Donc aujourd’hui, ça devait être une bonne journée, et bien pas du tout. C’était une journée sous le signe de l’exaspération. En effet, comme nous l’avions prévu, ce matin, nous sommes allés acheter nos pigments pour nos essais de cet après-midi. Jusque là tout va bien, la facture est encore salée mais Gopal nous a donné la permission de continuer les tests.
Nous arrivons à la factory vers 12h45 bien décidés à être efficaces. Ca commence mal, les ouvriers ont fini à 12h30, donc ils ne reprendront pas le travail avant 13h30. En plus, il y a eu un petit ennui toute la matinée avec le mixeur. En voulant récupérer les briques non conformes en les transformant en poudre, puis ensuite de réutiliser cette dernière pour la fabrication de nouvelles briques, un problème s’est posé. Comme il a plu toute la nuit, cette poudre qui était dehors s’est imprégnée d’eau, mais ce matin, elle paraissait correcte. Mais lorsqu’elle s’est retrouvée dans le nouveau mixage, cela a fait l’effet inverse d’une éponge : Elle a recraché plein d’eau. Le mixage était de la bouillie. Il a fallu donc tout évacuer et ensuite rattraper le retard de production en fin de matinée. Il y avait donc encore un chargement à finir avant de pouvoir commencer notre premier test. Au moins une bonne de perdue en perspective.
13h30 arrive, on se dit Ok, à un peu plus de 14h, on commence. Patatras, même s’il y a de l’électricité, nous n’avons pas assez de capacité de puissance pour le fonctionnement des moteurs. En effet, le réseau n’est pas stabiliser et il y a des sauts de tension et d’intensité. Même si on pourrait quand même faire tourner les machines avec ce désagrément, cela risquerait de les endommager par de trop nombreux pics. Super, encore du temps de perdu et on ne s’est pas quand cela va se stabiliser. Attendons, au point où nous en sommes, nous ne sommes plus à une heure près…
L’heure avance, il est 15h et soudain, le réseau se stabilise. Les ouvriers finissent illico presto le dernier chargement. Pendant ce temps, nous préparons à l’avance notre test car il nous restera 40 minutes. Aujourd’hui, nous souhaitons obtenir une brique avec une couleur bleue intense. Vu que 1.5% de pigments était ridicule, on va monter directement à 3% et voir ensuite à 4% s’il existe une différence. On nettoie entièrement le mixeur, et c’est parti pour un tour. A ce moment là, il ne nous reste que 30 minutes. Ce devrait le faire juste juste. Nous décidons de faire comme la dernière fois, sur un chargement de 80 kilos, la première moitié sera à 3% et la dernière à 4%. Nous aurons ainsi deux tests en visuel et une quantité de matières premières économisée.
Nous commençons à produire les briques, les 3% ça passe, mais pas pour les 4%, nous n’avons pas le temps de finir. A 16h pile et pas une minute de plus, la coupure d’électricité à lieu. Nous ne pouvions pas faire autrement car en avançant le début de la fabrication, le mix n’aurait pas été correctement mélangé. Il nous reste seulement 4 briques à faire. Rajku et Riya nous montrent alors toute la subtilité indienne. Ils vont finir en actionnant la machine avec les mains. C’est bien sympa à voir, mais ça marche en plus. Bon c’est vrai que la compression n’est pas tout à fait optimale, mais bon. Ils forcent sur la machine comme des bêtes et arrivent à nous éjecter les briques. De toute façon, il fallait bien une solution car sinon les briques se seraient solidifiées dans la machine !!! Concernant le résultat, on voit une nette amélioration de la couleur par rapport à la dernière fois. Cette fois-ci, la teinte est vraiment foncée et le 4% est un ton au dessus du 3%. Mais la couleur finale n’est pas selon nous celle souhaitée par Gopal. Mais bon, c’est déjà un début. On commence à voir la fin du tunnel. Il ne restera plus qu’à améliorer, mais nous avons les bases maintenant pour les trois couleurs. Ouf !!!
Nous décidons ensuite de rentrer. Duchesse file à l’Internet Café pendant que moi j’irais faire les courses. On rentrera chacun de notre côté. C’est la fête en plus, il pleut. Super journée. J’arrive le premier à la maison, content de cette journée, qui aurait pu être catastrophique. Mais un peu sur les nerfs quand même. Duchesse rentre ensuite et m’annonce que Gopal a répondu à notre mail et nous donne cette fois-ci une réponse un peu plus longue que d’habitude. Ah enfin…
Sauf que ce n’est pas trop dans ce sens que je l’attendais… Gopal nous met en garde sur les tests de pigments qui sont trop coûteux et qui rendront de toute façon les briques hors de prix. Il nous conseille d’aller voir du côté du retraitement des eaux utilisées dans l’industrie textile. La fin de son mail nous laisse pantois. Please Think. On ne s’est pas trop comment le prendre. Est-ce juste un conseil ou alors une façon de dire, réfléchissez un peu !!!
Je suis super énervé. Gopal nous avait dit que notre objectif était d’arriver coûte que coûte à des briques colorées. A chque fois, que nous lui avons posé des questions concernant le budget maximal, il nous répondait, on verra après, ce que je veux, c’est que vous arriviez à les obtenir. Ok, notre cahier des charges était fixé, en sachant bien sûr que le moins cher sera le mieux. Nous l’avons déjà prévenu que l’ajout de pigments allait corser la note, mais cela n’etait semble-t-il, pas à l’ordre du jour pour l’instant. Il voulait voir si c’était faisable. Nous étions partis dans cet objectif. Alors quand aujourd’hui, il nous dit que le prix doit être faible vu qu’une brique normale se vend 3 Rps, la goutte a débordé du vase.
A chaque fois, nous lui posons plein de questions par mail, on lui demande ce qu’il en pense des couleurs obtenues, si on continue d’acheter des pigments pour arriver à ce qu’il veut. A chaque fois, pas une réponse précise, à part que l’on peut acheter. Duchesse et moi sommes un peu dégoûtés par cette attitude. On attend des retours sur ce que nous faisons et il n’y a jamais rien. Son cahier des charges à changé mais il ne nous la pas précisé. Les pigments étant trop chers, on arrête tout et on va chercher du côté du textile.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire