samedi 26 juillet 2008

23/07/08

Aujourd’hui, vu que nous avons une journée de semi-repos car qu’il n’y a pas d’électricité à la factory, nous décidons de profiter de notre matinée. On se lève un peu plus tard, on se détend, on lit nos petits bouquins favoris. Relax quoi. Départ de la maison à 10h30. Direction l’internet Café.


On y passe deux bonnes heures. J’en profite pour rattraper mon retard pour mon blog. Ca y est, tout est remis à jour, non sans mal et quelques prises de tête, mais bon. Deux heures intenses de clics dans tous les sens. Mettre des photos sur un site est vraiment un cauchemar, ça vous plombe toutes vos mises en page, etc…

On décide d’aller ensuite à la Gare pour aller voir si l’on peut réserver des billets pour dimanche. Vu que Gopal ne viendra pas cette semaine, nous sommes sûrs d’avoir notre journée de repos, à moins d’un évènement exceptionnel. De plus, sur le chemin du retour, on prospectera tous les revendeurs de pigments pour essayer de trouver notre marchandise au prix le plus avantageux. Il y en a plein du côté de Junction. Même si en Inde, ça ne coûte pas grand-chose de fabriquer des briques, l’addition de pigments dans la composition fait exploser le budget final. Et puis, on est aussi là pour que ce soit le plus rentable possible.


Nous arrivons à la gare vers 14h30. On décide de manger avant, car il y aura surement la queue, donc encore pas mal de temps à patienter. Nous allons dans un premier restaurant mais, vue l’heure, ils ne servent plus de Dosa ni Puri. On décide d’aller voir à côté. Le patron nous sollicite expressément pour que nous mangions dans son boui-boui. Ca a l’air pas mal, Ok, c’est parti. En quelques secondes, c’est le branle-bas de combat. On demande s’ils font des Dosa. OK sir. Ca continue de courir…C’est juste une question. On veut des Puri et des Parotta ce midi. A peine la fin de la phrase terminée, tout est déjà devant nous. Cela énerve Duchesse ce stress inutile, (heureusement qu’elle est bien réveillée sinon…). Mes Puri avec le Masala ne sont pas de la même qualité qu’hier, mais c’était prévisible aussi. Et les de Duchesse n’ont pas le calibre de ceux d’Old Bus Stand. C’est bien mais sans plus. Pour 22 Rps (30 cts d’€), on ne va pas faire la fine bouche non plus.

On va ensuite réserver nos tickets pour le train. Duchesse avait déjà regardé sur Internet le matin les horaires et les numéros des trains. Le remplissage de la feuille de réservation est donc facilité. Cependant, nous sommes sur la liste d’attente à la 180ème place. On demande combien vaut une annulation, 20 Rps, c’est bon on tente le coup. Il faudra venir deux heures avant le départ pour voir si l’on peut monter. Il faut savoir qu’en Inde, les gens réservent souvent leurs billets pour les annuler ensuite. Donc même avec une liste d’attente énorme, vous avez souvent vos places. A 180 sur la Waiting List, on prend quand même un gros risque, mais on joue aussi sur le fait qu’il y a toujours des places de secours pour les touristes. C’est prévu normalement dans les trains indiens. Nous payons nos deux allers-retours : 512 Rps (même pas 8€ !!!) pour 2.
Nous remontons ensuite l’avenue pour aller chez les revendeurs de pigments. Le premier n’en vend pas du tout et non conseille d’aller à la cimenterie juste à côté. Arrivés là-bas, le gérant n’en a pas non plus (ce n’est pas forcément son métier non plus) et essaye de non refourguer un produit pour l’étanchéité des murs. No Thank You. On continue et on trouve une petite échoppe. Bonne surprise. Celui-ci en vend, la même marque que celle que nous utilisons et 10 Rps de moins. De plus, toutes les couleurs sont disponibles. A 80 Rps le kilo de pigments, c’est toujours ça de gagner sur le prix final des briques colorées. Le gérant est un peu surpris de voir des étrangers lui acheter trois kilos de pigments verts et être super contents. Il doit limite nous prendre pour des fous… Le problème, c’est que ce magasin est assez loin, et donc pas très pratique pour se fournir au jour le jour selon les besoins. Mais bon, on verra.


