lundi 30 juin 2008

30/06/08

Lever 9h, nous nous réveillons un peu crevés. Rien au programme pour ce matin. Gopal, Annamalai et Raja vont à la Factory mais n’ont pas besoin de nous. On reste donc à la maison, et cet après-midi, Duchesse va aller acheter des vêtements corrects pour le pays avec la voisine d’en face, qui étudie le français depuis 16 ans.

Nous nous faisons un petit repas, enfin, nous essayons. Des carottes, un concombre et du riz trop cuit dans le cuiseur vapeur.

Vers 14h, la fille de la femme que nous avions rencontrée ce matin vient à la maison. Elle s’appelle Mathu, elle a 19 ans et est en première année d’école d’ingénieur en bio-technologies. C’est une indienne occidentalisée. Elle porte le Jean’s et le chemisier, est maquillée et coiffée. Et sans mentir, elle a beaucoup de charme. Super joyeuse et ouverte, le dialogue est facile.

Direction le magasin de vêtements. C’est un immense store avec des fringues partout, il y en a pour tous les goûts, le paradis pour les filles et mecs qui adorent le shopping. Ici, c’est plus simple qu’en France, tu dis le prix que tu veux mettre pour ton vêtement et la vendeuse te propose alors des choix, mais des choix. Duchesse lui a fait sortir une quinzaine sans problèmes. Elle était partie pour d’autres. Pendant que Duchesse essaye, je prends des photos et je deviens l’attraction du magasin. Les vendeuses indiennes sont gênées et ne veulent pas être sur la photo. Une fois la première prise, je leur montre sur l’écran et là c’est la déferlante, je finis avec 10 vendeuses derrière le comptoir. Elles veulent toutes être sur la photo maintenant. On me suit partout, elles rigolent comme des gamines toutes timides, c’est une sensation bizarre d’impressionner tant de monde. Moi je suis super gêné et ne sait pas trop quoi faire. Un vendeur m’interpelle, me demande mon nom, je lui réponds mais il ne comprend pas mon anglais exécrable. Tout de suite, il se recule et fais le signe d’excuse indien. Ne comprenant pas, je demande à Mathu qui m’explique qu’il s’excusait car il ne me comprenait pas. Super gêné bis, je ne vais plus rien dire, ça sera plus simple…
Duchesse continue ses achats avec Mathu, elle achète deux ensembles complets sublimement brodés et deux tops. Tarif à la caisse : 750 Rps (15 €). En Inde, vous pouvez choisir si vous voulez avoir des manches ou bien les épaules dénudées, ça ne coûte pas plus cher. Les retouches sont aussi gratuites et tout cela réalisé en 20 minutes chrono. Qui dit mieux. Le plus hallucinant, c’est la quantité de modèles disponibles. Par exemple, pour les Jean’s, vous avez le choix : il y en a plus de cents différents. Vous voulez être unique, allez en Inde.

Nous revenons à la maison après deux heures de shopping tranquille. Notre journée semble terminée, on aura encore beaucoup travaillé aujourd’hui. Mathu nous dit « Au revoir » avec quelques hésitations mais avec beaucoup de volonté. Elle compte nous inviter chez elle, pour que l’on mange de la nourriture indienne préparée par sa mère. Génial !!!

dimanche 29 juin 2008

29/06/08

Réveil vers 7h30, on ne veut pas passer pour des glandus. Nous n’avons toujours pas mangé, nous mangeons quelques fruits car nous ne savons pas si Gopal a pris son petit-déjeuner. Nous attendons et lisons le journal. Gopal doit aller voir des nouveaux terrains pour construire une nouvelle factory. En route pour 60 kilomètres dans la campagne. Nous partons vers 10h, avant d’aller au village, nous passons en ville pour que Gopal envoie un mail et s’achète des chaussures. Ce qui devait durer une demi-heure dure 1 h30. Le quart d’heure mayennais plus angevin est largement dépassé. Mais on s’habitue, cool, relax.

C’est parti pour la campagne, avec ces paysages à couper le souffle. Des montagnes et des palmiers partout. C’est le bonheur, en plus aujourd’hui, il ne fait pas chaud, il ne fait que 25° C, c’est idéal pour rouler. Nous passons dans des villages très pauvres, où il n’y a pas l’électricité et où les maisons sont en chaux et terre avec toits en feuilles de bananiers séchées. Nous rencontrons ensuite des singes dans les forêts de bambous. Nous voyons aussi des vaches et bufflonnes errantes sur la route, des étalages de poulets et de viande, avec plein de mouches autour dans les villages. C’est effervescence. Dimanche, c’est marché et les habitants de six villages se réunissent pour vendre leurs produits récoltés dans la semaine. Il y en a partout. Des motos, des camions, la routine en somme. Ce qui est incroyable, c’est comme le dit Gopal : Plus les gens sont pauvres, plus ils sont souriants. Nous croisons aussi des célébrations représentant la venue des dieux dans les villages pour les protéger.


Une chose nous impressionne particulièrement. Même dans les contrées les plus éloignées et pauvres, presque toutes les familles ont un téléphone portable. Les indiens sont fous de portable. La minute ne coûte aussi qu’une roupie (2 Cts €). On dirait qu’il leur suffit d’avoir un portable et une moto pour être heureux, car les indiens adorent aussi rouler et rouler encore. On voit des familles entières sur des motos. Le père conduit, un enfant sur la selle centrale, un autre et sa mère sur le porte bagage, ça vaut le détour. Ou bien alors des transports de marchandises gigantesques, genre des tubes de 4 mètres de long, 50 poulets ou 30 bassines. C’est fou…


Nous arrivons enfin sur les terres que Gopal souhaite prospecter. Ces sont des immenses champs où pour nous, français, on se demanderait ce que l’on peut faire dessus. Mais Gopal a toujours une longueur d’avance. En effet, ces terres se trouvent sur la dernière route Salem-Bangalore. Donc une route stratégique. Gopal pense donc construire une nouvelle chemical factory, transférer la fabrique de briques. Mais aussi acheter des immenses terres, qu’il revendra plus tard à prix d’or. Il croit qu’en s’installant ici, il va faire un appel d’air, donc que d’autres entreprises vont le suivre dans cette démarche sur cet axe stratégique. Très fort et surement vrai…De plus, les gens étant très pauvres, la main d’œuvre sera bon marché.

Retour à Salem à la brick factory. Il est 15h30. Raja nous emmène dans un petit resto tout sympa. Au programme, des nouilles chinoises avec des légumes, un régal... pour 90 Rps (1.50 €) pour deux personnes. Enfin, Duchesse reprend du poil de la bête, je l’aperçois de nouveau !!! Nous retournons de nouveau à la factory. On glande en attendant que Gopal règle ses affaires. Nous lui posons des questions sur la visite des terres de ce matin. Il nous explique que le prix qu’on lui a proposé est trois fois supérieur à celui prévu, car nous étions présents, et donc les villageois pensaient que nous étions de riches investisseurs !!! Gopal leur a expliqué notre situation mais ils ne l’ont pas crû. Cette couleur blanche a beaucoup de désavantages pour le business en Inde… Les indiens, de sacrés roublards. Ce n’est pas grave, il renégociera plus tard. Gopal n’est pas pressé. Et Gopal est très malin, il nous explique sa technique, pour passer pour un petit investisseur. Pour ne pas se faire repérer, il construit des factory en peu partout au lieu d’un seul grand terrain. Ensuite, il ne roule pas en super voiture, s’habille très simple et ne va pas dîner dans de luxueux restaurants. Trop balèze… En plus, il a l’embarras du choix pour les terrains, donc peut négocier les prix comme il veut. C’est un vrai business man. Il se dit lui-même money maker man même si pour l’instant il en dépense beaucoup mais il est sûr de ses coups.

Nous accompagnons ensuite Gopal dans un restaurant (type Mac Do avec nourriture indienne) car il n’a toujours pas mangé. Il nous annonce une super nouvelle. Gopal nous emmène au cinéma ce soir. On voulait y aller un jour, car le cinéma est un phénomène culturel ici. Les indiens sont fans de films à l’eau de rose et Co. On verra cela ce soir. Il est alors 19h30. Nous rentrons à la maison pour nous reposer.


Ca y est, nous sommes de retour du cinéma et c’était énorme. Nous nous sommes arrêtés sur le parcours pour déguster un jus de mangue fraîchement pressé, c’était délicieux. Un pur jus laiteux à boire à la paille, pour 10 Rps seulement (20 Cts €). Ensuite, une barre de cacahuètes grillées et caramélisées, avec un goût de Snickers et qui colle aux dents. Trop bien pour commencer cette soirée. Arrivés devant le cinéma, c’est un immense bâtiment très récent, qui est vraiment superbe. Gopal veut absolument rentrer dans le parking des VIP et nous nous faisons encore une fois remarquer. Nous sommes très gênés car le parking était plein, Raja ne pouvait pas rentrer, Gopal s’énervait et lui a dit de forcer. Sympa devant plus de 300 personnes qui attendent dans la rue pour rentrer au cinéma. Gopal a peur de notre sécurité mais est aussi très fier de nous montrer. Ce n’est pas tous les jours que deux blancs viennent à Salem.

