabricant à Chennai, et d’autre part, car nous n’avons pas d’autre solution pour l’instant et Gopal nous a fortement orienté vers cette dernière. Après, si cela se révèle infructueux, ce sera une autre histoire.

Nous allons ensuite à la factory où un client vient chercher des briques. Annamalai m’en avait parlé mais ne m’avait pas dit que c’était aujourd’hui. Je comprends pourquoi maintenant pourquoi il était si pressé ce matin, le client est arrivé à 10h. Je discute avec le patron. C’est aussi un fabricant de briques en Fly Ash !!!Il est à la tête d’une entreprise de 20 personnes qui produit 10 000 briques par jour. Les ouvriers travaillent entre 10 et 12 par jour et me signale avec humour que c’est beaucoup intense qu’ici. On s’en serait douté. Il possède deux mixeurs, les mêmes que les nôtres, et aussi seulement une confectionneuse, mais de taille supérieure. Il me parle aussi des problèmes sur ses ouvriers qui ont les mains toutes rongées par le ciment et la chaux malgré le port de gants. Intéressant de le signaler.

Il a conclu un gros marché pour la construction d’une université de filles près de Salem, mais même avec sa propre cadence, il est obligé de se fournir chez des concurrents. C’est que son entreprise ne connaît pas la crise. J’en profite pour le questionner sur ces compositions de briques et ses prix de vente. Tout est quasiment pareil entre sa factory et la notre. Il nous invite ensuite à venir la voir la semaine prochaine. Nous irons quand nous aurons le temps, il faut que l’on avance absolument sur les tests avec produits chimiques. Mais cela risque d’être très intéressant de voir de la production à la chaîne. Il semble aussi intéressé par notre projet sur les briques colorées mais j’en dévoile le moins possible et lui dit, que de toute façon, pour l’instant, les résultats n’étaient pas concluants pour une grosse production.


Pendant que ces ouvriers continuent à charger le camion, nous continuons à parler tous les deux. Même si nous avons du mal à nous comprendre car il ne parle pas très bien anglais (pire que moi, ouf…), nos conversations vont bon train. Il n’a pas fait d’études et était conducteur de bus lorsqu’il a rencontré sa femme, il la déposait tous les matins à son université. Belle histoire je trouve. Malgré que sa femme ait un diplôme de biotechnologies en poche, elle est femme au foyer. C’est le cas de nombreuses femmes en Inde, elles sont éduquées mais une fois mariée, elles sont souvent cantonnées aux taches domestiques. Nous arrivons ensuite sur le thème du permis de conduire. C’est assez bizarre, en Inde, vous achetez votre permis et vous apprenez à conduire après. Pour le permis deux-roues, c’est 700 Rps (un peu plus de 10 €), pour la voiture 1 300 (20 €) et pour les gros camions, c’est 5 000 Rps (env. 180 €). La mâtinée est riche en rencontres et discussions, cela me redonne de l’espoir. J’adore parler avec les indiens, ils dégagent une certaine sérénité qui vous détend lorsqu’ils vous parlent. C’est assez incroyable, vous relativisez beaucoup de choses en les écoutants.


Pendant ce temps, Duchesse essaye de rattraper son bronzage indien. Les ouvriers sont morts de rire. En effet, nous leur expliquons qu’être bronzé en France est bon signe. Nos marques sur les bras les font hallucinés. On se fait chambrer en leur expliquant que des gens passent des journées entières au soleil pour avoir la peau mate. Ici, en Inde c’est tout le contraire, plus vous êtes blancs, mieux c’est. C’est signe que vous n’êtes pas souvent dehors et donc que vous travaillez dans des bureaux ou que vous avez le statut de décisionnaire. Et puis, les coups de soleil ici, ils ne connaissent pas non plus. Un grand moment de plaisir et de joie.


