mercredi 23 juillet 2008

19/07/08

Bien décidés à faire une grosse journée de tests, nous nous levons à 8h. Départ de la maison 9h. Nous arrivons à Old Bus Stand, une petite demi-heure après. Au lieu de prendre le second bus, nous préférons marcher, le vendeur de pigments n’étant qu’à 1 kilomètre. Nous arrivons chez lui et la conversation s’engage. Nous décidons de ne prendre qu’une seule couleur pour l’instant. On commencera par le noir, qui nous semble être la plus facile colorisation à réaliser. N’ayant pas encore la permission de Gopal pour acheter les pigments, nous décidons de n’en prendre que 5 kilos pour 450 Rps (env. 7 €). Nous avançons l’argent, de toute façon, si l’on ne prend cette initiative, nous n’allons rien faire de la journée et encore perdre une journée de travail. Un autre client nous aborde et nous indique qu’il est professeur au High School of Salem. Ok, on est content pour toi, mais aujourd’hui, on a pas trop le temps de discuter. En Inde, pour une course où l’on met moins de cinq minutes à faire, cela prend tout de suite une demi-heure ici, car les gens ne font que de parler.


Nous allons ensuite à la factory en bus. Il est 11h 30. Annamalai est là, et me montre les dégâts qu’a occasionnés la pluie hier soir. En effet, nous avons subit un gros orage, très impressionnant, car situé juste sur Salem. Le ciel craquait très fort. De l’eau s’est infiltrée dans l’entrée et a provoqué des crevasses. Il faudra commander la livraison de 6 camions de terre pour remettre tout en ordre.

Nous expliquons ensuite à Annamalai les tests que nous souhaitons réaliser. Etant très long à la détente, on décide de voir cela avec les ouvriers, Riyazzudin et Rajkumapoddar. Eux au moins sont vifs d’esprit, comprennent très vite et sont intéressés pour faire de nouvelles choses. On leur a expliqué une fois et donner les consignes, et ils les ont appliqués à la lettre. Le reste de notre projet se fera avec eux, pas avec Annamalai, qui ne comprend rien ou ne souhaite pas comprendre, c’est à vous de voir. En plus, les ouvriers sont de notre âge et on trippe bien tous ensemble.

On commence donc les tests, on vérifie avant sur la balance que les doses données par Annamalai sont correctes. On est en droit de se poser la question car il ne sait pas utiliser la balance, c’est à chaque fois Rajku qui s’en occupe. On se demande parfois à quoi sert Annamalai, il ne sait pas se servir d’internet, à un comptable pour les comptes et ne sait même pas peser. Un assisté en fin de compte. A le voir ne rien faire et attendre toute la journée, on a vite compris son véritable rôle.

Les ouvriers commencent le mixage avec un pourcentage de pigments de 1% (800 g) sur le volume total (80 kilos). Au bout de quelques minutes, nous devons nous rendre à l’évidence, le mélange ne s’est pas noirci assez. On passe donc à 2% (1.6 kilos) et là, nous notons une couleur noire bien significative, c’est parti pour la production des briques. Avec 23 briques réalisées, nous sommes dans nos prévisions. La couleur est pas mal mais nous pensons qu’elle peut être améliorée. Le niveau de saturation ne doit pas être atteint. En effet, il existe un certain stade où même si on continue à ajouter des pigments, la couleur finale sera toujours la même.

Un petit problème se pose ensuite au niveau de la masse des briques fabriquées. Elles font 3.9 kilos en moyenne, alors qu’elles devraient faire entre 3.2 et 3.5. Riya et Rajku nous font remarquer qu’avec les arrondis que nous avions faits pour arriver à des nombres entiers de doses (nombre entier supérieur) et compte tenu de la densité massique de la Quarry Dust par rapport aux autres éléments, les briques sont naturellement plus lourdes. Bien joué les gars, on se prend une petite leçon dans la face, mais au moins cela fait plaisir à voir que ces garçons sont vraiment dans le projet. Nous leur expliquons ensuite nos prochains tests, nous souhaiterions faire 3 et 4% pour voir. On utilisera toute la quantité de pigments achetée ce matin.