Dans le cinéma, c’est la folie, la salle est immense, elle peut contenir 750 personnes. L’écran est 16/9 (dimensions en mètres) et le son super fort. Nous avons les meilleures places, nous sommes au balcon. Raja est avec nous et nous sommes super content, car il le mérite bien. Nous sommes dimanche et il n’a pas pu voir sa famille et il a conduit toute la journée.

Débutent alors les publicités et les messages humoristiques pour interdire le portable et la cigarette dans le cinéma. Le film commence. Il est 22h30. Nous assistons à un blockbuster indien avec La star en Inde (genre Bruce Willis et Jet Lee, mais en style local). Il s’agit d’un scientifique qui tente d’empêcher un ancien américain de la CIA de dérober une bombe bio chimique, qui va bien sûr détruire le monde... On part des USA pour finir en Inde. L’action se passe en décembre 2004, date du Tsunami en Inde. Pendant le film, il y a des combats et des effets spéciaux à mourir de rire, parfois ça sent le décor en carton mâché. Il y a bien sûr plein de chansons et de danses indiennes tout au long et parfois de vrais moments comiques. Il y a aussi toujours des références à la religion, avec les dieux Shiva, dieu de la destruction et Vishnou, dieu de la création.

Ce qui est nouveau par rapport à la France, c’est que les indiens sont un public super. Ca siffle, ça rit aux éclats et ça applaudit, c’est une autre ambiance !!! Autre remarque, les américains (occidentaux en général) sont pour les indiens, très blancs, genre, cachet d’aspirine passé à l’eau de Javel. Les films indiens durant en général trois heures, une pause au milieu est de mise, permettant aux personnes d’aller aux toilettes ou d’aller fumer. Le film se termine bien évidemment, même si l’agent de la CIA avale la bombe et provoque le Tsunami. Vu que la religion et l’histoire du film sont liées, le fait d’avoir le Tsunami est l’acte de Shiva pour les indiens, mais Vishnou est venu s’y opposer, a retiré l’eau et sauvé le maximum de gens. C’est un peu compliqué à expliquer car tout est emmêlé. La vie quotidienne des Indiens et les phénomènes qui surviennent ne sont régulés que par les actes des dieux, cherchant indéfiniment un équilibre entre le bien et le mal.

Après trois heures de film, nous rentrons nous coucher. Il est plus de deux heures du matin, on a fait une très grosse journée mais quelle journée !!!

samedi 28 juin 2008

28/06/08

Rien de prévu pour ce matin, Annamalai vient nous chercher vers 13h pour déjeuner. Donc gros dodo, car l’inde fatigue beaucoup, entre la chaleur, le bruit constant et la foule, on est vite crevé. Je pense aussi que le manque de sommeil avec le train plus la fin d’adaptation y sont pour quelques choses. Duchesse, en grande marmotte, n’est toujours pas levée.

Finalement, Annamalai arrive à 3h 30 car un employé de la factory a eu une grosse fièvre et a du être emmené à l’hôpital. En plus, la factory recevait l’approvisionnement en ciment, et le chauffeur avait du retard. En attendant, nous avions préparé le dossier pour Gopal, avec toutes les informations que nous avions récolté la veille. Mais la journée était bien entamée. Nous sommes allés finalement à une autre Internet Coffee et celui-ci était vraiment pitoyable. En deux heures, j’ai pu ouvrir seulement quatre pages internet, alors leur débit de 400 Mbits, merci l’arnaque. La prochaine fois, nous retournerons au précèdent. Finalement, nous n’avons payé que 30 Rps (60 Cts €) pour quatre heures au lieu de 60 Rps. Mais bien déçus quand même car nous n’avons pas pu faire des recherches complémentaires pour Gopal.