Il est presque 14h, nous filons à l’Internet Café pour informer Gopal des dernières news. Le temps aussi d’envoyer les deux compositions différentes, qu’il nous renvoie un mail, en nous disant qu’il n’avait pas eu écho de cette dernière configuration. On est un peu dubitatif. Ce document lui a été envoyé plusieurs fois et c’était selon Annamalai, Gopal qui l’avait remise à jour. On ne sait plus de quel côté pencher !!! On se demande s’ils sont bien au point ces deux-là. Faudrait peut être se mettre d’accord et se tenir informer des modifications apportées. On a l’impression que Gopal a tellement d’activités différentes, qu’il s’y perd un peu au final pour tout suivre. Ce qui est un peu inévitable et compréhensible.


Il est 16h, nous allons manger car la faim se fait sentir. Nous retournons dans le restaurant où les ingénieurs nous avaient invités. Très bon, et pas cher du tout. Malheureusement, pas de Biryani de disponible à cette heure, moi qui est rêvait depuis longtemps. Ce sera Puri et Masala encore une fois. On rentre ensuite définitivement à la maison vers 17h30 et nous commençons les préparatifs pour ce soir. Et oui, nous partons cette nuit pour Trichy en train pour un dimanche de visite. Cela risque de nous faire du bien de voir de nouveaux horizons. En espérant que le temps s’améliore un peu et que je sois en meilleur forme, j’ai encore des problèmes digestifs. Le régime Riz-bananes-Coca est de retour.

samedi 26 juillet 2008

25/07/08

Donc aujourd’hui, ça devait être une bonne journée, et bien pas du tout. C’était une journée sous le signe de l’exaspération. En effet, comme nous l’avions prévu, ce matin, nous sommes allés acheter nos pigments pour nos essais de cet après-midi. Jusque là tout va bien, la facture est encore salée mais Gopal nous a donné la permission de continuer les tests.

Nous arrivons à la factory vers 12h45 bien décidés à être efficaces. Ca commence mal, les ouvriers ont fini à 12h30, donc ils ne reprendront pas le travail avant 13h30. En plus, il y a eu un petit ennui toute la matinée avec le mixeur. En voulant récupérer les briques non conformes en les transformant en poudre, puis ensuite de réutiliser cette dernière pour la fabrication de nouvelles briques, un problème s’est posé. Comme il a plu toute la nuit, cette poudre qui était dehors s’est imprégnée d’eau, mais ce matin, elle paraissait correcte. Mais lorsqu’elle s’est retrouvée dans le nouveau mixage, cela a fait l’effet inverse d’une éponge : Elle a recraché plein d’eau. Le mixage était de la bouillie. Il a fallu donc tout évacuer et ensuite rattraper le retard de production en fin de matinée. Il y avait donc encore un chargement à finir avant de pouvoir commencer notre premier test. Au moins une bonne de perdue en perspective.

13h30 arrive, on se dit Ok, à un peu plus de 14h, on commence. Patatras, même s’il y a de l’électricité, nous n’avons pas assez de capacité de puissance pour le fonctionnement des moteurs. En effet, le réseau n’est pas stabiliser et il y a des sauts de tension et d’intensité. Même si on pourrait quand même faire tourner les machines avec ce désagrément, cela risquerait de les endommager par de trop nombreux pics. Super, encore du temps de perdu et on ne s’est pas quand cela va se stabiliser. Attendons, au point où nous en sommes, nous ne sommes plus à une heure près…

L’heure avance, il est 15h et soudain, le réseau se stabilise. Les ouvriers finissent illico presto le dernier chargement. Pendant ce temps, nous préparons à l’avance notre test car il nous restera 40 minutes. Aujourd’hui, nous souhaitons obtenir une brique avec une couleur bleue intense. Vu que 1.5% de pigments était ridicule, on va monter directement à 3% et voir ensuite à 4% s’il existe une différence. On nettoie entièrement le mixeur, et c’est parti pour un tour. A ce moment là, il ne nous reste que 30 minutes. Ce devrait le faire juste juste. Nous décidons de faire comme la dernière fois, sur un chargement de 80 kilos, la première moitié sera à 3% et la dernière à 4%. Nous aurons ainsi deux tests en visuel et une quantité de matières premières économisée.