Petit problème. Annamalai ne veut pas que nous fassions les tests cet après-midi car les femmes ne doivent pas travaillé pour éviter des salaires trop élevés. Un peu excédés, nous trouvons une parade et lui faisons un beau pied de nez. Ok, Rajku et Riya travaillent bien cet après-midi ? Yes, sir. Il faut bien quatre personnes pour la fabrication des briques ? Yes, sir. Ok, et bien nous allons produire les briques avec eux, on sera quatre il n’y aura plus de problèmes. Il est obligé de se rendre à l’évidence et d’accepter. On se demande parfois s’il ne veut pas nous mettre des bâtons dans les roues celui-là…

L’heure du repas pour les ouvriers étant arrivés, on décide d’attendre encore jusqu’à 14 h pour commencer le deuxième test. On ne sait jamais, on partirait manger et on reviendrait avec une production normale de briques, que cela ne nous surprendrait pas. En plus, nous avions bien fait, car même si les femmes ne travaillent pas à la production des briques, elles restent quand même à la factory pour faire d’autres choses.

14h30, on s’y remet. Avec 3% (2.4 kg), pas de changements significatives par rapport à 2%. Perdu pour perdu, on passe a 4%, on ne sait jamais il peut aussi avoir des paliers. Dommage, la couleur est quasiment la même. C’est pas grave, au moins, nous avons trouvé le niveau de saturation. Il est compris entre 1 et 2%. On finalisera cette couleur lundi après-midi. On s’est rendu compte aussi que récupérer les briques à la sortie de la machine, c’était loin d’être évident. Quelques briques explosées entre nos mains et quelques grands moments de fous rires avec les ouvriers. Ils se foutaient trop de notre gueule, mais c’était vraiment amical. On est bien devenus complices aujourd’hui et une relation de confiance s’est établie. Une super journée sur tous les plans.


Il est 16h, on commence à avoir très faim, on file près de l’internet Coffee et on mange dans un nouveau restaurant. Un Dosa plus tard et le ventre bien calé, on file voir nos mails. J’en profite pour appeler mes parents et ma petite chérie. Ca fait plaisir de les avoir en direct, en lieu et place des mails et MSN. On envoie un mail à Gopal avec nos conclusions de la journée accompagnées de photos.

On reprend le bus pour rentrer à la maison. Arrivés à Old Bus Stand, je me rends compte que j’ai égaré mon portable. La loose, ayant la tête ailleurs et bien crevé, j’ai surement dû le laisser à l’Internet Café, s’il était tombé dans le bus, je l’aurais entendu. Ou alors, on me l’a volé, ce qui est possible aussi. Demi-tour express. Le bus pour l’Internet Coffee met des plombes avant de partir, il fait chaud et lourd, je n’en peu plus de cette journée, moi qui avait hâte de rentrer.

A l’internet Café, rien. C’est quand même bizarre, il y a eu qu’un seul client depuis que nous sommes partis et le portable n’est plus là. En plus, nous essayons d’appeler et le téléphone sonne mais aucun son dans le bâtiment. Il faut dire, qu’avec le bruit de la circulation, ça n’aide pas non plus. Bon, il faut s’y faire, il est perdu. J’ai trop les nerfs.

Retour à la maison. Dans le bus d’Old Bus Stand à Salem Housing Board, où nous résidons, le volume du son est incroyablement fort. Il est tellement élevé que les enceintes saturent et ça crie dans tous les sens. C’est vraiment très dur pour nos tympans. On se bouche les oreilles et Duchesse essaye de mettre ses boules-quiès. C’est Le plus invraisemblable, c’est que nous sommes les seuls à avoir cette gêne.

Comme nous l’avions déjà remarqué, les indiens sont constamment avec du son très fort dans les oreilles (traffic, musique, cris et sifflets de contrôleurs). Ils ne s’en rendent même plus compte, mais c’est sûr que l’audition sera un problème de santé publique en Inde dans quelques années, il ne peut pas en être autrement.

Sur le chemin, Duchesse reçoit un appel mais on n’entend rien, on comprend juste que mon portable a été retrouvé. Cool. Mais là encore, c’est incroyable le bruit. Lorsque nous avons la personne au téléphone, sans rire, nous sommes obligés de mettre le combiné à 20 cm de l’oreille pour comprendre le moindre mot. Ils crient dans leur portable, c’est horrible, ça vous explose l’oreille. Pour régler la situation, on dialogue par textos. Finalement, le portable était bien resté à l’Internet Coffee, nous y retournerons demain pour le récupérer.

Ouf, il est 19h30, la journée est enfin finie, à nous notre dimanche tranquille. Les voisins viennent nous saluer et nous invitent à venir manger chez eux demain midi. Nickel, c’est super gentil. Bon, on est déjà pas mal pris pour demain…

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