Nous attendons Gopal, pour manger. Il arrive avec Raja, le fidèle chauffeur vers 21h30. Nous discutons pendant une demi-heure. Gopal répond à nos questions concernant les couleurs qu’il souhaiterait. Ce sera des couleurs foncées (Noir, Gris et Bleu). Il voudrait aussi un vert spécifique. En effet, pour avoir le marché des musulmans, il souhaiterait que l’on obtienne le vert utilisé pour cette religion. De plus, nos tests devront être effectués à la Factory sur un cycle complet et non juste sur quelques briques. Gopal nous explique aussi que nous ne prendrons pas la voiture car cela est trop dangereux et si nous avons un accident, nous serions très très mal. Et la sécurité est très importante pour Gopal car les violences envers les étrangers ont beaucoup augmentées (kidnapping, viols,…), même si cela reste encore marginal. Il nous payera donc un chauffeur à plein temps (50 € par mois, 2 500 Rps, c’est énorme en Inde). Duchesse devra aussi changer de vêtements car elle est trop provocante car la pudeur est de rigueur. Elle se balade en débardeur aussi, les indiens sont pas habitués…

Gopal nous demande ensuite d’aller nous coucher. Nous ne mangerons pas ce soir, ce n’est pas grave vue l’activité phénoménale de notre journée. Duchesse est bien partie pour son régime. Bientôt, elle pourra se cacher derrière un arbre !! Il est 22h, on n’est pas habitué à se coucher si tôt, mais demain, on ne se lèvera pas à 10h non plus.

27/06/08

C’est un grand jour qui s’annonce. Rendez-vous à 10 h pour aller à la factory de Salem. Annamalai arrive avec 30 minutes de retard, c’est pas mal. Nous allons faire une nouvelle expérience, nous allons prendre le bus. Le bus est le moyen le plus économique pour se déplacer en Inde avec le train. C’est seulement 3 Rps par Ticket (7 Cts €). L’ambiance y est magnifique et kitch à souhait. Les indiens décorent leurs cars, il y a plein de représentations des dieux, censés les protéger, avec plein de trucs qui clignotent et des guirlandes de fleurs partout. Pour le reste, musique indienne à fond dans les oreilles et films sur DVD (ils sont sur équipés !!!), les contrôleurs qui font que de crier et de siffler sur les nouveaux entrants et bien sûr les coups de klaxons perpétuels. L’avant est réservé aux femmes et l’arrière aux hommes. En Inde, il est impossible de frauder dans les transports, il y a toujours un contrôleur, et vous risquez une forte amende si vous n’avez pas leur ticket. C’est incroyable comment ils repèrent qui vient de monter dans le bus. Pas la peine de jouer, vous êtes sûrs de perdre. Les indiens le savent bien car ils tendent leur monnaie tout de suite.

Pour aller à la factory, nous devons prendre deux bus, le premier s’arrête dans la zone centrale de Salem et après le suivant nous emmène dans la campagne. Le second est un minibus et heureusement quand on voit dans les ruelles qu’il doit traverser. Les conducteurs sont des vrais pilotes car ils arrivent à faire passer deux véhicules alors qu’il n’y a qu’une seule voie. Impressionnant. Nous croisons aussi des vaches tractant un plateau, se mélangeant ainsi à la circulation.

Arrivés dans la campagne profonde, nous faisons un kilomètre pour arriver à la factory. L’endroit est sublime, nous sommes entourés de montagnes et de palmiers, le pied. La factory est assez grande, c’est un grand enclos délimité par des briques (tiens tiens…) avec une sorte de stabulation complètement ouverte au milieu, c’est là que sont fabriquées les briques. Nous rencontrons les quatre ouvriers, trois hommes et une femme, assez jeunes. Assis sous un arbre, Annamalai nous présente tranquillement les feuilles de production avec les cinq composants nécessaires pour la réalisation des briques ainsi que les quantités. Il nous explique aussi que seule la femme parle tamoul car les trois hommes viennent du Bengale, à plus de 2000 kilomètres d’ici. Certains connaissent quelques mots d’anglais car ils sont allés au lycée, donc on s’arrangera…

Les employés mettent en place le process et nous assistons à la réalisation des cents briques. La production quotidienne est d’environ 10 000 briques de 3.2 kilos. Il y a 4 chargements de 320 kilos par heure. C’est un système vraiment simpliste. Une fois le mélange des 5 composants effectué, un tapis roulant amène la matière sur une autre machine qui compresse et forme les briques, deux personnes sont à la sortie et récupèrent les briques pour les mettre sur une plaque. Une fois réalisées, les briques restent à l’ombre pendant deux jours, puis après sont mises au soleil mais arrosées deux fois par jour (matin et soir) pour éviter des trop gros chocs thermiques qui pourraient les fissurer.

A midi, Annamalai nous emmène dans un restaurant non végétarien, nous goûtons alors à une nouvelle sauce avec le riz. Cette fois-ci, il y a un œuf à manger, mais nous lui expliquons que cela peut être dangereux pour notre santé, donc que nous ne le mangerons pas. Ce repas délicieux nous coûtera 55 Rps (1 €). Le patron me sert la main fièrement en partant, content que sa nourriture ait plu à des occidentaux.


