mardi 15 juillet 2008

10/07/08

Alors comment s’est passée cette journée. Et bien très bien, depuis deux jours, le stage est vraiment pas mal du tout. Concernant le projet, aujourd’hui a été une réelle avancée.

Nous avions rendez-vous avec Annamalai à 10h30 à la factory. Nickel, il est là. On lui pose des questions sur la visite de ce matin, et là ça se corse un peu. Il a rencontré un ouvrier de cette entreprise hier soir (en fait c’est le voisin qui habite juste à côté de la factory) et lui a dit que c’était bon. Nous nous pensions qu’il avait rencontré le manager mais non. En plus, il ne sait même pas si l’entreprise colore bien le tissu, il sait juste qu’ils font du textile. On verra bien, de toute façon, ce sera surement instructif. L’ouvrier doit venir dans une demi-heure, nous en profitons pour lui poser des questions concernant l’achat de tickets de bus pour aller à Chennai. En effet, ce matin, Manu nous a appelé pour nous dire que prendre le bus, car tous les trains du matin sont complets de vendredi jusqu’à la fin de la semaine prochaine. Annamalai nous dit d’aller à New Bus Stand et de réserver des tickets en Ultra Deluxe pour plus de confort. Cette fois-ci, on devrait y arriver.

L’ouvrier qui doit nous faire la visite arrive enfin. Riyazzuddin, le plus jeune employé de la factory (19 ans) va venir avec nous car Annamalai doit rester ici. OK, c’est parti. En fait, l’entreprise est située juste derrière la factory, en 200 mètres c’est réglé. C’est déjà une autre dimension, mais il fallait le savoir car c’est vraiment bien caché et complètement encerclé par des murs de béton. Cette entreprise veut se faire discrète. Passés le grand portail, on nous accompagne vers un bureau tout proche, le manager nous accueille très gentiment avec un anglais impeccable. Il nous demande ce que nous voulons voir et les renseignements que nous souhaitons obtenir. Le tour du propriétaire peut commencer.

En fait, l’entreprise est immense, il y a 150 employés et c’est une petite fourmilière. La matière qui arrive en grande quantité est exclusivement du polyester de couleur blanche, et non du coton. Nous commençons par la mise en petites bobines de fil à partir d’énormes. Des rangées entières d’enrouleurs réalisent des bobines de 5 kilos. Celles-ci sont ensuite mises dans des bacs de couleurs, chauffées à une cinquante de degrés. La contenance maxi est d’une tonne au total et cette étape dure 3 heures.


Une fois que la coloration est terminée, ces bobines passent dans des centrifugeuses de séchage à haute température. Cette opération dure une heure environ. Tout le système de chauffage est distribué à partir d’une chaudière à bois, alimentée en continu par deux employés.



Ensuite, les bobines, une fois sèches sont ré-enroulées sur leur support définitif. Là encore des rangées entières réalisent cette opération. C’est assez spectaculaire. On a vu le process du début à la fin.


Le manager nous emmène ensuite vers la salle où sont préparés les mélanges pour les couleurs. Ils utilisent seulement des produits chimiques à base de pétrole pour le textile. Le système utilisant les pigments de couleurs n’est pas du tout adapté (ce que nous étions presque à 100% sûrs). La palette de couleurs est impressionnante : 370 nuances sont disponibles. C’est du très beau process.



Il nous montre ensuite leur nouvelle acquisition. C’est une empaqueteuse automatique qui est en train d’être installée. Elle doit être opérationnelle dans 3 jours et permettra de traiter l’ensemble des commandes des clients. Cet investissement leur a coûté l’équivalent de 10 millions de dollars chez nous. C’est pour ça qu’il est très fier de nous la montrer. Impressionnant.



Au final, l’entreprise réalise plus de 8 tonnes de fil de couleurs par jour. C’est la plus grosse de Salem, les autres ne font qu’une à deux tonnes par jour. On a vraiment eu de la chance de pouvoir la visiter. La manager nous a vraiment emmené partout, nous a laissé prendre plein de photos. Il nous a même montré les techniques entièrement à la main qui existent encore et les logements de tous les employés, qui sont logés sur place. Et c’était moins glorieux. Il a été honnête jusqu’au bout.



