Arrivés à Tanjore (ou Tanjavur en Tamoul), la nuit commence seulement à se lever. Dans la gare, c’est l’effervescence, plein de personnes assises par terre à mettre des pubs dans les journaux du matin. Sympa l’ambiance !!! Programme de cette matinée : le Temple de Brihadishvara, le Marata Palace Musuem et le Saravati Mahal Musuem. Beau programme!!!
La visite du Temple de Brihadishvara commence à 6h, nous nous y rendons à pied, on arrivera pile à l’heure d’ouverture. C’est un des édifices les plus impressionnants réalisés sous l’Empire Chola au Xième Siècle. C’est le plus grand empereur de cette dynastie et son temple est à son image. C’est le plus grand d’Inde consacré à Shiva. Il est classé au Patrimoine Mondial de l’Unesco. Le plus impressionnant, c’est que c’est très massif et à la fois très raffiné. Pour vous donner la grandeur, la cour intérieure fait 240mX120m !!! Il y a deux immenses Gopuram à l’entrée. Gopuram signifie en Tamoul « entrée des vaches ». Les décors sont magnifiques, les détails d’une finesse incroyable. C’est vraiment splendide. De plus certaines parties viennent d’être restaurées. Il y a aussi l’immense Nandi, une statue de plusieurs dizaines de mètres carrés taillée directement dans le granit. Les indiens y viennent faire toutes sortes d’offrandes.
Nous nous baladons dans le parc et faisons le tour du propriétaire. Quel dommage que certaines zones du temple aient été laissées à l’abandon, des travaux ont été commencés mais rien n’est fini, des tôles et des sacs de ciment jonchent le sol dans un si bel endroit. De plus, il pleut un peu et que le mauvais temps ne se dissipe pas beaucoup. Nous entrons ensuite à l’intérieur du temple principal, haut de 66m. Les gens viennent s’y recueillir et prier dans une ambiance toujours aussi mystique. C’est assez troublant…
Nous quittons ce lieu magique pour aller ensuite nous restaurer afin de bien continuer la journée. Nous allons dans le petit restaurant recommandé par le Routard. Moi, j’ai très mal au ventre, comme fait exprès, à chaque week-end. Duchesse prend son Dosa matinal et moi je continue mon régime Coca-Bananes. Nous retournons ensuite à la gare pour retirer nos billets pour la semaine prochaine. Deux jours dans le Kerala sont prévus et il faut s’y prendre à l’avance. Déjà 25ième sur liste d’attente, mais ça le fera c’est sûr. 400 (env. 5€) Rps l’aller-retour, c’est encore donné. Petite marche pour aller ensuite au Marata Palace Musuem. Nous arrivons avant 9h, heure d’ouverture. Nous sommes en attente avec un espagnol…
Le musée est installé dans le palais du Maharaja datant du XVième Siècle. L’entrée est à 10 Rps pour les étrangers et 50 Rps de plus pour l’appareil photo. Au final, on s’en tire pour 1 € par personne. Il y a une grande tour, la tour de l’horloge et un patio qui désert les différentes galeries. Un peu comme au Government Musuem de Chennai, plein de statues sont exposées, surtout de Shiva et Parvati. Belle collection, mais beaucoup moins bien mis en valeur qu’à Madras. L’endroit est agréable mais s’il le serait encore plus avec un petit plus d’entretien. C’est le défaut de beaucoup d’endroits touristiques en Inde, la présentation et la tenue des lieux pourraient être améliorées. Nous montons ensuite tout en haut de la tour pour avoir un petit panorama sympa sur la ville.
Une heure plus tard, nous quittons les lieux pour aller ensuite au Sarasvatî Mahal Musuem. Celui-ci est fermé et de toute façon, paraissait le moins intéressant de toute notre visite sur Tanjavur. C’en est donc fini pour cette ville. Nous prenons ensuite deux bus pour aller vers Trichy (ou Tiruchirapally). Encore une heure et quart dans un bus surchauffé, la fatigue commence à se faire sentir. Arrivés là-bas vers midi, je décide d’aller manger quelque chose, du riz pour essayer de faire passer mes troubles intestinaux. Un Biryani plus tard, c’est encore pire. Il n’est vraiment pas super en plus, et ça ne passe pas de toute façon, j’en resterai au Coca pour la journée.