Nous commençons à produire les briques, les 3% ça passe, mais pas pour les 4%, nous n’avons pas le temps de finir. A 16h pile et pas une minute de plus, la coupure d’électricité à lieu. Nous ne pouvions pas faire autrement car en avançant le début de la fabrication, le mix n’aurait pas été correctement mélangé. Il nous reste seulement 4 briques à faire. Rajku et Riya nous montrent alors toute la subtilité indienne. Ils vont finir en actionnant la machine avec les mains. C’est bien sympa à voir, mais ça marche en plus. Bon c’est vrai que la compression n’est pas tout à fait optimale, mais bon. Ils forcent sur la machine comme des bêtes et arrivent à nous éjecter les briques. De toute façon, il fallait bien une solution car sinon les briques se seraient solidifiées dans la machine !!! Concernant le résultat, on voit une nette amélioration de la couleur par rapport à la dernière fois. Cette fois-ci, la teinte est vraiment foncée et le 4% est un ton au dessus du 3%. Mais la couleur finale n’est pas selon nous celle souhaitée par Gopal. Mais bon, c’est déjà un début. On commence à voir la fin du tunnel. Il ne restera plus qu’à améliorer, mais nous avons les bases maintenant pour les trois couleurs. Ouf !!!

Nous décidons ensuite de rentrer. Duchesse file à l’Internet Café pendant que moi j’irais faire les courses. On rentrera chacun de notre côté. C’est la fête en plus, il pleut. Super journée. J’arrive le premier à la maison, content de cette journée, qui aurait pu être catastrophique. Mais un peu sur les nerfs quand même. Duchesse rentre ensuite et m’annonce que Gopal a répondu à notre mail et nous donne cette fois-ci une réponse un peu plus longue que d’habitude. Ah enfin…
Sauf que ce n’est pas trop dans ce sens que je l’attendais… Gopal nous met en garde sur les tests de pigments qui sont trop coûteux et qui rendront de toute façon les briques hors de prix. Il nous conseille d’aller voir du côté du retraitement des eaux utilisées dans l’industrie textile. La fin de son mail nous laisse pantois. Please Think. On ne s’est pas trop comment le prendre. Est-ce juste un conseil ou alors une façon de dire, réfléchissez un peu !!!

Je suis super énervé. Gopal nous avait dit que notre objectif était d’arriver coûte que coûte à des briques colorées. A chque fois, que nous lui avons posé des questions concernant le budget maximal, il nous répondait, on verra après, ce que je veux, c’est que vous arriviez à les obtenir. Ok, notre cahier des charges était fixé, en sachant bien sûr que le moins cher sera le mieux. Nous l’avons déjà prévenu que l’ajout de pigments allait corser la note, mais cela n’etait semble-t-il, pas à l’ordre du jour pour l’instant. Il voulait voir si c’était faisable. Nous étions partis dans cet objectif. Alors quand aujourd’hui, il nous dit que le prix doit être faible vu qu’une brique normale se vend 3 Rps, la goutte a débordé du vase.

A chaque fois, nous lui posons plein de questions par mail, on lui demande ce qu’il en pense des couleurs obtenues, si on continue d’acheter des pigments pour arriver à ce qu’il veut. A chaque fois, pas une réponse précise, à part que l’on peut acheter. Duchesse et moi sommes un peu dégoûtés par cette attitude. On attend des retours sur ce que nous faisons et il n’y a jamais rien. Son cahier des charges à changé mais il ne nous la pas précisé. Les pigments étant trop chers, on arrête tout et on va chercher du côté du textile.

24/07/08

Lever 9h et des patates. Je n’ai pas encore réussi à m’endormir avant 2h30, c’est à chaque foie la même chose. Le gardien passe à 0h30 et 2h en claquant son bâton et en sifflant, et je n’arrive pas à fermer l’œil. Donc le matin, je ne suis pas d’aplomb tout de suite. Pour cette matinée, rien de spécial à faire, vu qu’on ira seulement à la factory cet après-midi. Nous prévoyons donc de manger vers 11h pour tenir tout le reste de la journée. Départ de la maison à 11h30.