L’après midi, nous avons passé deux heures dans un cyber café pour commencer nos recherches sur la coloration des briques. Pas facile de trouver de bonnes informations sur le sujet. Nous mettons tout ce que nous pouvons sur clé USB et nous regarderons cela de plus près à la maison. Ces 2 heures d’Internet nous ont coûtées 25 Rps (50 Cts €), vraiment pas cher et avec une bonne connexion. Nous rentrons à la maison vers 6 heures. Au retour, c’est la sortie des classes, les bus sont blindés de monde et il est très difficile de sortir, vous êtes obligés de pousser légèrement les gens et de leur marcher sur les pieds.


Encore une journée très enrichissante pour nous, où nous avons découvert plein de choses. Les échanges avec Annamalai deviennent plus simples, nous nous comprenons mieux mutuellement maintenant et nous pouvons avoir de vraies discussions. Il nous a par exemple expliqué la journée type d’un Indien. Ils se lèvent en général, vers 5 heures du matin, prennent leur petit déjeuner, lisent le journal, vont voir leurs amis puis vont travailler. Ils commencent vers 9 heures jusqu’à 13 h, une petite pause d’une heure pour manger, et après rebelote de 2 à 6 heures. Ils vont ensuite revoir leurs amis pour discuter (les indiens adorent être ensemble dehors), travaillent jusqu’à 21h, regardent ensuite la télévision, et se couchent vers 22h. Il nous a raconté son vrai travail ici à Salem. Il s’occupe de toute la gestion des stocks et livraisons, vient vérifier que les employés sont bien au travail et informer Gopal chaque jour sur l’avancement de la production.


Il nous explique aussi pourquoi sur le devant des maisons, il y a toujours des symboles de dessiné. Ce sont les femmes qui chaque jour, après avoir nettoyé leur maison et leur devant de porte, dessinent à la craie un symbole religieux censé protéger leur maison et éloigner le malheur. Ces dessins peuvent être très simples comme très compliqués et colorés.

Nous avons reçu un appel de Gopal qui nous dit qu’il vient demain soir avec une voiture qu’il nous laissera. Nous irons donc en voiture à la factory, une nouvelle découverte nous attend, circuler soit même dans Salem ne va pas être chose facile et avec volant à droite…

jeudi 26 juin 2008

26/06/08

Dure journée en perspective. Lever 5 heures du matin pour aller prendre le train à la gare de Chennai, direction Salem. La gare est bondée à 6h du matin, c’est fou le monde, il y en a partout, à n’importe quelle heure, l’activité n’arrête jamais. ..Il y a 10 voies de circulation. Sur les quais, des gens qui dorment par terre, des chiens errants. Il y a aussi des bonnes odeurs d’épices, mais aussi de pisse qui se mélangent, rendant ainsi l’endroit spécial. Nous montons dans le train, tout le monde nous regarde, nous sommes une attraction. Le train démarre et c’est parti pour cinq heures. Les paysages défilent, mais on n’a le temps de regarder puisque ça n’avance pas très vite, inférieur à un RER. On plonge dans la vraie campagne avec ces petites maisons avec toits en paille, ces bœufs en pâturage… Dans le train, c’est l’effervescence. Plein d’indiens vendent continuellement de la nourriture, du café, des livrets. Pendant tous le trajet, on peut entendre Coffee, Tea, Dosa, Marsala, les gens mangent tout le temps, c’est incroyable.

Nous discutons avec un indien, et celui-ci est allé en France quand il avait 12 ans. Le monde est petit en fin de compte. Il nous raconte ses souvenirs de Paris, de Lourdes et du Mont St Michel, c’est trop cool. Nous voyons aussi pour la première fois les Intouchables, les gens qui n’ont pas de castes et doivent mendier pour survivre. Ces personnes sont bien souvent amputées des deux jambes et viennent vous toucher le genou pour avoir quelques roupies. Cela fait pitié, mais il faut mieux rien leur donner malheureusement, c’est ça aussi l’Inde.

Arrivés à Salem avec Duchesse, nous retrouvons Annamalai, le gardien de la maison à Salem, qui nous attend avec un porteur de bagages. C’est très dur de voir quelqu’un porter vos bagages sur la tête et de le suivre dans toute la gare, passer entre les gens alors que vous êtes blancs. Avec Duchesse, nous sommes très gênés, mais c’est comme ça ici. On a l’air de riches blancs dominateurs, alors qu’on a une seule envie, se fondre dans la masse, dur dur.

