Aujourd’hui, le réveil sonne à 6h45. Je suis super motivé et ma nuit a été paisible et douce. Bien réparatrice. A 7h30, nous partons. Dans le bus, un gros indien vient se coller à moi alors que je suis en train de travailler mes compositions. Il y a, sans mentir 10 places de libre, mais attend debout devant moi que je me pousse… Assez bizarre ces indiens parfois. C’est juste car ce que je suis en train de faire l’intrigue. Il ne va rien comprendre vu que ce sont des enchaînements de chiffres. Mais au moins il aura vu et sera content.
Nous arrivons à la factory vers 8h30. Nous pensions au début que les ouvriers allaient peut-être ne pas être en place. On ne sait jamais, ils pourraient se mettre quelques minutes de côté, vu que personne ne vient les contrôler avant souvent 10h. Il y en a plus d’un qui le ferait en France Mais non, bonne surprise, ils sont déjà activement à la tâche.
Je leur demande quelle composition ils sont en train de produire. La même qu’hier après-midi, c'est-à-dire la pire, c’est celle qui coûte la plus chère, avec des briques de 3.8 kilos. On avait prévenu Annamalai qui fallait changer, et d’essayer une des simulations sur les feuilles que je lui avais données. Il devait alors nous indiquer les résultats aujourd’hui. On peut vraiment rien lui demander, pas une prise d’initiative, c’est pourtant pas dur de lire une feuille.
Je leur explique donc comment nous allons procéder pour cette matinée. Nous allons faire plusieurs tests et voir enfin lequel est le meilleur. J’avais aussi comme idée d’amener la balance près du mixeur, pour avoir les quantités exactes de matériaux introduites. Les ouvriers m’arrêtent illico car Annamalai leur a défendu d’y toucher, cela pourrait la dérégler. Comme il peut le savoir lui, il ne sait même pas s’en servir. Et puis ici, ils ne sont pas à cent grammes près !!! OK, je ne touche à rien. Je donne donc une première composition à Riyya. Elle ne donnera rien. Elle se révèlera non compétitive au niveau prix, mais on s’est rapproché du but, les briques font bien 3.5 kilos. Duchesse a un petit coup de barre et finit sa nuit sur le béton… Les ouvriers sont un peu circonspects…
Ma simulation ne correspond pas du tout avec la réalité, il y a vraiment un problème avec le poids de chaque pose. Pour la deuxième tentative, je vais changer de méthode. En m’appuyant toujours sur mes simulations, je vais attendre la fin de la production, peser une des briques et définir le volume total du chargement à 10% près, vu qu’il y a toujours des pertes. En gardant toujours les mêmes pourcentages, je vais déterminer ainsi le vrai prix. Deuxième tentative finie. Et là je commence à bien la sentir l’affaire. Les briques font toujours 3.5 kilos et leur prix de revient est de 1.40 Rps. Je suis aux anges, je viens de la trouver cette satanée composition. Il en aura valu du temps, mais l’important est que le but soit atteint. Je suis tout simplement fier de moi. Il reste un autre problème majeur à régler, pour l’instant, on ne produit pas assez de briques pour un chargement. Nous en sommes qu’à 97, et il faudrait dépasser un peu la centaine. Quelques briques de plus à chaque fois, cela peut faire beaucoup en fin de journée avec le même temps de production. Rajkoo me demande de faire une composition pas trop élevée non plus, car le moteur du mixeur chauffe dès que l’on dépasse 370. Je lui explique que cela est assez compliqué des garder les mêmes pourcentages vu qu’il ne manque qu’une dizaine de kilos pour arriver au but. Et il faut absolument que je garde des nombres entiers de Bonds, sinon, ils vous s’y perdre car immesurable à l’œil après. L’expérience des 0.5 ou 0.75 Bond m’a suffit à me le faire comprendre définitivement.