Arrivés vers 12h45 à la factory, nous allons pouvoir enfin faire des tests. Le résultat de celui effectué avec les pigments bleus est catastrophique. Les briques sont bien d’une autre couleur, mais vraiment très pales. Nous n’aurions pas dû demander aux workers de faire cette production sans nous. Nous avons été trop confiants et pensions qu’avec 1.5%, cela donnerait un bon résultat. Et bien pas du tout. Si nous avions assisté à cet essai, on aurait tout de suite vu que la quantité n’était pas suffisante, et nous n’aurions pas perdu des pigments inutilement. Leçon à retenir. Mieux faut perdre un peu de temps, que de perdre des pigments.

Nous allons ensuite voir les briques noires. En fin de compte, avec un séchage de plusieurs jours, les briques à 1.5 % sont vraiment plus pales que celles à 2 et 4%. Pour le noir, nous en resterons donc à un choix de 2%. Cela ne nous arrange pas car le prix final de la brique augmente, mais c’est vraiment le meilleur compromis couleur/prix.


Nous commençons ensuite les essais avec la couleur verte. On nettoie le mixeur de fond en combles et c’est parti. Ah non, une petite coupure d’électricité, c’est la tradition ici maintenant. On aura un retard de près de 45 minutes. A 2% de pigments, les briques prennent bien une certaine coloration, mais pas assez intense à notre goût. On décide de juste faire quelques briques pour avoir un visuel. On ajoute ensuite la quantité adéquate pour monter à 3%. La teinte est plus prononcée et convenable. Nous produisons donc ces briques. Le problème, c’est la nuance. L’intensité est bonne mais, par rapport à la couleur que nous devons obtenir selon Gopal, la brique est trop foncée.


Il me vient alors l’idée de changer de ciment pour cette production. En effet, pour l’instant, nous utilisons du ciment gris et il existe dans le commerce du ciment de couleur blanche. Je ne sais pas si cela peut foncièrement changer quelque chose mais il faut essayer. Cela pourra peut-être éclaircir un peu la brique. J’appelle notre vendeur préféré, et je lui demande s’il a cette marchandise en stock. C’est OK. Petit bémol, c’est 20 Rps le kilo alors que le ciment gris est à 6 Rps par kilo. Mais bon, c’est des tests donc il faut tenter pour voir. Il faudra ensuite voir la rentabilité si cette solution est conservée.
Nous voulions faire 2 tests aujourd’hui, mais du fait du résultat calamiteux avec la couleur bleu, nous n’allons pas gaspiller le reste de nos stocks. Et oui, nous pensions que la saturation serait entre 1.5 et 2%, mais pour cette couleur, il va falloir monter beaucoup plus haut. Et nous n’avons pas assez de pigments pour ne serait-ce effectuer un test à 3%. Encore du temps de perdu avec nos certitudes mensongères.
Nous regardons ensuite les pavés que nous avons réalisés il y a deux jours. Ils ont bien pris une teinte grise, mais ne sont vraiment pas noirs. En plus, l’aspect est bizarre, nous avons comme l’impression qu’il s’est formé un film d’huile et de pigments noir en surface. Lorsque nous passons un coup de balayette dessus, la coloration noire s’estompe peu à peu. Nous remettons en cause la qualité de notre ciment, était-il trop mouillé et pas assez compact ? Nous referons un test plus tard. Les pavés n’étant que la deuxième priorité.

Nous décidons donc de quitter prématurément la factory, 30 minutes avant la coupure d’électricité prévue à 16h. Nous filons à l’Internet Café pour envoyer nos conclusions à Gopal sous forme de Daily Report. Internet ne fonctionne pas dans tout le quartier, on doit donc changer d’endroit. Retour à Old Bus Stand, où nous allons à un autre Internet Coffee que nous connaissons. C’est bon, ça marche. Nous demandons à Gopal, s’il est possible d’acheter tous les pigments que nous voulons pour continuer les tests. C’est assez délicat de demander de l’argent alors qu’Annamalai nous a donné 1 000 Rps hier. Mais cet apport à juste renflouer la somme que nous avions avancé. Et demain, d’après nos calculs, nous en aurons pour plus de 700 Rps. Et on doit aussi acheter des truelles… On n’ose pas trop réclamer mais les dépenses en pigments représentent un gros budget.