Pour aller à la maison, nous faisons une nouvelle expérience que nous attendions depuis longtemps. Nous avons pris un Rickshaw, une petite voiture à trois roues qui se faufile dans le traffic, ça n’avance pas bien vite, mais les conducteurs se font plaisir et c’est vraiment sympa. Pour quelques kilomètres et trois personnes, comptez 105 Roupies (2€ environ). Les conducteurs prennent plus cher quand ce sont des étrangers qui montent et ils sont coriaces en affaires.


Arrivés à la maison, encore dans un quartier tranquille, nous entrons dans une grande maison, avec bureau, cuisine, salle à manger, salle de bains et un petit coin pour les dieux. Une très belle maison…Nous allons ensuite manger dans un restaurant 100% végétarien dans une petite ruelle. La nourriture est très bonne et en quantité, servie sur une feuille de bananier, on n’arrive pas à finir alors qu’on n’avait rien dans le ventre. La tradition veut qu’en partant, on referme la feuille de bananier vers nous pour dire que le repas était excellent. Le contraire est signe de non satisfaction.

Ensuite, nous allons dans un PhoneStore pour essayer de résoudre nos problèmes de téléphone, car nous sommes injoignables pour Gopal. Nos cartes Sim ne marchent pas. Nous le lui expliquons et le vendeur essaye de nous vendre un nouveau portable. Il n’y connaît rien du tout, nous dit qu’ils sont trop vieux, alors que celui de Duchesse a un an. Ah le business indien, ils n’en manquent pas une lorsqu’ils peuvent arnaquer les étrangers. Mon portable se met subitement à marcher, on coupe cours à la conversation et l’on retourne à la maison en Rickshaw. On s’installe et l’on se met à travailler. Problème, pas Internet à la maison, on peut rien faire jusqu’à 6 heures, le temps que Annamalai revienne nous chercher.

Annamalai revient finalement à 7h30, la ponctualité n’étant pas leur fort apparemment. Nous allons en Rickshaw faire les courses. Sur le chemin, nous croisons un éléphant en pleine ville avec un Indien dessus, irréel mais tellement bon. Dans le magasin 100% végétarien, on trouve toutes sortes de fruits et légumes. Nous faisons le plein sans regarder les prix pour quelques jours (ananas, orange, tomate, melon, papaye, etc …). Arrivés à la caisse, nous en avons pour 400 Roupies (environ 8 €).Cela peut paraître faible, mais en Inde, c’est très élevé. En regardant notre ticket de caisse, on s’aperçoit que les pommes coûtent horriblement chères comme les oranges (100 Rps le kilo).Par comparaison, le prix moyen tourne autour de 25 Rps. De plus, la brique de Tropicana nous a coûté aussi 70 Rps alors qu’une bouteille d’eau 13 Rps. On fera plus attention la prochaine fois.


Ensuite, Annamalai veut nous emmener dans un restaurant mais voyant que nous étions près à dépenser beaucoup d’argent, il nous emmène dans un superbe restaurant avec groom à l’entrée, salle en marbre et salons privés. Etant très mal à l’aise dans ce genre d’endroit, nous retournons finalement à la maison. Au repas, du soir, un ananas frais, quelques bananes et les sandwichs préparé par Sherada Gopal. Il n’y a pas de couteaux à la maison, mais Duchesse, avec son savoir faire exceptionnel, nous découpe l’ananas à coups de ciseaux.

mercredi 25 juin 2008

25/06/08

Grasse matinée, on se lève vers 10h, on a encore le décalage horaire dans les jambes. Profitons en, c’est notre dernier jour de tourisme. Petit déjeuner préparé par la femme de Gopal, avec cette fois-ci, une papaye fraîche en plus (goût melon au départ puis goût abricot à la fin). Les indiens réinventent les fruits…Discussion avec Gopal, qui nous donne des cartes sim pour que l’on puisse être joignable à n’importe quel moment. Problème, je n’ai pas de portable, je vais donc devoir en acheter un. De toute façon, les autres ont leur portable bloqués donc cela risque d’être la même chose. On trouve des portables premier prix à environ 1500 roupies (30 € environ). Nous avons reçu la confirmation pour le train de demain, départ à 06h15 à la gare de Chennai, donc départ de la maison à 5h. Fini de dormir…mais c’est que du bonheur en perspective car on va prendre le train et là aussi, ça risque d’être folklorique.