Après cette visite fort enrichissante, nous retournons à son bureau et lui demandons s’il ne connaîtrait pas de fournisseurs de pigments sur Salem, car lui se fournit ici pour ses colorants. Il passe deux trois appels et nous obtient un contact sur Salem… Le pied, on a un contact directement ici. On va pouvoir bien avancer. Annamalai est joint au téléphone et a maintenant toutes les coordonnées. Nous le remercions de son aide précieuse, il nous laisse sa carte et nous salue chaleureusement.

De retour à la factory, nous assistons à une livraison de Quarry Dust. Le camion la déverse dans un immense nuage de fumée. Nous repartons ensuite pour l’Internet Café. Nous n’avons pas beaucoup de temps, une heure maximum. Et là, comme par hasard, un fournisseur répond enfin à nos mails de demande d’informations. Il est situé tout au Nord de l’Inde, du côté de Bombay. Nous le gardons sous le coude, ça peut toujours servir.



Nous allons ensuite au New Bus Stand en passant par Old Bus Stand. Il est alors 13h45. Là-bas, on prend le bus 59 qui doit normalement nous emmener à l’endroit voulu. Sans savoir pourquoi, il ne prend pas le même chemin, on se retrouve près de Junction, la gare. Une petite marche s’impose pour retrouver New Bus Stand. Arrivés enfin au lieu voulu, on cherche les réservations pour les bus.

Il existe une multitude de compagnies d’autocaristes. Il y a un départ presque tous les quarts d’heure. Au premier guichet, on nous informe qu’il faut venir 30 minutes avant le départ du bus, et que l’on n’est pas sûr de pouvoir partir. On abandonne… Premier essai manqué.

Le deuxième allait être le bon. Cette foi-ci, on peut réserver, ça coûte 1 Rps de plus. On demande à une personne s’il faut remplir un papier de réservation comme à la gare. Non, non, nous répond l’agent. On fait la queue, il y a moins de monde, heureusement, car entre la gare et les bus, ils doivent faire un concours de lenteur… Arrivés au guichet, bingo, fallait remplir un papier. Je commence à m’énerver. Ca commence à bien faire. On remplit ce satané papier et reparti pour la petit queue. On arrive à avoir deux billets Ultra Deluxe pour demain matin 9h. Coût total : 400 Rps (env. 8 €). Coup de téléphone, Annamalai nous fait part que Gopal veut que nous prenions le train coûte que coûte. Non, c’est pas possible, on vient juste de les avoir. On rappelle Gopal et nous arrivons à le convaincre que le bus fera complétement l’affaire. Ouf…

Il est 16h30, nous allons enfin pouvoir aller manger. Nous retrouvons sur le chemin notre sorte de Fast Food indien. On prend un plateau Chapati et un autre Onion Dosa. Je me fais un petit plaisir, pour une fois : un milkshake aux fruits rouges. Excellent tout ça pour seulement 80 Rps (1.50 €). On rentre ensuite en Share-Auto à la maison. Il est alors 17h30. Nous commençons nos préparatifs pour demain en attendant Annamalai qui doit passer pour récupérer des clés.


Annamalai arrive enfin, on va ensemble chez le voisin, pour le prévenir que nous partions demain. Celui-ci nous accueille très gentiment, nous laisse sa carte avec ses coordonnées et nous demande de le prévenir dès notre retour. Il nous invitera à manger chez lui quand nous rentrerons de Chennai. Sa femme et lui nous demandent ce que nous voudrions manger, sont aux petits soins avec nous. C’est limite trop mais on sent que ça leur fait tellement plaisir qu’on ne peut pas refuser.

C’était vraiment une journée superbe. On a fait plein de découvertes, avancer dans notre projet. Nous avons réussi à nous débrouiller tous seuls sans soucis et nous nous sommes faits invités à manger. Je ne sais pas si l’on peut faire mieux…Demain est un autre jour.

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