Nous rentrons ensuite à la maison. Il est 19h. Bilan de la journée : pas folichon du tout. Le bleu n’a pas avancée, nous avons des pistes pour le vert avec le ciment blanc. Demain, nous devons réellement progresser, et commencer à l’heure, pour faire au minimum deux tests. Avec ce que nous avons prévu, nous devrions avoir des conclusions solides demain soir.

23/07/08

Aujourd’hui, vu que nous avons une journée de semi-repos car qu’il n’y a pas d’électricité à la factory, nous décidons de profiter de notre matinée. On se lève un peu plus tard, on se détend, on lit nos petits bouquins favoris. Relax quoi. Départ de la maison à 10h30. Direction l’internet Café.


On y passe deux bonnes heures. J’en profite pour rattraper mon retard pour mon blog. Ca y est, tout est remis à jour, non sans mal et quelques prises de tête, mais bon. Deux heures intenses de clics dans tous les sens. Mettre des photos sur un site est vraiment un cauchemar, ça vous plombe toutes vos mises en page, etc…

On décide d’aller ensuite à la Gare pour aller voir si l’on peut réserver des billets pour dimanche. Vu que Gopal ne viendra pas cette semaine, nous sommes sûrs d’avoir notre journée de repos, à moins d’un évènement exceptionnel. De plus, sur le chemin du retour, on prospectera tous les revendeurs de pigments pour essayer de trouver notre marchandise au prix le plus avantageux. Il y en a plein du côté de Junction. Même si en Inde, ça ne coûte pas grand-chose de fabriquer des briques, l’addition de pigments dans la composition fait exploser le budget final. Et puis, on est aussi là pour que ce soit le plus rentable possible.


Nous arrivons à la gare vers 14h30. On décide de manger avant, car il y aura surement la queue, donc encore pas mal de temps à patienter. Nous allons dans un premier restaurant mais, vue l’heure, ils ne servent plus de Dosa ni Puri. On décide d’aller voir à côté. Le patron nous sollicite expressément pour que nous mangions dans son boui-boui. Ca a l’air pas mal, Ok, c’est parti. En quelques secondes, c’est le branle-bas de combat. On demande s’ils font des Dosa. OK sir. Ca continue de courir…C’est juste une question. On veut des Puri et des Parotta ce midi. A peine la fin de la phrase terminée, tout est déjà devant nous. Cela énerve Duchesse ce stress inutile, (heureusement qu’elle est bien réveillée sinon…). Mes Puri avec le Masala ne sont pas de la même qualité qu’hier, mais c’était prévisible aussi. Et les de Duchesse n’ont pas le calibre de ceux d’Old Bus Stand. C’est bien mais sans plus. Pour 22 Rps (30 cts d’€), on ne va pas faire la fine bouche non plus.

On va ensuite réserver nos tickets pour le train. Duchesse avait déjà regardé sur Internet le matin les horaires et les numéros des trains. Le remplissage de la feuille de réservation est donc facilité. Cependant, nous sommes sur la liste d’attente à la 180ème place. On demande combien vaut une annulation, 20 Rps, c’est bon on tente le coup. Il faudra venir deux heures avant le départ pour voir si l’on peut monter. Il faut savoir qu’en Inde, les gens réservent souvent leurs billets pour les annuler ensuite. Donc même avec une liste d’attente énorme, vous avez souvent vos places. A 180 sur la Waiting List, on prend quand même un gros risque, mais on joue aussi sur le fait qu’il y a toujours des places de secours pour les touristes. C’est prévu normalement dans les trains indiens. Nous payons nos deux allers-retours : 512 Rps (même pas 8€ !!!) pour 2.
Nous remontons ensuite l’avenue pour aller chez les revendeurs de pigments. Le premier n’en vend pas du tout et non conseille d’aller à la cimenterie juste à côté. Arrivés là-bas, le gérant n’en a pas non plus (ce n’est pas forcément son métier non plus) et essaye de non refourguer un produit pour l’étanchéité des murs. No Thank You. On continue et on trouve une petite échoppe. Bonne surprise. Celui-ci en vend, la même marque que celle que nous utilisons et 10 Rps de moins. De plus, toutes les couleurs sont disponibles. A 80 Rps le kilo de pigments, c’est toujours ça de gagner sur le prix final des briques colorées. Le gérant est un peu surpris de voir des étrangers lui acheter trois kilos de pigments verts et être super contents. Il doit limite nous prendre pour des fous… Le problème, c’est que ce magasin est assez loin, et donc pas très pratique pour se fournir au jour le jour selon les besoins. Mais bon, on verra.


