Lever 8h la tête dans le pâté. Je n’arrive toujours pas à récupérer depuis que je suis à Madras, la chaleur doit surement être un facteur. Cela dit, nous nous levons à le plus de motivation possible, mais nous avons une seule hantise. Allons-nous pouvoir rencontrer ce fameux manager. Premier appel à 9h, pas de réponse. On sent la journée qui va mal se passer. Finalement, après trois tentatives, le manager répond et nous fixe un rendez-vous chez lui, dans la maison où nous étions restés devant pendant une heure.
30 minutes plus tard et 150 Rps de Rickshaw, nous arrivons au lieu indiqué. L’homme, d’une quarantaine d’années environ, nous accueille avec sa femme. Le contact passe plutôt bien, et notre intéressement pour le projet semble aussi faciliter la discussion. Sa femme nous sert des verres d’eau citronnés pour nous désaltérer, car il fait déjà très chaud.
Le manager nous explique son process. C’est le même que Gopal, à une grosse différence qu’il n’utilise pas du tout la même composition pour les bricks. En effet, au lieu de mettre 50% de Fly Ash comme à Salem, il n’en met que 20%, le reste des 50% étant compensé en Pond Ash, un dérivé de Fly Ash mais beaucoup moins chère car plus abondante. Cette modification lui permet ainsi de diminuer le coût de revient de ses briques sans en altérer les caractéristiques. Autre point important, il ne fait que de la brique rouge, car selon lui, les autres couleurs ne sont pas intéressantes pour une commercialisation massive. Il utilise les pigments Iron Oxides, que nous souhaitons acheter, mais est aussi en train de tester la colorisation avec les produits chimiques. En effet, il récupère les bains de couleurs, où les tissus sont trempés, pour colorer ses briques. Le seul désavantage est la pollution massive des eaux, car pour l’instant, ces résultats sont satisfaisants avec les deux procédés, pigments ou produits chimiques. A voir alors si l’on peut faire nous aussi ces expériences et arriver à la même conclusion.
Il nous montre aussi sur Google Map ses zones de productions de Pond Ash, c’est assez impressionnant, cette zone fait plus de cent hectares. Il nous invite à nous y rendre par nos propres moyens en 4x4. Cela nous coûterait 1 500 Rps, il est hors de question de payer cette somme pour aller simplement voir une carrière. Ou alors attendre dimanche pour qu’il nous emmène, car le manager n’est pas disponible avant. Ce sera non dans les deux cas, nous devons retourner au plus vite à Salem…
Il nous emmène ensuite en moto, chacun notre tour, vers sa factory. Quel bonheur de faire de se balader sans casque, les cheveux au vent, dans Madras avec un ciel bleu infini. Première fois pour Duchesse, il faut aller en Inde pour découvrir le plaisir de la moto. Arrivés là-bas, pas grand-chose de nouveau, il nous montre le mélange Fly Ash et Pond Ash, dont il nous donnera un gros échantillon, et sa machine de test. Cette factory est plus destinée sa deuxième activité principale, la confection de conduits pour les réseaux téléphoniques. En partant, il nous donne sa carte et nous sommes ravis de notre petit espionnage industriel. Notre matinée a été plus que prolifique en nouveaux renseignements et perspectives.
Nous décidons ensuite de passer notre après-midi au Government Museum de Madras. Nous prenons le bus pour Guindy et ensuite le train jusqu’à Egmore. Nous marchons deux kilomètres jusqu’à trouver enfin le musée. L’entrée coûte 75 Rps (environ 1.20€) pour les étudiants et 250 Rps (env. 4 €) pour les étrangers. Dommage, Duchesse a oublié sa carte à la maison. Moi je paye finalement 275 Rps pour avoir droit de prendre des photos. Pour les indiens, l’entrée est a seulement 15 Rps, tous les monuments indiens sont financés en grande partie par le tourisme, voilà pourquoi de telles différences de prix. Mais cela reste tout à fait raisonnable pour nous.
Il y a en tout six galeries à visiter, nous commençons par la première consacrée à l’archéologie. On y trouve plein de sculptures magnifiques des diverses civilisations qui se sont succédées en Inde. On est incroyablement surpris par la qualité et les détails des représentations. Nous passons ensuite dans la salle spécifiquement consacrée à la religion hindoue, où de nombreuses statues sont exposées. Vraiment très impressionnant.
Nous allons ensuite dans la galerie de bronze, recommandée par le routard pour sa beauté. Il avait vraiment pas tort, cet endroit est magnifique, tout en lumière tamisée, et plein de sculptures sous verre. La plus ancienne date du 11ème siècle avant JC, et est la seule représentation de Shiva et Parvati , le célèbre couple dans la religion hindoue, en même temps. Je m’explique, un côté de la statue est concerne Shiva et l’autre Parvati. Il y a bien sûr d’autres sculptures d’autres dieux, toutes les unes plus belles que les autres.
Nous retournons ensuite vers Mandaveli, quartier où nous résidons. Sur le chemin, nous nous arrêtons un moment au Coffee Day, pour prendre quelques Samosa et un Milkshake à la fraise. Nous arrivons à la maison vers 16h, complètement trempés de sueur et exténués. Nous passons notre fin de journée sur Internet. Ma chérie m’informe qu’elle a son Capes avec une 8ième place nationale, le rêve, je suis trop content.
Le soir, nous dînons avec Gopal, où nous lui racontons notre journée et notre souhait de finalement repartir dès demain dans la matinée pour Salem. C’est Ok pour lui, mais doit nous montrer un test de dureté avant que nous partions. Finalement, nous n’irons pas à la soirée de mercredi soir, Manu sera le seul à en profiter, mais ce n’est que partie remise…
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