mercredi 30 juillet 2008

30/07/08

Lever comme d’habitude vers 8h30. Je dors de mieux en mieux, c’est vraiment plaisant, mais je retrouverais ce soir le tapis de sol. Cela risque d’être moins gai. On déjeune en vitesse. Je prends ma ration de riz pour bien me caler et c’est parti.

Annamalai devait venir hier soir pour chercher des papiers, mais on l’a attendu un moment…Il n’est pas venu. On devait planifier le rendez-vous pour demain pour l’Engeenering School of Salem, mais bon. Comme il n’y a pas d’électricité à la factory de la journée, il ne pourra pas nous dire qu’il est absolument pris. On file à la factory en bus comme tous les matins. On y arrive vers 10h30. Cool, il est là, on ne s’est pas fait avoir. Avec lui, on ne sait jamais.

On lui parle donc de ce fameux rendez-vous. Il est Ok. Super. Avant il préfère rappeler Gopal pour bien refinaliser les objectifs. Et là, c’est la fin. Il n’est que 11h mes amis, c’est bien triste. Gopal a en fait changé d’avis. Il nous a encore fait une belle, celui-là. Il commence aussi à les accumuler. Lorsque nous avons passé quelques jours à Chennai, il nous avait rappelé avant de partir qu’il voulait nous montrer des tests de dureté ici même. On l’avait attendu presque que toute la matinée, mais au final, il nous avait dit que cela ne pouvait pas être possible tout de suite. Il nous avait alors demander d’aller dans une école d’ingénieur de Salem pour faire des tests sur nos briques. Il avait même rajouté qu’il fallait y aller avec Annamalai. Nous en avions parlé plusieurs fois avec le manager de Salem, et l’affaire semblait être conclue. Et bien non. Finalement il veut que nous les fassions avec lui sur Madras. C'est-à-dire dans un petit moment car il est sur Calcutta pendant presque deux semaines. En plus, cela va être super pratique de ramener les briques par le train ou le bus. Il en a des bonnes sérieusement. Avec le nombre de briques que l’on a produites et que l’on voulait tester, cela aurait été amplement plus simple de faire cela sur Salem. On aurait en plus prendre bien notre temps et faire vraiment de bons tests. Avec son programme, on va juste pouvoir ramener un exemplaire de chaque composition, c'est-à-dire, pour l’instant 9. Mais à environ 4 kilos la brique, on va bien rigoler à les transporter !!! Ca va faire presque 40 kilos à envelopper plus nos valises et nos PC.

En plus, un seul test n’est vraiment pas représentatif de la production, on voulait le faire sur toutes nos briques et obtenir alors une moyenne. Là, si un résultat est faux ou si un test plante, nous ne pourrons pas le savoir et ce sera le bilan final. De plus, ils ont des problèmes avec leurs briques qui s’effritent pendant le transport, alors là 8 heures, ça risque plus que de les détériorer…

Pour ne pas faire juste un aller-retour, je continue à questionner Annamalai sur les différentes compositions testées et les concurrents. En réécrivant ses notes sur mon carnet et remettre tout cela ce soir sur ordinateur pour me faire une base de données, je me rends compte qu’il y a des multiples erreurs. Parfois, c’est sur des quantités, rien qu’à l’œil nu, c’est flagrant. Il me change les chiffres, me rajoute une centaine de kilos par ici, une dose par là. Je lui dis de revoir ça complètement et de me redire cela demain. Ca ne sert à rien d’inventer des quantités ou autres débilités pour me faire plaisir. De toute façon, je revérifierais à la maison. Avec Excel, cela va vite.

On discute ensuite de tout et de rien. Il me pose des questions sur l’éducation en Inde. Je lui explique qu’en France, cela est obligatoire jusqu’à 16 ans. Il a du mal à comprendre, c’est normal, quand vous voyez le nombre d’enfants travaillant très tôt dans les commerces. Il me parle ensuite de leur système politique. Il m’explique que leur premier ministre est un très grand gentleman qui vient du peuple et a fait de grandes études en Angleterre pour revenir en Inde ensuite. Il a apparemment mis un point d’orgue à développer l’enseignement supérieur en Inde. Il a fait construire 33 universités dans tout le pays en quelques années et 6 dans le Tamil Nadu.

Nous parlons ensuite du niveau de vie et me dit que je suis très riche. Je lui réponds qu’honnêtement, en Inde, je suis très riche, mais loin d’être un nabab en France. Je lui explique le fort différenciel entre nos deux pays. On gagne peut-être beaucoup plus d’argent mais nous n’avons pas le même niveau de vie et la vie quotidienne est bien plus onéreuse. Mais c’est vrai que nous sommes plus riches. Ici, les gens ne gagnent pas beaucoup d’argent, et les paysans vivent avec moins de 100 Rps par jour (1.50 €). Ce n’est juste pas comparable…

Vu que nous n’avons rien à faire, je me dis qu’on pourrait aller au cinéma cet après-midi. On demande à Annamalai où il est situé sur Salem. Il nous déconseille fortement d’y aller avec les attentats en ce moment dans tout le pays. Les indiens sont très méfiants en ce moment et évitent les endroits où il y a foule mais à Salem, on a du mal à le croire. Il me rappelle les risques avec les islamistes qui sèment des bombes dans tout le pays en ce moment. Il y a eu 9 bombes en uen journée la semaine dernière à Bangalore, à 300 kilomètres d’ici…Ils sont vraiment contre les islamistes, pas contre les musulmans. Il me raconte que ce sont les extrémistes du Pakistan, du Bangladesh ou d’Afghanistan, qui sèment la terreur en Inde. Une vielle guerre de religion encore. Mais il rajoute des les musulmans d’Inde vivent très biens avec les Hindous, il y en a même à Erumapalayam et que les deux communautés se respectent mutuellement. Ok, on va pas prendre de risques, nous n’irons pas au cinéma…

Nous filons ensuite à l’Internet Café pour une petite heure. J’ai plus de temps que d’habitude, j’en profite pour parler sur MSN avec ma Chérie. On rentre ensuite à la maison. Il est 15h30. Je remets à jour mes fichiers Excel et je recopie les compositions qu’Annamalai m’a données ce matin. Il y a vraiment du boulot. Il s’est trompé à de multiples reprises. Une composition, qui selon lui n’était pas compétitive, se révèle en fin de compte très intéressante. J’arrive à retrouver ses erreurs, ce sont à chaque fois sur les prix au kilo ou les quantités. La dernière composition qu’ils ont faite hier n’est pas du tout rentable. Mais Annamalai a une logique bizarre, il essaye une composition, mais ne calcule pas si elle est économiquement viable. Pour cet essai, les résultats sur la brique sont concluants mais pas au niveau du prix. S’il avait fait cette simple estimation avant, il aurait moins perdu de temps, vu que le prix est prépondérant. J’aurais toujours du mal à m’y faire…

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