En début d’après-midi, nous sommes allés dans un restaurant où nous avons pu goûter à d’autres spécialités. Nous avons mangé les célèbres Dosa, des galettes de riz accompagnées de sauces à la noix de coco (sucré salé), d’ail, des pois chiches, etc… Nous avons aussi essayer les Samba Vadray, des boulettes de pois chiches fris et accompagnées de sauce épicée. Après ce repas encore très copieux, nous sommes allés au Chennai CityCenter. C’est très grand centre commercial, où l’on découvre l’autres facette de l’Inde, celle des nouveaux riches. Ce centre n’a rien a envier aux centres commerciaux parisiens. Ca ressemble aux Galeries Lafayette. On peut retrouver toutes les grandes marques de prêt-à-porter (Chanel, Yves St Laurent, Boss, CK) mais aussi Levi’s, Esprit, Pepe Jeans. Les prix sont un peu moins chers (40 € un Levi’s).Ce centre est vraiment réservé à cette nouvelle Inde. Les indiens se mettent à la mode occidentale. C’est le néo capitalisme. Passé une heure dans le centre, vous vous croyez en Europe aux aux USA, mais des que vous repassez le portail, l’autre visage de l’Inde, très pauvre, reprend le dessus.



24/06/08

Après avoir dormi quelques heures par terre (il manquait un lit), je me lève, trop la patate,…7h30 et il fait déjà 30°C. On attend que les autres se réveillent tranquillement. Je prends ma douche, ça fait du bien. Il faut signaler que Gopal a une super bonne salle de bains et qu’il ne va pas trop falloir s’habituer à ça. La grosse particularité concerne les toilettes. En effet, en Inde, le papier toilette est inconnu, donc ils ont soit un tuyau d’eau (et c’est le grand luxe) ou sinon une bassine. Après pour s’essuyer, c’est les mains ou un mouchoir, à vous de voir si vous voulez le faire à la mode locale.

Nouvelle découverte, les pannes d’électricité, Gopal nous avait prévenus et voilà c’est fait, on n’a plus de jus. Ca ne dure que quelques minutes mais c’est un drôle de paradoxe, ils ont internet et Co mais l’électricité n’est pas constante…Cette matinée s’est finie en fanfare avec un entretien avec Gopal dans lequel il nous a expliqué ce que nous devions faire plus précisément. Avec Duchesse, nous devons rechercher un systême de colorisation des briques et nous devons ensuite exposer les différentes idées qui peuvent marcher. Notre but sera d’arriver à une expérimentation concluante afin de mettre en place ce process. Nous devons aussi nous renseigner sur une nouvelle composition des briques afin de les rendent plus faciles à fabriquer. Aujourd’hui, l’objectif de Gopal est d’obtenir une meilleure qualité, quitte à diminuer la quantité. Nous irons donc à Salem en train après demain pour voir sur place la factory. Une autre grande découverte nous attend…

Nous avons eu ensuite un petit déjeuner servi par la femme de Gopal, une femme très cultivé et très accueillante et ouverte. Cela était très copieux et typé européen pour que l’on puisse s’habituer le plus aisément possible à la cuisine épicée de l’Inde. Nous avions donc des toasts avec confiture et beurre plus café et un bol de riz au lait chaud. Elle nous a fait aussi goûté des toutes petites bananes douces au goût proche du kiwi ainsi qu’un autre fruit spécifique de là-bas, la Sapota, un fruit gros comme une pêche avec comme texture la poire et un goût proche de la cannelle.

En début d’après midi, nous sommes allés à un cabinet d’analyse chimique, où nous avons discuté avec un représentant qui s’occupe de régler les problèmes de qualité des composants. Il nous a expliqué tout le process mis en place à Chennai mais aussi à Salem, pour la nitruration et le traitement anti corrosion des pièces. Ces techniques nous étaient déjà connues et nous n’avons eu aucun mal à comprendre cette technique importée de Lyon. Il nous a aussi expliqué toute l’implantation de la firme, avec les franchises et autres OEM.

De retour chez Gopal, nous lui avons offert tous les cadeaux que nous lui avions achetés. Beaucoup de vin français, qu’il adore d’ailleurs ainsi que des gâteaux bretons et du parfum. Ensuite, nous sommes tous partis pour la fabrique de Chennai. Une heure et quart dans les bouchons et toujours cette même hallucination face au traffic. Nous sommes arrivés à la fabrique et n’avons pas été dessus. En fin de compte, c’est tout petit avec juste un gros four dedans. On s’attendait à autre chose mais c’est pas grave… Maniq’ss a du boulot pour trois mois et c’est ça l’essentiel, il devra apprendre le soudage MIG et TIG à l’ingénieur indien, mais Maniq’ss ne sait pas souder, le pied…