On continue toujours sur notre lancée. Nous trouvons une grande enseigne. On se dit qu’il y a peut-être quelque chose à faire. Le patron, d’une humeur massacrante, nous accueille avec un « Tamoul » pour répondre à nos questions, Ok c’est mort. On ne lâche rien. Il nous en reste encore deux, on va se les faire.
L’avant dernier est assez symbolique du commerce indien. On entre dans un tout petit magasin, avec plein d’hommes dedans. On attend quelques minutes et on expose notre situation. L’homme commence à en savoir plus sur notre projet. Pourquoi, on voudrait des pigments, c’est bizarre ça…On reste très évasif et il nous met la puce à l’oreille. Il nous demande si ce n’est pas pour réaliser les dallages des maisons en couleur. Si, Si, c’est ça. Il ne faut surtout pas trop exposer notre projet sinon Gopal risque de se faire voler son coup marketing. Concernant les prix, le gérant demande combien on est prêt à mettre au kilo. Bien joué, mais, non. Tu nous dis à combien toi tu le fais, car sinon vous êtes sûr de vous faire arnaquer. Il argumente en disant que cela dépend des couleurs, de la quantité commandée. Finalement, pour un kilo, c’est 100 Rps. Dommage pour toi, tu as joué avec des blancs pour essayer d’avoir le maximum de profit, mais on a déjà comparé les prix ailleurs mon garçon. On connaît la technique. C’est perdu pour toi, tu seras peut-être plus honnête la prochaine fois. Un merci, au revoir, expédié illico presto lui fait tout de suite comprendre le malaise.


Nous prenons ensuite un bus pour terminer notre prospection. Pour le dernier, rien de bien folichon, il essaye de nous vendre du ciment blanc. Ok, c’est cool mais ça sera non. J’avais vu sur la route qui nous conduit vers la maison, un autre revendeur. On se fait le retour à pied. Il fait beau, et on a le temps, il n’est que 16h et Annamalai n’arrive que vers 17h à la maison. Dommage pour moi, je me suis trompé. Il n’y a pas de revendeur par là. C’est pas grave, on profitera du soleil.

Annamalai arrive finalement vers 17h15. Il nous donne nos 1 000 Rps comme convenu pour le remboursement des achats préalablement effectués. Nous discutons ensuite du problème d’hier. Il m’explique que le client ne voulait pas parler avec lui mais avec nous, les blancs. Sympa pour lui, merci le respect. De toute façon, ce client avait vraiment l’air con, vu comment Gopal nous l’a décrit. Je lui pose des questions concernant l’ouvrier qui était là au début et que nous n’avons plus jamais revu depuis sa grosse fièvre. Il est finalement retourné chez lui, car il était vraiment très malade. Il m’annonce aussi que Riya va repartir à Calcutta fin Août car il se sent loin de sa famille. C’est vrai qu’à 19 Ans et être à plus de 2 000 kilomètres pendant une longue période, c’est dur. Il m’explique aussi ses problèmes de santé, qu’il est obligé d’aller souvent à l’hôpital, et qu’il va bientôt falloir trouver un manager plus jeune, plus opérationnel et en meilleur forme. Je suis un peu plus compréhensif maintenant sur Annamalai. De plus, il m’annonce qu’ils vont recruter un nouveau worker car il faut être six au minimum pour que l’entreprise tourne correctement. Le comptable présent ces derniers jours, va être licencié, tout comme un ingénieur quelques mois plus tôt, car l’entreprise n’a pas encore trouver son rythme de croisière et n’a pas suffisamment de travail pour tout le monde. Même en Inde, la réduction des coûts du personnel existe.

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