Au programme de cet après-midi, on commence par le Rock Fort. Comme son nom l’indique, c’est un fort construit sur un rocher. Pour y accéder, on doit monter pied nus les 420 marches qui mènent au temple moderne au sommet. Cette balade sportive nous coûtera 2 Rps et 20 Rps pour l’appareil photo. Un prix modique. L’intérêt n’est pas le temple tout en haut mais l’incroyable panorama que l’on a sur la ville une fois l’ascension réalisée. Les marches sont assez bizarres, taillées directement dans la pierre, elles sont toutes penchées. Nous remarquons aussi que les indiens ne sont pas en général des gros sportifs. Beaucoup ont du mal à monter les marches sans s’arrêter plusieurs fois. La vue vaut vraiment le détour. La descente effectuée, nous filons vers Notre Dame de Lourdes (Our Lady of Lourdes Church-St Joseph Collège). Cette église a été fondée par des jésuites vers 1880 et doit normalement ressemblée à celle de Lourdes, vu qu’elle en reprend les plans. Même s’il y a bien quelques ressemblances, cela ne saute non plus aux yeux. Le plus intéressant selon le routard est l’intérieur. Les saints y sont apparemment représentés avec le style indien et il n’y a pas de bancs pour prier. Malheureusement, nous ne pourrons pas y entrer car les heures de messes ne correspondent pas avec les nôtres.
Nous filons donc vers le Tiruvanalkaval Temple. Nous passons dans des zouks avant d’arriver à la véritable entrée. Cela n’a pas l’air génial d’après le Routard. Ca sent le piège à touristes avec des échoppes partout à l’intérieur du temple. Les indiens marient très bien le sacré avec le commerce. La religion est un vrai business. Les gens qui viennent au temple dépensent beaucoup d’argent en fleurs et offrandes pour les dieux. Nous avons beaucoup de mal à nous décider. Un indien parlant un français plus que correct vient nous voir et nous explique qu’on est en fait au Srirangam Temple. Il s’appel Sundar et est guide ici. Il nous expose les choses à faire. OK, et d’après le routard, c’est vraiment pas mal !!! Il y a plein de choses à voir à l’intérieur. C’est parti dans un premier temps pour les 10 Rps pour monter au sommet du temple et avoir un bon panorama et 50 Rps pour les photos. Sundar nous a suivi en nous propose une visite commentée en français pour 225 Rps. On hésite un peu, mais n’allons ensuite pas du tout le regretter. C’est Ok. Il nous emmène dans les divers endroits et nous explique les significations des statues. Il faut savoir que ce temple a été commencé au 10ième Siècle et ne s’est terminé au XXième !!! Le sanctuaire au centre est la partie la plus ancienne. Les non hindous ne peuvent pas y rentrer. Il y renferme un Vishnou allongé de 6.40m et une coupelle d’or de 80 kilos. C’est le but principal de ce pèlerinage pour les hindous.
Il y a au total 3 entrées (Sud, Nord, et Est), sept enceintes imbriquées les unes dans les autres et 21 Gopuram. Le plus haut et le plus récent mesure 73m. Il avait été commencé, mais jamais fini, car les personnes vivant à cette époque avaient changé d’endroit. De grandes multinationales indiennes ou producteurs de cinéma ont donné de l’argent pour le finir, chacun a donné pour un étage. C’est celui qui est le plus coloré mais aussi celui qui a le moins de style.
Cette visite est très intéressante car Sundar nous explique des choses que nous n’aurions jamais comprises. Il nous montre par exemple les réincarnations de Vishnou, ou alors pourquoi les femmes laissent des offrandes devant la statue de Parvati. Elles viennent devant elle pour lui demander de leur trouver un bon mari et surtout une dote la moins élevée pour leur famille. Il y a aussi plein d’enfants au crâne rasé. On suppose quelque chose mais bon. En fait, les hindous qui ont du mal à avoir des enfants viennent priés Vishnou, le dieu de la reconstruction et de la pureté (le blanc), de la prospérité (le rouge) et de la fertilité (le vert). Ils lui font la promesse de ramener les cheveux de leur enfant en cas de fécondité comme cadeau de remerciement. Les enfants sont alors rasés et ensuite bénis avec une terre ocre censée les protéger toute leur vie. C’est un véritable honneur de les prendre en photo. Les familles en sont très fières. C’est assez compliqué d’expliquer tout ça car la religion hindoue est très spéciale et bourrée de philosophie. C’est vraiment quelque chose à vivre, cela se ressent seulement quand vous êtes dans ces lieux.