Retour au bercail pour se préparer pour aller au restaurant. Eh oui, Gopal et sa femme nous invitent et vous nous faire découvrir les joies de l’Indian food. Nous étions dans un très bon restaurant. Nous avons goûté au moins six plats différents, pas trop épicés pour un début. Un vrai régal, avec du Chicken Kabab ou autres spécialités au poulet, lentilles et riz épicé, tout cela avec des Naan, des sortes de crêpes Un vrai délice, nous n’avons pas pu tout finir, pourtant nous nous sommes donné du mal pour finir. On mange avec la main droite avec le minimum d’usage des couverts. Nous avons aussi découvert un apéritif, assez spécial pour certains, moi j’ai bien aimé, goût eau de bouillon salée et aussi un dessert à 500 calories les deux boules de fromages fris à l’huile. Très bon, mais reste un peu sur l’estomac. Une petite photo souvenir à la sortie et direction la mer. En effet, la mer se situe à cinq kilomètres de Chennai, qui a subi le tsunami. Il fait 30°C et il est 22h. Une brise nous caresse le visage pour nous rafraîchir et nous mettons les pieds dans l’eau et faisons des photos avec Raja, notre fidèle chauffeur. Une soirée inoubliable….

23/06/08


Ca y est c’est parti. Apres avoir eu les bons conseils d’Alexis et Marion, pour me rendre à l’aéroport Roissy Charles de Gaule, je suis enfin prêt au départ. Tous les papiers sont en règle et je passe tranquillement les portillons de sécurité. C’est la première fois pour moi que je prends l’avion (il n’est jamais trop tard…). L’avion décolle vers 10h50 avec 20 minutes de retard. Je m’attendais à plus violent pour le décollage, mais sympa quand même. Mon voisin ne m’a pas vomi dessus, c’est le principal…

A bord, bien vu Air France et Airbus, on est bien installé avec écran intégré pour regarder films et écouter de la musique. On vous sert le champagne à 11 h et la nourriture est plus que correcte. Je commence à discuter avec mon voisin indien, super cool, qui est joueur de hockey sur gazon, le sport national en Inde. Il joue en Allemagne à Hambourg. Il parle un anglais avec un accent de fou mais j’arrive quand même à discuter.

On arrive sur Chennai (ou Madras en français) vers 00h50 heure locale. L’atterrissage est plus impressionnant et j’ai les oreilles bouchées à mort. On sort de l’avion et une chaleure lourde nous tombe dessus. Il fait 29°C…Bienvenue en Inde. Le temps de retrouver nos bagages et de passer les douanes et on sort. A la sortie une foule immense de personnes attend, beaucoup avec des pancartes. Nous retrouvons le chauffeur que Gopal a envoyé pour venir nous chercher. Nous montons dans un superbe 4x4 (la plus belle voiture du parking) et en voiture
Simone.



Et là, premier souvenir. Oubliez tout ce que vous connaissez sur le code de la route, même un parisien serait perdu. Il n’y a pas de lignes pour délimiter la route, on passe au rouge en klaxonnant, on grille les stops, on double à droite, à gauche, où on peut quoi, du moment que ça passe. On double des camions, les motos (mecs sans casque bien sûr !!!) slaloment entre tout le monde, c’est génial et on s’éclate avec la musique indienne dans la voiture. Pas de ceinture de sécurité. On croise les flics qui nous arrêtent, c’est bon niquel ma poule nous dit l’agent, on est trois à l’avant entassés, tout le monde à l’arrache dans la voiture… On croise des camions qui fuient, des camions sur le bord de la route avec l’essieu arrière démoli. C’est le dépaysement total et c’est génial.

Le plus étonnant est lorsque tu circules sur les voies, tu as d’un coté les stations essences et toutes les concessions auto (BMW, Toyota etc..) plus enseignes lumineuses…et des l’autres des petits magasins en piètre état et des gens qui dorment par terre, à même le sol sur le trottoir.
Arrivés chez Gopal, on est face à une belle maison, on sent que c’est un bon quartier, c’est calme et totalement different, on dirait rentré dans un quartier huppé, et c’est ça. Les maisons sont en dur et il y a portail et Co. Sa maison a deux étages, dont le dernier est pour nous. Il avait déjà préparé les lits. C’est climatisé avec ventilo, super bien.On s’installe et on commence à discuter. Gopal est super cool, nous rassure (Everything gonna be alright avec l’accent indien), nous donne des conseils sur la nourriture, sur comment se comporter en ville… La soirée se fini vers 4h bien crevé de cette journée.