mardi 29 juillet 2008

29/07/08

Lever 8h30 pour être à notre rendez-vous avec Annamalai à 10h30 à la factory. Je vais beaucoup mieux ce matin. J’ai dormi comme un loir, j’ai passé ma meilleure nuit depuis qu’on est arrivé ici. Une bonne récupération demande une très grosse fatigue. Les médicaments ont aussi fait leur effet apparemment. Pour Duchesse, c’est plutôt le contraire, elle a très mal au ventre et s’est levée de nombreuses fois cette nuit.


Arrivés à la factory à l’heure comme à chaque fois, Annamalai est là, cela commence très bien. L’affaire se gâche assez vite lorsqu’il nous dit qu’il a appelé le manager ce matin et qu’il est occupé jusqu’à midi. Ok, on va devoir encore attendre quelques heures avant de commencer la moindre petite chose. Pour combler cette attente, je me renseigne auprès d’Annamalai sur la gestion des stocks et du suivi de production. Il me sort tous les registres où sont notées toutes ces informations. Je le questionne et je comprends vite que cela ne sert à rien d’essayer de faire un suivi rigoureux. En effet, les commandes se font complètement au jour le jour, à intervalles irréguliers, avec des quantités inégales et des délais de livraison allant d’1 jour à une semaine. Je note aussi qu’il y a de nombreux jours où la production de briques n’est pas constante. Cela peut aller de zéro à 1 000 par jour. Je me demande bien comment il fait pour ensuite déterminer le prix réel des briques, car cela ne revient pas du tout au même lorsqu’on produit 5 fois plus de briques en une journée avec le même nombre d’ouvriers. Il me dit que c’est une moyenne, mais j’ai du mal à le croire. Il compte 0.60 Rps de management, d’investissement et de salaire par brique. Cela me paraît très faible. Je constate enfin qu’il y a un veilleur de nuit qui est payé par l’entreprise pour surveiller la factory de 19h à 7h du matin. Tout cela pour 100 Rps par jour. Ce qui fait déjà 0.10 Rps par jour lorsque la production est de 1000 briques, et cela n’arrive vraiment pas souvent. Je me demande vraiment alors si leur calcul de rentabilité est correct.


Annamalai m’explique ensuite qu’il est en train d’essayer les autres compositions de briques faites par les concurrents. C’est assez bizarre, en Inde, on ne cache pas grand-chose. Il a reçu un colis avec le gyspum utilisé par un concurrent envoyé directement par ce dernier. Il est allé voir les autres producteurs de Fly Ash Bricks sur Salem et les ouvriers lui ont donné les compositions exactes avec toutes les caractéristiques. Le but est d’arriver à la brique ayant le même niveau de performance pour 0.20 Rps de moins. Pour l’instant, il subsiste un problème sur les briques de Gopal, elles ne se tiennent pas au niveau des coins et des angles et s’effritent pendant le transport avec les vibrations.


Pour l’instant, une brique sort vraiment du lot. Elle fait 3.5 kilos, est à 300 points de résistance et est très compacte, les angles sont impeccables et résistent parfaitement aux chocs. En plus, elle est vendue 2.5 Rps. Annamalai a essayé cette composition à la factory mais il y a toujours le même problème avec les côtés. L’entreprise concurrente dispose qu’une confectionneuse hydraulique et non mécanique comme ici. Cela peut venir de cet élément. Vue que le procédé de mixage et la composition sont les mêmes. Nous allons regarder s’il n’est pas possible de régler la compression sur la machine.


Pour répondre à cette question, Gopal a trouvé une solution apparemment. Il suffirait de juste mettre du silicate de sodium sur les bords du moule de la machine. Cela permettrait de solidifier les angles. Ah bon, s’il le dit… Le problème, c’est que ce produit est très cher et fera encore augmenter le coût final de la brique. Il veut juste acheter une petite quantité pour tester. On se précipite sur l’occasion. C’est bon, on s’en occupe de chercher… Un petit truc de plus à faire.


Midi est déjà passé. Il rappelle le manager. Pas avant une demi-heure. Ok, de toute façon, on est plus à quelques minutes près, ça fait déjà 1h30 qu’on attend. 13h, nous allons finalement chez le fabricant de textile, celui-ci a l’air encore très occupé. Nous avons emmené Annamalai avec nous pour éviter les incompréhensions. Ils parlent en Tamoul et en Anglais. Ca va tellement vite que ce n’est pas la peine de comprendre. 15 minutes plus tard, on sort de son bureau et Annamalai nous informe de très bonnes nouvelles…Le manager ne veut plus nous donner ces eaux colorées usées car elles sont très toxiques pour la peau, et ne veut pas avoir de problèmes avec ça. Il a peur que nous les utilisions. Même avec des gants, cela ne passe pas. Il a rajouté encore une fois que de toute façon, cela ne marcherait pas. Super, au final, on n’a rien et encore perdu notre matinée.


Cependant, comme il est quand même super sympa avec nous, il nous a donné le nom d’un produit qui pourrait peut-être marcher pour notre projet. Nous filons alors directement chez notre revendeur habituel. Nous mangeons rapido des Parotta à Old Bus Stand avant d’y aller.


Arrivés chez notre Castorama local, il existe bien ce produit. Il se vend en petit flacons de 50 mL et coûte 19 Rps. Un autre problème se pose. Il ne marche qu’avant du ciment blanc et non pas du gris (donc plus cher encore une fois). Avec un flacon, on ne peut mélanger que 4 kilos de ciment, soit pour nous, même pas trois tests. Si cette solution marche, elle risque encore d’être assez onéreuse. Mais bon, essayons et on verra ensuite.


Pour ce qui concerne le silicate de sodium, le gérant n’en a pas et il envoie un homme aller se renseigner. Je demande à l’accompagner car c’est juste le prix qui nous intéresse et je veux l’entendre de vive voix. Il m’emmène sur son porte bagage et est à la peine le pauvre, 75 kilos, ce n’est pas facile non plus. Moi aussi je prends cher. Avec les imperfections de la chaussée, j’ai un mal de cul énorme et c’est aussi super dangereux. Les motos, les RickShaw, les voitures vous frôlent de partout. Il ne faut pas avoir peur de perdre une jambe, on dirait. Après plusieurs tentatives infructueuses, nous arrivons chez un marchand qui m’annonce qu’il ne vend pas en grosse quantité, c’est minimum 5 kilos et 280 Rps la note. Ok c’est mort pour nous…


Revenu à l’échoppe, nous décidons d’aller au deuxième magasin que nous a indiqué le manager du textile. Duchesse me raconte, que lorsque j’étais parti, le gérant avait vu l’adresse du concurrent sur son carnet et l’avait barrée. Il lui a alors raconté que celui-ci n’était pas sérieux et était cher. Ils ne perdent pas le Nord, ces Indiens, tellement peur qu’on aille chez la concurrence. C’est ça, ne t’inquiètes pas, on vérifiera par nous-mêmes !!! Nous y allons mais celui-ci n’en propose pas et nous indique le même marchand pour le silicate de sodium. Re super…


Bon bah, on essayera de faire nos tests demain avec les deux échantillons que nous avons achetés. Pour le moment, on va envoyer toutes ces informations à Gopal et on verra ce qu’il en dira. Pour les eaux usées, on lui demandera peut-être d’insister auprès du manager pour réellement tester. Nous voulons vraiment réaliser des tests vu que certains marchent sur Chennai. Une heure à l’Internet Café, puis on fait nos petites courses quotidiennes et on rentre. La journée aurait pu être mieux comme pire. On s’en satisfera…

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