Nous allons ensuite devant la porte du paradis. Cette porte n’est ouverte que dix jours par an, et les gens viennent nombreux lors de son ouverture. Tout le reste de l’année, étant fermée, il y a un subterfuge pour pouvoir goûter un peu au paradis. A quelques mètres de cette porte, dans un couloir, une petite manip est installée. Vous mettez vos deux pieds joints, plus les doigts de votre main droite dans des trous au sol et vous essayez en vous penchant vers la gauche s’en toucher le pilier d’apercevoir un petit bout de la porte du paradis. Loin d’être évident pour un grand et encore plus dur pour un petit, j’ai quand même réussi à voir 10 cm de la porte. C’est bon, j’y ai droit !!!
La visite se termine avec une photo souvenir avec Sundar, notre guide super cool. Nous avons appris plein de choses et c’était vrai intéressant et didactique. L’heure de visite est vraiment passée très vite.
Il nous reste encore un monument à faire, le vrai Tiruvanalkaval Temple. Pour y aller il faut encore prendre deux bus et marcher. Le premier trajet effectué, nous demandons à quelqu’un où se situe l’arrêt de bus suivant. L’homme nous invite à monter et nous dit qu’il nous emmène directement devant. Super cool. Mais sans le savoir, nous sommes montés en fait dans une voiture auto-école !!! Un grand-père apprend à conduire et c’est plus que Folklorique. Un moment exceptionnel avec ces calages et sa non maîtrise du véhicule. On en aura vécu des sacrés moments en Inde !!! Arrivés quand même à bon port sans rien de cassé, nous visitons ce temple qui est vraiment intéressant que par la beauté de ces Gopuram et de l’éléphant qui vous bénit à l’entrée (contre de l’argent bien sûr !!!).
Il est 17h30.Nous sommes crevés. HS total. Nous avons fait que de courir sous ce soleil de plomb, mais le principal, c’est que nous avons réussi à faire toutes les choses que nous voulions. Nous retournons en bus à la gare pour savoir si nos billets sont disponibles. C’est encore OK. Nickel, il nous reste plus qu’à attendre le train qui part à 20h40. Nous allons nous poser dans un bar pour déguster un jus d’ananas. Duchesse s’énerve car elle pense que c’est un milkshake, mais non, c’est juste un gros velouté. Dommage, nous sommes passés pour des touristes plus que chiants. C’est la fatigue aussi, on est beaucoup moins patients.
On attend ensuite à la gare pendant deux bonnes heures. On se renseigne sur la plateforme et l’emplacement des wagons, on lit nos bouquins tranquillement. J’essaye de faire passer mon mal de ventre exécrable. Les 1.5L de Coca, n’ont pas forcément fait tout leur effet. Le train arrive finalement. On se dit qu’on va pouvoir se reposer. Et bien non !!! Problème de place. En effet, j’ai été surclassé mais nous souhaitons restés ensemble car nous n’avons qu’un seul papier. Et là c’est la guerre, les indiens se mettent à des numéros de place qui les arrangent, disent que les places ont changées. Nous, ce que l’on veut, c’est juste être assis ou allongés. Ils nous font remarquer que je ne suis pas dans le bon wagon, mais quand même, on a droit à une place ici. Allez faire comprendre à des indiens qu’ils prennent quatre places alors qu’ils ne sont que trois, et donc qu’il y a une place de libre, c’est très compliqué. Nous ne devons pas avoir la même logique…En plus, il ya plein de couchettes de libres comme à l’aller, mais les gens ne veulent pas que nous les prenions. Et si elle est prise plus tard, nous répondent-ils. Et bien on bougera dans une autre, vu qu’il y en a plein de disponibles. La fraternité n’est pas leur fort pour ce qui est de partager un banc. Duchesse prend une couchette qui lui revient de droit et je me pose où je peux le temps que la situation se décante. Tout le monde va progressivement se coucher. Je me mets dans l’une des nombreuses couchettes libres et c’est bon. Le contrôleur qui passe ne nous demande même pas nos billets. Il y avait de quoi faire tout ce remue-ménage…
Nous arrivons sur Salem vers 1h30. Un petit RickShaw plus tard, nous sommes enfin à la maison. Tellement claqués que nous n’avons même pas le courage de prendre une douche malgré notre état déplorable avant de nous coucher. Demain réveil à 8h30, cela risque d’être très dur.
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