Je rechange donc un tout petit peu la composition initiale. Je rajoute une Bond de 13 kilos de Fly Ash Wets et ça devrait passer. C’est l’un des composants le moins chers. Je n’ai pas trop le choix non plus. La Quarry Dust est moins chère, mais le poids de sa Bond est élevée, 17 kilos et l’ajout de ce composant fait augmenter la masse finale des briques à cause de sa forte densité. Nous y allons donc pour ça…
Problème…Plus de Quarry Dust, c’est pas possible. Rajkoo appelle Annamalai. Je ne comprends pas trop…Annamalai sort du bureau. Je ne sais pas depuis combien de temps il est là, mais la moindre des choses est de venir dire bonjour à tous les ouvriers le matin. Ils ne sont que cinq en plus. Cela ne lui aurait pas fouler le petit doigt. Je déteste ce comportement, je trouve cela tout simplement irrespectueux. Rajkoo appelle la voisine, la femme de Kumar, le livreur de Quarry Dust. Annamalai a de la chance, Kumar la livre 15 minutes après. Sinon, je crois que cela lui aurait volé dans les oreilles.
Nous faisons donc ce dernier chargement avant 13h. Et c’est l’extase. Tout fonctionne nickel. On arrive à 103 briques et elles font toujours 3.5 kilos. Riyya est aussi content, il est aussi fier d’avoir réussi à faire quelque chose de bien. Il faut dire que je lui en ai fait bavé un peu, avec tous ces changements dans la mâtinée. Je crois bien qu’il n’aurait pas fallu plus sinon, c’était l’énervement. Mais bon, cela leur montre aussi que le travail paye un jour.
Il reste une petite chose à régler, ce sont leurs caractéristiques. Feront-elles bien 300 points en compression. Pour le moment, nous ne pouvons pas le savoir. Le verdict définitif tombera dans 15 jours. Pour le moment, je dis aux ouvriers de se tenir à cette composition. Je la donne quand même à Annamalai, qui me remercie avec un grand sourire. Je ne le fais vraiment pas pour lui, en tout cas. Mais l’entreprise dispose maintenant d’une production compétitive, et c’est bien le principal pour moi.
Nous allons ensuite à l’internet Café. Un petit mail à Gopal pour lui annoncer la bonne nouvelle, cela devrait lui faire plaisir. Nous lui enverrons tout cela propre en début de semaine prochaine, maintenant c’est week-end, et on l’a bien mérité, je pense.
15h, nous filons faire les boutiques. J’ai envie de me lâcher sur les vêtements. Et Duchesse vient en repérage. Nous allons donc à ARRS, le H&M local. Le problème, c’est qu’en Inde, dès qu’ils voient un étranger, ils ne vous lâchent plus d’une semelle. C’est d’un énervant, vous ne pouvez pas regardez les vêtements tranquillement. Le vendeur est à 50 cm de vous et ne fait que de vous poser des questions sur les couleurs, le style, etc… Cela saoule rapidement Duchesse qui abandonne vite la bataille. Moi, je continue. Ok, t’es à mon service. Je veux un Jean’s Ok. Il commence à me sortir des Jean’s de papa. Je lui dit direct de changer de style… Il m’emmène dans un autre endroit. Là c’est mieux, mais il va falloir sortir des modèles. Ma taille américaine est 32, j’ai vraiment perdu du poids… Déjà les Jean’s indiens à pattes d’eph, c’est illico presto poubelle. Je veux du Straight aux pieds. Ok, ils ont aussi. Ils me sortent plein de pantalons différents mais je sais ce que je veux…No, No, No, ils commencent à s’impatienter un peu. Ok pour celui-là et celui-là. Le prix est royal, 300 Rps chacun. J’ai de la chance, ce sont les soldes. Ils sont à moins 50%. C’est déjà pas cher, alors s’ils en rajoutent… Direction les polos. Ils sentent le bon filon. Ils me sortent direct les bon polos de marques indiennes, vraiment sympas. C’est 600 Rps. Bon allez, c’est parti pour un. 600 Rps, c’est super cher pour l’Inde, mais si c’est du Elements alors d’accord. A peine sorti de la cabine d’essayage, ils m’en proposent plein d’autres. C’est bon, ils m’ont saouler aussi, on s’en va. Au final, 2 Jean’s et un Polo pour 20 €, c’est bien…
Maintenant, il nous reste plus qu’à préparer notre week-end à Madurai. Encore des visites en perspective et pas beaucoup d’heures de sommeil et une fatigue lundi matin…
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