Aujourd’hui, lever 7h pour partir de la maison 45 minutes plus tard. Nous devons absolument terminer le portail et nous avons donné rendez-vous aux ouvriers à 9h. Arrivés à la factory, Rajkoo est encore en train de dormir, et les deux autres viennent juste de commencer leur petit-déjeuner. Nous n’avons vraiment pas le même sens de la ponctualité et de l’implication. Pendant qu’ils finissent leur repas, nous essayons de réenclencher la machine de soudure TIG. Hier, nous pensions qu’elle avait trop chauffée, mais en fait, elle a un bien plus gros problème, et nous se savons pas d’où est l’origine. Nous checkons une nouvelle fois à l’intérieur. Il y a une résistance qui s’est désolidarisée mais cela n’empêche pas le courant de passer. Avec le tournevis testeur, nous essayons de vérifier où le courant est coupé, mais rien à faire, il passe partout même dans les torches, c’est juste qu’il doit être de très faible intensité, donc impossible de souder. Super matinée en perspective. Maniq’s appelle Gopal pour lui expliquer la situation. Il lui répond qu’il doit la réparer. Point barre. C’est impossible, nous n’avons aucun plan, et ce doit être un circuit imprimé ou un composant électronique qui doit être défectueux. Et puis le système est tellement complexe, et nous n’avons rien à notre disposition, même pas un multimètre, juste un pauvre tournevis. Allez faire des miracles avec cela. Les indiens nous prennent parfois pour des super stars. Ils pensent vraiment que nous savons tout sur tout. Pour ce problème, seul un employé de l’entreprise créatrice peut la réparer, même un ingénieur électronicien sera bloqué comme nous devant la machine.
J’appelle donc Annamalai pour qui nous trouve une nouvelle machine pour souder, il ne nous reste en plus pas grand-chose. Il me dit d’attendre une heure. Je sais très bien ce que cela signifie. On n’est pas coucher. Une heure après, je repasse un coup de fil, et il m’annonce qu’il va voir un réparateur qui va lui dire comment rectifier le problème et qu’il reviendra ensuite à la factory avec les informations !!! Très forts ces indiens, sans voir la machine ni ce déplacer. Je coupe court à la conversation et lui dit de revenir à la factory lorsqu’il aura trouvé un autre poste à souder. Donc nous attendons.
11h, Annamalai arrive en RickShaw….avec un soudeur et un poste à souder. Nous sommes circonspects. C’est la première fois qu’il nous fait un très bon coup. Il aura fallu attendre longtemps, mais c’est arrivé un jour. Notre patience est enfin récompensée. Cela coûtera 500 Rps par jour mais cela n’est pas de notre ressort, nous devons avancer coûte que coûte. Nous nous mettons alors tout de suite au travail et cela avance plutôt pas mal. Le problème, c’est que le fait de raccorder la machine avec des fils de petites sections au secteur amène rapidement une chaleur extrême due aux fortes intensités mises en jeu. Vers 13h30, nous décidons donc de faire une pause déjeuner pour soulager le système.
Nous allons chez notre petit vendeur de beignets d’Erumapalayam, cela nous suffira pour ce midi. Pour les autres nous leur avons laissé une heure. 14h30, nous reprenons de plus belle. Il ne reste plus que les tôles à fixer sur le portail. Le soudeur qu’a amené Annamalai se débrouille très bien et nous lui mettons aussi la pression en lui disant qu’il ne repartira pas tout pendant que le travail ne sera pas fini. Il ne reste presque plus rien à faire lorsqu’à 16h, la coupure d’électricité intervient. Cela faisait longtemps, elle ne nous avait pas manqué celle-là, si on avait pu seulement l’oublier… Obligés d’attendre 18h avant de pouvoir recommencer. Le soudeur voulait partir à cette heure, ce n’est pas son jour de chance. 17h50, le courant revient, et là nous voyons le vrai côté des indiens. En moins d’une heure, tout est fini. Quand ils ont bien la pression et qu’ils savent qu’ils n’ont pas le choix, ils sont aussi bons que les français, ils s’activent dans tous les sens. Maniq’s et moi avons été agréablement surpris, nous nous sommes faits limite engueuler car nous n’allions pas assez vite… Un comble. Annamalai vient voir le travail et critique le travail réalisé. Nous ne sommes pas très fiers nous plus. C’est vrai que le portail n’a pas fière allure mais quand on doit le faire avec seulement des plaques d’acier de récupération trop petites, le résultat ne peut pas être exceptionnel. Gopal veut toujours faire des économies de bouts de chandelle, il en aura pour son argent, et nous nous sommes plutôt bien débrouillés avec son petit budget alloué.
La nuit est tombée, nous emmenons ensuite les deux poutres qui serviront de piliers au portail. Pour la première, pas de soucis, tout rentre parfaitement et nous la fixons en quelques minutes. Pour la deuxième, nous lutterons un peu plus, car le jeu pour l’encastrer est beaucoup plus faible. Reste ensuite les vantaux du portail. Pas facile de mettre tous les gonds parfaitement ensemble surtout lorsqu’ils ont été soudés un peu de travers… Au prix de quelques efforts nous y arrivons. Le montage du portail est donc fini, c’est trop beau, nous avons réussi…
Reste plus qu’à vérifier si les deux parties du portail sont bien du même niveau. Et là, la journée avait été trop belle pour qu’il ne nous arrive pas quelque chose à la fin. Le portail est bien dimensionné pas de problème, mais les fondations en béton ne sont pas du tout de la même hauteur. Il y a une différence de 7 Inches entre les deux (presque 20 cm)!!! Le maçon s’est complètement trompé… C’est pas possible, le sort s’acharne contre nous. Nous ne pouvons pas surélever l’autre poutre car nous n’aurons plus assez de filetage pour la fixer après. Changer la position des gonds est impossible, et faudrait tout redécouper et ensuite ressouder 20 cm plus bas, mais nous n’avons plus de machine. Nous devrons donc casser la fondation d’une poutre pour rabaisser le portail de 7 Inches. Nous planifions donc le programme de demain. Madel, Rajkoo et Riyya casseront la fondation de la poutre et enlèverons 7 Inches, pendant que Maniq’s et moi, nous irons au shop pour acheter des rehausses cylindriques pour pouvoir fixer les écrous. C’est pas gagné d’avance. Cela paraît faisable sur le papier mais bon, on est en Inde…
Le temps d’acheter deux trois courses, nous arrivons à la maison vers 20h45, morts de fatigue. Nous n’avons même pas eu l’envie d’aller nous acheter une petite bière pour nous remonter le moral. On trinquera quand cela sera vraiment fini. Nous avions planifié de partir tous les trois sur Chennai ce soir. Cela tombe donc à l’eau pour nous. Duchesse quand à elle, a fait ses bagages et ira bien là-bas. Pour nous deux, ce sera surement jeudi matin que nous quitterons Salem. Je compte bien finir ce projet dans les deux jours, et je ne laisserai pas Maniq’s tout seul dans ce bourbier même si ce n’est pas ma responsabilité. Une douche et un gros dodo.
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