On continue toujours sur notre lancée. Nous trouvons une grande enseigne. On se dit qu’il y a peut-être quelque chose à faire. Le patron, d’une humeur massacrante, nous accueille avec un « Tamoul » pour répondre à nos questions, Ok c’est mort. On ne lâche rien. Il nous en reste encore deux, on va se les faire.
L’avant dernier est assez symbolique du commerce indien. On entre dans un tout petit magasin, avec plein d’hommes dedans. On attend quelques minutes et on expose notre situation. L’homme commence à en savoir plus sur notre projet. Pourquoi, on voudrait des pigments, c’est bizarre ça…On reste très évasif et il nous met la puce à l’oreille. Il nous demande si ce n’est pas pour réaliser les dallages des maisons en couleur. Si, Si, c’est ça. Il ne faut surtout pas trop exposer notre projet sinon Gopal risque de se faire voler son coup marketing. Concernant les prix, le gérant demande combien on est prêt à mettre au kilo. Bien joué, mais, non. Tu nous dis à combien toi tu le fais, car sinon vous êtes sûr de vous faire arnaquer. Il argumente en disant que cela dépend des couleurs, de la quantité commandée. Finalement, pour un kilo, c’est 100 Rps. Dommage pour toi, tu as joué avec des blancs pour essayer d’avoir le maximum de profit, mais on a déjà comparé les prix ailleurs mon garçon. On connaît la technique. C’est perdu pour toi, tu seras peut-être plus honnête la prochaine fois. Un merci, au revoir, expédié illico presto lui fait tout de suite comprendre le malaise.


Nous prenons ensuite un bus pour terminer notre prospection. Pour le dernier, rien de bien folichon, il essaye de nous vendre du ciment blanc. Ok, c’est cool mais ça sera non. J’avais vu sur la route qui nous conduit vers la maison, un autre revendeur. On se fait le retour à pied. Il fait beau, et on a le temps, il n’est que 16h et Annamalai n’arrive que vers 17h à la maison. Dommage pour moi, je me suis trompé. Il n’y a pas de revendeur par là. C’est pas grave, on profitera du soleil.

Annamalai arrive finalement vers 17h15. Il nous donne nos 1 000 Rps comme convenu pour le remboursement des achats préalablement effectués. Nous discutons ensuite du problème d’hier. Il m’explique que le client ne voulait pas parler avec lui mais avec nous, les blancs. Sympa pour lui, merci le respect. De toute façon, ce client avait vraiment l’air con, vu comment Gopal nous l’a décrit. Je lui pose des questions concernant l’ouvrier qui était là au début et que nous n’avons plus jamais revu depuis sa grosse fièvre. Il est finalement retourné chez lui, car il était vraiment très malade. Il m’annonce aussi que Riya va repartir à Calcutta fin Août car il se sent loin de sa famille. C’est vrai qu’à 19 Ans et être à plus de 2 000 kilomètres pendant une longue période, c’est dur. Il m’explique aussi ses problèmes de santé, qu’il est obligé d’aller souvent à l’hôpital, et qu’il va bientôt falloir trouver un manager plus jeune, plus opérationnel et en meilleur forme. Je suis un peu plus compréhensif maintenant sur Annamalai. De plus, il m’annonce qu’ils vont recruter un nouveau worker car il faut être six au minimum pour que l’entreprise tourne correctement. Le comptable présent ces derniers jours, va être licencié, tout comme un ingénieur quelques mois plus tôt, car l’entreprise n’a pas encore trouver son rythme de croisière et n’a pas suffisamment de travail pour tout le monde. Même en Inde, la réduction des coûts du personnel existe.